Déballer les cadeaux extrêmes!

Carolyn Leckie examine une série de crânes d’animaux.

Carolyn Leckie, conservatrice au Musée canadien de la nature, examine soigneusement des crânes qui font partie de l’exposition Mammifères extrêmes. Image : Russ Brooks © Musée canadien de la nature

Quand une exposition phare comme Mammifères extrêmes arrive en ville, c’est un peu comme Noël! En tant que conservatrice de Musée, j’ai planifié et préparé sa venue pendant des mois : j’ai étudié les listes d’inventaire, les dimensions des caisses, les guides d’installation, les descriptions des spécimens et les photos et j’ai tenté de mettre au point la façon d’installer sans encombre cette exposition dans notre édifice.

Puis les semi-remorques ont fini par arriver. Les salles d’exposition et les zones d’entreposage se sont vite encombrées d’un amoncellement de caisses. On savait bien ce qu’il y avait dans les  boîtes, mais on n’a pas pu s’empêcher de s’émerveiller en les ouvrant. Et cela m’a rappelé qu’en tant que conservatrice, mon rôle était de veiller à la sécurité de ces objets qui voyagent rarement. Avec cette exposition itinérante, ils peuvent passer d’un musée à l’autre pendant huit ans et risquent de s’endommager si on ne fait pas attention.

Deux femmes examinent un spécimen de koala.

Carolyn Leckie déballe les spécimens en compagnie de Christina Krumrine, conservatrice de l’American Museum of Natural History où l’exposition a été originalement créée. Image : Russ Brooks © Musée canadien de la nature

Ensuite, j’ai ouvert la caisse contenant les gros classeurs des rapports sur l’état de conservation. Ils comprennent des descriptions détaillées, des dessins et des photos concernant l’état des spécimens. C’est un peu comme leur dossier médical, mais avec beaucoup plus de photos. Comme on ne connaît pas le spécimen, le rapport comprend aussi des indications sur la façon de le déballer, de le soulever, de le manipuler et de l’installer. L’état du spécimen est évalué chaque fois que celui-ci quitte un établissement et qu’il arrive au suivant. Tout changement est consigné et toute dégradation est prise en charge.

Réalisée par l’American Museum of Natural History et ses partenaires, Mammifères extrêmes présente un nombre impressionnant de fossiles qui peuvent sembler robustes mais qui ne le sont pas. Ce sont plutôt des casse-tête en trois dimensions très lourds et très fragiles. Ils sont souvent composés d’une multitude de pièces collées ensemble. Ils sont bien plus fragiles qu’on ne le pense.

Luci Cipera examine la fourrure d’un spécimen d’ours à lunettes, Tremarctos ornatus.

Luci Cipera, conservatrice au Musée canadien de la nature, s’assure que la fourrure de ce spécimen d’ours à lunettes, Tremarctos ornatus, ne contient pas d’agent ravageur. Image : Shayda Spakowski © Musée canadien de la nature

Parfois, en ouvrant une boîte, l’équipe d’exposition se rend compte qu’un objet s’est cassé pendant le transport. Ce sont des choses qui arrivent malgré le soin pris à l’expédition et malgré la suspension pneumatique des camions, les plateformes capitonnées, les doubles boîtes et les supports de transport sur mesure. Comme conservatrice, je dois faire un rapport sur le bri, aviser l’organisation propriétaire de l’objet et obtenir la permission de le réparer, puis nous procédons à la réparation en suivant les méthodes et les matériaux éprouvés. Parfois, mais c’est rare, on décide qu’un objet est trop fragile pour supporter le transport et on le retire de l’exposition.

Le plus souvent, on décèle les petits problèmes, comme une usure ou une fêlure, qui peuvent s’accumuler et à la longue causer des dégâts plus graves. Nous réparons les petites dégradations et nous tentons surtout d’en découvrir la cause sous-jacente. Nous faisons alors des recommandations sur la façon d’améliorer l’expédition, la manipulation et le montage des spécimens.

Quatre personnes transportent un spécimen pour le mettre dans une vitrine.

L’installation d’un spécimen dans une vitrine. Image : Russ Brooks © Musée canadien de la nature

Cette exposition comprend aussi plusieurs spécimens naturalisés un peu spéciaux, comme un loup de Tasmanie aujourd’hui éteint, que l’on doit examiner pour déceler tout signe d’infestation. Les spécimens transportés d’un musée à l’autre risquent davantage d’être infestés ou de propager un agent ravageur. Aussi passons-nous au peigne fin tous les spécimens organiques et leurs caisses. Si nous trouvons quelque chose de suspect, plutôt que d’utiliser des insecticides, nous mettons les spécimens en question dans une nouvelle boîte et les plaçons dans une pièce réfrigérée très froide afin de tuer tout éventuel insecte.

Nous avons donc passé les dernières semaines à déballer et à inspecter les spécimens, pendant que l’équipe d’installation disposait les vitrines aux endroits appropriés. Nous avons aussi commencé le travail délicat de placer les spécimens sur leur support et de refermer les vitrines avant l’arrivée des visiteurs. J’espère qu’ils auront autant de plaisir que nous à découvrir ces spécimens.

L’exposition Mammifères extrêmes est organisée par l’American Museum of Natural History, New York (É.-U.), en collaboration avec le Musée canadien de la nature, Ottawa, la California Academy of Sciences, San Francisco (É.-U.) et le Cleveland Museum of Natural History (É.-U.).

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