Histoire perdue et retrouvée

Quiconque a passé du temps à feuilleter un vieil album photo vous le dira : une image vaut mille mots.

Photo d’archives du Dominion Fisheries Museum.

Ceci est l’unique photo connue de l’intérieur du Dominion Fisheries Museum. On constate la grande diversité des spécimens qui y étaient exposés. Image : © Musée canadien de la nature

Cette photo centenaire, par exemple, est le seul document visuel d’une attraction depuis longtemps disparue : le musée national de la pêche d’Ottawa. L’image dormait dans les archives du Musée canadien de la nature. Les yeux s’écarquillent quand elle apparaît à l’écran dans les présentations de William Knight, doctorant en histoire à l’Université Carleton qui fait sa thèse sur l’importance des musées d’histoire naturelle.

D’abord, je dois vous dire que j’ai depuis dix ans la joie de travailler aux communications et relations médias du Musée canadien de la nature. Des histoires, j’en ai appris des tas sur les 150 ans du Musée, sa collection, ses recherches et sa mission éducative : faire apprécier la faune, la flore et la géologie canadiennes d’hier et d’aujourd’hui.

Cette histoire-ci, cependant, m’a spécialement étonné. C’est l’histoire d’un musée consacré à tout ce qui « frétillait » dans la capitale. Avide d’en savoir plus, j’ai assisté à un déjeuner-causerie de William Knight où il était question de cette curiosité historique.

On l’appelait le Dominion Fisheries Museum. Il n’a exposé que pendant une trentaine d’années, à une époque où le Canada n’était encore qu’un jeune pays. Son père spirituel était Samuel Wilmot, fonctionnaire fédéral qui avait la main haute sur un réseau d’écloseries. C’est lui qui a rêvé d’un musée où l’on pourrait admirer la richesse commerciale, industrielle et scientifique des pêches au Canada. Ce rêve, il l’a réalisé dans l’édifice des pêches coin O’Connor et Queen à Ottawa.

Doté d’un conservateur en 1903, le musée montrait de tout : aquariums, écloserie commerciale, maquettes de navires et bien sûr des spécimens de poissons, d’oiseaux aquatiques et d’animaux sauvages en général. Ses expositions ont fait le circuit Londres-Paris-Chicago.

Le Musée a fait sa plus grande acquisition en 1913 : un squelette de baleine d’une cinquantaine de pieds. Ce n’est pas vraiment un poisson, direz-vous, mais c’était un produit de la mer légitime de cette époque et le squelette a bien sûr fait sensation.

Un chaboisseau arctique, Myoxocephalus scorpioides.

Ce chaboisseau arctique, Myoxocephalus scorpioides, a été recueilli par Andrew Halkett lorsqu’il était le conservateur du Dominion Fisheries Museum. Le spécimen fait maintenant partie des collections du Musée canadien de la nature. Image : William Knight © William Knight

À son apogée, le musée accueillait 30 000 visiteurs par année.

Malheureusement, son édifice a dû être démoli en 1918 pour faire place à un immeuble gouvernemental de plus grande taille. Ne trouvant nulle part un nouveau toit, le conservateur Andrew Halkett a eu la cruelle tâche de dissoudre la collection. Parmi les acquéreurs : le jeune Musée commémoratif Victoria, dont l’édifice est aujourd’hui la vitrine du Musée canadien de la nature.

Il reste très peu de choses du musée national de la pêche. À peine quelques poissons éternellement conservés parmi des milliers d’autres dans la collection nationale de vertébrés du Musée canadien de la nature. C’est là que cette page d’histoire a pu être retrouvée, grâce à William Knight.

Vous pouvez joindre William Knight à : wknight@connect.carleton.ca

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