Pourquoi conserver tant de choses?

Modèles de dinosaures, spécimens montés et fossiles enveloppés de plâtre dans les collections du Musée canadien de la nature.

Des modèles de dinosaures, des spécimens montés et des fossiles dans leur enveloppe de plâtre, à l’édifice des collections et de la recherche du Musée canadien de la nature.

« Pourquoi conservez-vous tant de choses? » Voilà une question qu’on pose souvent au personnel du Musée, surtout aux responsables de l’organisation et de la conservation des collections. Ici, au Musée canadien de la nature, nous nous occupons de plus de 10 millions de  spécimens, qui vont des minuscules diatomées aux énormes dinosaures. Ces collections ont été constituées par le personnel du Musée pendant plus de 160 ans. Les objets proviennent de partout au Canada mais aussi de plusieurs parties du monde.

Étagères de bocaux contenant des spécimens de poissons préservés dans l’éthanol.

Des spécimens de poissons préservés dans une solution d’éthanol pour recherches ultérieures.

À certaines occasions, nous offrons au public une visite de notre édifice des collections et de la recherche. (En hommage au Mois de la Terre, une journée portes ouvertes se tiendra le samedi 30 avril.) Les gens sont toujours émerveillés de voir tout ce que nous avons : des étagères remplies de magnifiques assemblages minéraux, qui vont des améthystes violettes aux fluorites vertes, des classeurs où sont rangés des plants délicats de saule arctique (Salix arctica) cueillis dans le Grand Nord et soigneusement montés sur papier, des bocaux contenants des spécimens admirablement préservés de poissons ou de gros ouaouarons… Et nous n’en conservons pas que quelques-uns! Nous avons des étagères et des étagères de spécimens de plantes et d’animaux!

D’abord et avant tout, les collections sont des données sous forme physique. Elles sont les éléments de preuve de la recherche de quelqu’un. Selon les principes de la méthode scientifique, un chercheur doit toujours conserver les éléments sur lesquels repose sa recherche afin que d’autres puissent les consulter et les étudier et ainsi confirmer ou réfuter ses observations.

Un dindon sauvage (Meleagris gallopavo) perché sur le toit d’un garage.

Dindon sauvage femelle (Meleagris gallopavo) photographiée sur le toit de mon garage en mars 2009.

Si je vous dis «  J’ai vu un Dindon sauvage dans ma cour aujourd’hui. » Vous pouvez me croire sur parole, surtout si vous savez que j’habite quelque part dans la ceinture verte d’Ottawa. Mais si ma maison se trouve dans le quartier urbain de Westboro, à l’ouest de la Colline du Parlement, vous pourrez vous montrer surpris et me demander une photo de mon « visiteur », c’est-à-dire un genre de preuve.

Et que diriez-vous si je vous racontais que j’ai aperçu ce gros volatile le long de ma clôture à Iqualuit, au Nunavut? Vous seriez alors en droit de réclamer une preuve, car vous savez bien que cette espèce ne peut supporter le froid du Grand Nord. Le fait de conserver un spécimen d’oiseau dans la collection, avec les renseignements concernant la personne qui l’a trouvé et le lieu et la date de collecte, constitue une preuve qui peut être consultée et vérifiée.

Classeur d’herbier, avec un dossier ouvert montrant une feuille de spécimens de plantes vasculaires.

Les plantes vasculaires sont séchées, montées sur papier et rangées dans des classeurs.

Donc nous voici, tout entourés des preuves accumulées par les scientifiques qui étudient les moules d’eau douce actuelles ou encore les plantes recueillies en 1885 par le premier botaniste du Musée, John Macoun.

Quelqu’un qui s’intéresse à la diversité des formes et des couleurs d’une espèce d’oiseau, l’Oriole de Baltimore (Icterus galbula) par exemple, aura ainsi des dizaines de spécimens à examiner dans nos collections : des mâles, des femelles, des adultes, des juvéniles, des oiseaux provenant de la Saskatchewan ou de Nouvelle-Écosse, d’autres collectés sous le règne de la reine Victoria et plusieurs datant de quelques années à peine.

Les membres du personnel des collections sont très fiers d’être les gardiens de ces preuves scientifiques, qu’ils considèrent comme la mémoire du Canada. Nous estimerons avoir rempli notre mission avec succès si ces exemples de flore, de faune et de minéraux canadiens parviennent intacts à nos arrière-petits-enfants.

Lectures complémentaires

Au Muséum national d’histoire naturelle à Paris, les nombreuses collections scientifiques sont présentées en fonction de leur appartenance taxonomique, ainsi que de leur constitution historique et de leur localisation au sein du Muséum.
http://www.mnhn.fr/museum/foffice/science/science/ColEtBd/collectionsMuseum/collectionSci.xsp?i=1

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