La lourde menace des activités humaines qui plane sur les communautés marines des profondeurs – Les plongées du ROPOS en mer profonde en direct au Musée – 4e partie

On estime que certains des coraux observés par le ROPOS sont plusieurs fois centenaires. Contrairement à de nombreux vrais coraux qui forment des récifs dans les régions tropicales, les coraux d’eau froide ne cessent de croître avec l’âge. Quand on détruit une de ces forêts coralliennes, par exemple avec le chalutage, il faut attendre plusieurs siècles pour qu’elle se reconstitue. Il fut un temps (peut-être cent ans), ces forêts de coraux couvraient probablement une part importante de nos bancs de pêche jadis si productifs. Nous pensons aujourd’hui que ces habitats sont indispensables à plusieurs espèces de poissons à certains stades de leur cycle vital. Cela expliquerait pourquoi quelques espèces ne récupèrent pas de la pêche excessive aussi vite que nous l’espérions. Non seulement avons-nous réduit considérablement leurs populations avec nos attirails de chalutage, mais nous avons aussi détruit un habitat indispensable à leur croissance.

Une gorgone non identifiée, peut-être d’une espèce d’Acanthogorgia. Elle est entourée par une multitude d’éponges, d’autres coraux plus petits et d’anémones. Cette gorgone n’a pas été collectée et gardera donc tout son mystère. Ce cas illustre la difficulté à laquelle sont confrontés les scientifiques qui doivent faire des choix pour concilier les différents objectifs d’un programme de recherche. (Bonnet flamand, site 6)

Une gorgone non identifiée, peut-être d’une espèce d’Acanthogorgia. Elle est entourée par une multitude d’éponges, d’autres coraux plus petits et d’anémones. Cette gorgone n’a pas été collectée et gardera donc tout son mystère. Ce cas illustre la difficulté à laquelle sont confrontés les scientifiques qui doivent faire des choix pour concilier les différents objectifs d’un programme de recherche. (Bonnet flamand, site 6) © MPO/ROPOS

La question des effets des activités humaines prend ici toute son importance. Pour l’heure, on peut espérer que ces riches communautés des fonds marins continueront de demeurer à l’abri du chalutage en eau profonde. Toutefois, la diminution des stocks sur le plateau continental incite de plus en plus les pêcheurs à se tourner vers les eaux plus profondes.

Mais les forages en eau profonde des explorations pétrolières représentent sans doute la menace la plus imminente pour ces fragiles communautés. La catastrophe du golfe du Mexique a mis en lumière notre incapacité de contenir une fuite de puits de pétrole en eau profonde. Pourtant l’exploration pétrolière dans le bassin Orphan, immédiatement à l’ouest d’Orphan Knoll, est devenue réalité. Et à cet endroit, la profondeur atteint 2600 mètres, soit environ 1000 mètres de plus que dans le golfe du Mexique. De nombreux visiteurs ont soulevé ce problème et se sont demandé si on était prêt à prendre de tels risques juste pour du pétrole? Je me le demande aussi…

Pour en savoir plus sur cette croisière scientifique, consultez le blogue Hudson 029 2010 Cruise blog (en anglais seulement) et visionnez les impressionnantes photos haute résolution.

A propos Jean-Marc Gagnon

Curator, Invertebrate Section, Canadian Museum of Nature. Conservateur, Division des invertébrés, Musée canadien de la nature. President, Society for the Preservation of Natural History Collections (2010-2012) (www.spnhc.org)
Cet article, publié dans Animaux, Eau, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s