Une aiguille dans une botte de foin

puijila darwini

une copie du crâne de Puijila darwini

Être chercheur consiste parfois à essayer de trouver une aiguille dans une botte de foin. Il arrive que ce soit le cas pour les paléontologues. Ceux‑ci connaissent peut-être les formations géologiques sur le bout des doigts et savent probablement quels événements les ont provoquées au cours de l’histoire de la Terre. Ils ont de brillantes théories sur les espèces qui ont probablement disparu à la suite de ces événements et sur ce qu’il en reste sous forme fossile. Mais rares sont ceux qui ont pu expérimenter la scène pourtant clichée du scientifique qui bute littéralement contre un énorme squelette fossile entièrement intact, et qui finit de le dégager en repoussant les sédiments meubles avec une brosse. Cela n’arrive pour ainsi dire jamais.

Pourtant, à l’été 2007, alors qu’ils arrivaient sur le site du cratère Haughton de l’île Devon, des scientifiques spécialisés en paléobiologie sous la direction de Natalia Rybczynski, Ph.D., du Musée canadien de la nature ont découvert avec éblouissement ce cercle de terre aride de 20 km de diamètre. Ils étaient convaincus que la voie d’eau peu profonde qui existait de 20 à 25 millions d’années auparavant abritait un riche écosystème aquatique et recelait donc des fossiles. Lorsqu’un des véhicules tout-terrain est tombé en panne d’essence, ils ont vécu un de ces moments qui ne se produisent que dans les films. Un morceau d’os fossile était visible à cet endroit précis. Après de longues heures passées à déblayer et à tamiser, les chercheurs ont vu leurs efforts porter des fruits : un squelette presque complet est apparu au grand jour. Ce trésor inespéré, qui constitue un nouveau genre et une nouvelle espèce, s’appelle aujourd’hui Puijila darwini. Importante percée scientifique, ce fossile jette un nouvel éclairage sur la théorie de l’évolution des phoques, des otaries et des morses. Il nous permet, avec d’autres provenant du même site, d’élargir nos connaissances sur les espèces qui ont pu se développer dans le Grand Nord à une époque où le climat était plus doux. Ces découvertes ont soulevé de nouveaux questionnements scientifiques et nous ont permis de présenter des supports exceptionnels au grand public.

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