Faites connaissance avec la myxine

Pour l’inauguration de la galerie permanente à Ottawa, l’équipe d’éducation envisage l’exposition d’animaux vivants. C’est quelque chose que les gens aiment beaucoup et qui nous permet de tisser des liens durables avec nos visiteurs. Un des animaux auxquels nous pensons est la myxine, un petit poisson fort intéressant et peu connu du grand public. J’ai rendu visite récemment à Douglas Fudge, Ph.D., de l’université de Guelph, en Ontario. L’équipe de M. Fudge s’intéresse à la myxine et à ses techniques originales de défense. Mais avant d’aller plus loin, je veux vous présenter ce poisson. Ce charognard, qui a la forme d’une anguille, fréquente les fonds océaniques, où il se nourrit des cadavres de poissons ou de baleines qui sombrent. Tout comme les lamproies, il appartient à un groupe de poissons sans mâchoires appelé agnates. Étant dépourvue de mâchoires, la myxine a mis au point, au cours de l’évolution, des méthodes singulières pour extraire la viande des carcasses.

Claude Renaud, Ph.D., du Musée canadien de la nature explique:

La capacité des myxines de s’enrouler et de former des nœuds est fascinante. Ce comportement est sans doute apparu pour favoriser la prise de nourriture. Ces animaux possèdent en effet plusieurs rangées de dents mais sont dépourvus de mâchoires; alors comment font-ils pour extraire la chair d’une carcasse de poissons? Ils enfoncent fermement leurs nombreuses dents dans la chair en décomposition; ils s’enroulent ensuite de façon à former un noeud simple tout près de la tête puis le font glisser progressivement vers la queue ce qui permet de déchirer la chair comme s’ils avaient de véritables mâchoires.

Ces longs poissons anguiformes peuvent effectivement s’enrouler de façon à former un noeud. Ce comportement peut avoir une autre utilité. Quand une myxine se sent menacée, elle excrète un mucus tout à fait particulier qui obstrue les branchies du prédateur. Elle agit en moins d’une seconde. Le noeud qu’elle forme lui permet d’enlever le mucus de son propre corps et de prévenir ainsi l’obstruction de ses propres branchies.

Le simple fait de produire une énorme quantité de mucus si rapidement a de quoi surprendre, mais le mucus en soi est encore plus étonnant. Quand j’ai visité son laboratoire, le professeur Fudge m’a montré comment la myxine produisait ce liquide. J j’y ai même touché. Loin d’être visqueux comme je m’y attendait, cela ressemblait plutôt à de l’eau de mer retenue par un genre de toile d’araignée. À mesure que ce mucus libère son eau, il devient de plus en plus fibreux pour finir par ressembler à une toile d’araignée humide et à perdre la majeure partie de son volume. C’était une drôle de sensation que je ne suis pas prête d’oublier!

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