Un éclat de verre

chambre d'échantillion et les détecteurs

chambre d'échantillion et les détecteurs

Réduire un problème à ses plus simples expressions mène à une unique alternative : constater qu’il est soit presque impossible, soit extrêmement simple à résoudre. Lorsqu’un archéologue de Parcs Canada s’est adressé au Musée canadien de la nature (MCN) pour obtenir de l’aide afin de déterminer l’âge d’une épave trouvée sur la côte est du Canada, il espérait que cette deuxième possibilité se concrétiserait. Un seul élément, aussi vague soit‑il, suffit parfois à identifier des découvertes de ce genre, à éliminer des scénarios erronés ou à comprendre les événements malheureux à leur origine. Le spécimen à analyser était un éclat de verre bleu tiré de l’épave et remis à un des minéralogistes du MCN.

Les minéralogistes ont déjà découvert et décrit plus de 4500 minéraux, auxquels s’y ajoutent une bonne cinquantaine chaque année. La description est possible une fois qu’on a bombardé des cristaux à l’aide de particules d’énergie élevée afin d’en identifier chacune des composantes et de comprendre la manière dont elles sont structurées : un problème scientifique peut difficilement être plus simple. Cette méthode a été utile aux fins de l’étude de l’épave, car la couleur du verre est due à des éléments précis : pour être bleu, il lui faut contenir du cuivre, du fer ou du cobalt. L’analyse du spécimen se fait de la même façon que celle d’un cristal de source minérale.

Le cobalt a été découvert en 1735 par un professeur de chimie, le Suédois Georg Brandt. Son extraction, son raffinage, sa production et son utilisation ont ensuite gagné en popularité, notamment pour la fabrication de verre bleu. Lorsqu’un chercheur du MCN a analysé l’éclat extrait de l’épave, il a pu déterminer qu’il contenait 400 parties de cobalt par million, une information indiquant que le verre avait vraisemblablement été produit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, date qui s’est avérée pertinente dans l’étude visant à établir pourquoi le navire a sombré.

Notre capacité d’étudier et de comprendre l’univers des minéraux est donc parfois utile également pour résoudre des énigmes culturelles comme celle dont il est ici question, et peut en outre servir de multiples façons à faire progresser l’industrie et les procédés de fabrication.

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