Et maintenant, au labo!

Le chercheur Michel Poulin écrit de Resolute, en Arctique, où il se trouve depuis le 4 mai pour participer à un projet de recherche. Son texte précédent décrivait la prise d’échantillon de glace dans l’Arctique.

Un long filet tubulaire est suspendu, pour sécher, dans un laboratoire.

Un filet à zooplancton en train de sécher, à gauche. Image : Michel Poulin © Musée canadien de la nature

Une fois de retour à la  base de Resolute et généralement bien fatigué, il faut décharger l’équipement et les échantillons. Puis il faut rincer à l’eau douce tout le matériel qui a été utilisé pour la récolte des échantillons de glace, des eaux sous-jacentes et du  zooplancton ainsi que les instruments qui ont servi à mesurer certains paramètres du milieu comme l’épaisseur de la neige et de la glace, et les niveaux de lumière.

Il faut faire sécher tout ce matériel de terrain avant la prochaine sortie sur les glaces.

S’il arrive qu’une pièce d’équipement soit défectueuse, c’est alors le moment d’en faire la réparation avant la prochaine sortie.

En même temps, tous les échantillons sont apportés à la tente Parcoll qui abrite le laboratoire.

On procède alors à la décongélation lente des carottes de glace. Par la suite, on procède à une série d’analyses physiques, chimiques et biologiques sur l’eau de fonte.

Des sous-échantillons de cette eau de fonte serviront à déterminer le pH, la température et la salinité, ainsi que les concentrations en éléments nutritifs essentiels à tout ce qui contient de la chlorophylle. On peut faire le parallèle avec les plantes terrestres qui elles aussi ont besoin de ces éléments nutritifs pour assurer leur croissance.

D’autres sous-échantillons serviront à déterminer la quantité de matière photosynthétique, c’est-à-dire d’algues microscopiques, contenue dans les eaux de surface et dans la couche inférieure de la glace. On parle ici de la biomasse microalgale, de l’état physiologique des cellules microalgales, à savoir si elles sont contentes ou non de leur habitat.

On étudie aussi la productivité de ces algues microscopiques de glace. Pour finir, on procède à l’identification et au comptage de cellules pour les algues recueillies dans les eaux de surface et au niveau inférieur de la glace. Il y a donc beaucoup d’analyses en perspective.

C’est ici que l’équipe de laboratoire entre en jeu.

Trois éprouvettes contenant de l’eau devant une colonne de filtration.

La colonne de filtration sert à filtrer le matériel biologique qui servira ensuite à différentes analyses. Image : Michel Poulin © Musée canadien de la nature

Les mesures de pH se feront avec un pH mètre et celles de la salinité avec un salinomètre. Les échantillons d’éléments nutritifs sont prélevés et seront conservés dans un congélateur jusqu’aux analyses qui se feront dans les laboratoires du Ministère de Pêches et Océans Canada à Winnipeg.

Les analyses biologiques, elles, se font à l’aide de colonne de filtration (voir la photo). Ce système de filtration consiste en une pompe reliée à une base supportant des entonnoirs de verre d’un certain volume retenus à un support métallique par une pince. Chaque unité de filtration est munie d’une clé réglant l’ouverture et la fermeture de la filtration. Il suffit donc de :

  • mettre un filtre propre sur le support métallique,
  • remettre l’entonnoir en place avec la pince,
  • verser un volume connu d’échantillon dans l’entonnoir,
  • activer la pompe,
  • ouvrir la clé,
  • attendre qu’il n’y ait plus d’eau dans l’entonnoir avant de récupérer le filtre.

Ce filtre contient le matériel biologique qui servira aux différentes analyses mentionnées précédemment.

À cette étape-ci, on utilise différents types de filtres de porosité variable, mais surtout très fine, pour récolter les algues microscopiques de l’eau de fonte et des eaux de surface. Ces filtres serviront aux analyses de la chlorophylle qui seront faites dans les espaces de laboratoire de la base à l’aide d’un fluoromètre.

D’autres filtres serviront à déterminer ultérieurement les paramètres suivants : le carbone, les bactéries, les substances gel, les acides gras. De leur côté, les échantillons de zooplancton seront analysés pour connaître leur contenu en acide gras.

Bref, des journées tout aussi bien remplies pour l’équipe de laboratoire que pour celle du terrain!

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