Courage, coquillages!

Au Canada comme aux États‑Unis, les myes et les moules d’eau douce sont les espèces en voie de disparition et en péril les plus menacées : 16 espèces sur les 55que compte le Canada sont dans cette situation, et les proportions sont même supérieures dans plusieurs États. En comparaison avec les milliers d’espèces d’insectes, les moules d’eau douce sont peu variées; il s’en trouve quelque 300 espèces dans toute l’Amérique du Nord, qui compte toutefois plus de variétés de myes et de moules d’eau douce que partout ailleurs dans le monde. Comme les insectes, ces mollusques ont une aire de répartition très vaste et se trouvent dans la plupart des cours d’eau, des lacs et des étangs. Quoique les moules et les myes se démarquent manifestement par des noms aussi pittoresques que lampsile siliquoïde, grande anodonte, alasmidonte naine, obovarie ronde, et elliptio de l’est, leur importance réside surtout dans ce qu’elles peuvent nous révéler sur les problèmes de leur milieu aquatique.

coquillage de l'eau douce

l'espèce de coquillage de la rivière de l'Outaouais

Ces créatures sont loin d’avoir les comportements de fuite les plus vifs (la mye qui parcourrait 3 ou 4 mètres en une journée établirait en quelque sorte un record olympique pour son espèce!), si bien que lorsqu’elles trouvent un coin qui leur convient, elles s’y installent à demeure. Lorsqu’un habitat aquatique se transforme par l’accumulation de limon et de toxines, est envahi par des espèces exotiques comme la moule zébrée ou, pire encore, s’assèche, ces populations sont poussées aux limites de leur tolérance et, souvent, s’éteignent. Par le passé, la menace provenait plutôt de la consommation humaine, les coquilles servant à la fabrication de boutons ou, plus récemment, à la culture de perles marine.

Les signes les plus évidents de la présence de myes sont leurs coquilles, qui jonchent souvent les rivages, restes des festins de rats musqués et de ratons laveurs.

Cependant, des scientifiques comme André Martel, du Musée canadien de la nature, ne s’arrêtent pas au simple repérage de coquilles : dans le cadre de programmes de recherche active, ils s’emploient à fournir le nom scientifique exact des espèces et des renseignements sur la répartition et la taille des populations ainsi qu’à étudier les diverses caractéristiques de l’histoire naturelle de ces espèces, et à consigner le tout dans des collections bien conservées à des fins de référence. Une étude soignée à long terme d’espèces qui sont de bons indicateurs des changements environnementaux permet d’obtenir une information cruciale pour la mise sur pied de mesures d’intendance et de plans de gestion.

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