Attention, les squelettes reprennent vie…

Squelette d’ours blanc, Ursus maritimus.

Squelette d’ours blanc, Ursus maritimus. Image : Roger Baird © Musée canadien de la nature

C’est plus fort que nous, on ne peut s’empêcher de regarder derrière lorsqu’on traverse certaines des réserves de notre édifice des collections et de la rechercheà Gatineau, au Québec. Surtout quand on arrive tôt et qu’il n’y a personne aux alentours… On se sent parfois  épié, pas par une paire d’yeux, mais par des créatures qui ne sont, si on peut dire, que l’ombre d’elles-mêmes.

Les zoos et les aquariums se spécialisent dans la conservation d’animaux vivants, dans leur état naturel. Les musées, pour leur part, conservent de ces animaux les restes qui peuvent être gardés longtemps en stoppant les processus biologiques de décomposition.

Crâne et squelette d’un bison d’Amérique, Bison bison.

Crâne et squelette d’un bison d’Amérique, Bison bison. Image : Roger Baird © Musée canadien de la nature

L’idée de monter les squelettes d’animaux remonte sans doute aux premiers habitants des cavernes, qui, en nettoyant leur abri, trouvaient les restes d’une chasse particulièrement faste. Quelle meilleure façon de perpétuer ce jour mémorable que de recréer ces animaux, surtout ces chasseurs n’étaient pas très doués en peinture rupestre!  Mais bien sûr, le montage d’un squelette exige bien plus de temps et d’efforts que de faire des traits au charbon. Et beaucoup de préparation aussi, si on veut un résultat durable.

Cela fait des années que l’on monte les squelettes dans les musées, parce qu’il est plus pratique de conserver des os pendant longtemps que des spécimens entiers, surtout s’ils sont volumineux. Pour les animaux très anciens comme les dinosaures, ce sont surtout les os fossilisés qui se sont préservés jusqu’à nos jours, ainsi que quelques empreintes de leur corps ou de leur pas.

Pourquoi préserver des os? Que nous dit un squelette sur l’animal? En fait, il nous raconte beaucoup de choses!

Squelettes des galeries de Paléontologie et d'Anatomie comparée, à Paris, en France.

Squelettes des galeries de Paléontologie et d'Anatomie comparée, à Paris, en France. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

Cette structure interne contient toutes sortes de renseignements importants sur la façon dont l’animal s’est adapté à son mode de vie.

  • Prenons comme exemple la patte d’un ours blanc (Ursus maritimus). Sa taille est fort bien adaptée à une nage efficace, tandis que ses griffes lui permettent de saisir les phoques dont il se nourrit.
  • La rangée d’apophyses verticales qui forment le bourrelet au-dessus de la colonne vertébrale du bison (Bison bison) procure des points d’ancrage efficaces pour les puissants muscles qui facilitent la migration de l’animal dans les plaines.
  • La girafe (Giraffa camelopardalis) qui veut manger plus de feuilles d’acacia qu’une autre ne peut y parvenir qu’en ayant les vertèbres du cou un plus longues que celles de ses voisines.
Squelettes d’orignal, Alces americanus; de bison, Bison bison; et de boeuf musqué, Ovibos moschatus, de nos réserves.

Squelettes d’orignal, Alces americanus; de bison, Bison bison; et de boeuf musqué, Ovibos moschatus, de nos réserves. Image : Roger Baird © Musée canadien de la nature

Les ensembles de squelettes servent de références essentielles dans les études d’anatomie comparée entre diverses espèces de vertébrés. On pourrait dire que « tout est dans les os ».

Les différences observées dans les os sont aussi très importantes quand on essaie de distinguer deux espèces très étroitement apparentées. C’est précisément ce que Kamal Khidas, le chef des collections de zoologie des vertébrés du Musée, a réussi à faire en prenant quantité de mesures sur de nombreux crânes de lynx roux (Lynx rufus) et de lynx du Canada (Lynx canadensis). Pour la plupart des gens, ces deux espèces se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Mais quand on connaît leurs caractéristiques, il est plus facile de les différencier.

Lectures complémentaires

Collections de vertébrés du Musée canadien de la nature
http://nature.ca/fr/recherche-collections/collections/collections-vertebres
Les galeries de Paléontologie et d’Anatomie comparée du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris.
http://www.mnhn.fr/museum/foffice/tous/tous/guidePratique/lieuxVisiter/LieuxAVisiter/FLieuAVisiter.xsp?i=1&nav=liste&INFO_ID=23&SITE_ID=10&AE_ID=228&LIEU_ID=161&idx=9&MAN_ID=286

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2 commentaires pour Attention, les squelettes reprennent vie…

  1. maelejumelle dit :

    Youpie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  2. maelejumelle dit :

    Oh non!!!!!!!!!!!!Oh si!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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