Pangolin chinois : Mon mammifère extrême préféré

Quatre employées du Musée canadien de la nature ont adopté un mammifère extrême. Suivez leur blogue pour découvrir les traits insolites que cache leur créature préférée. Lors de votre prochaine visite au Musée, vous connaîtrez ainsi tous les secrets de ces étonnants mammifères!

Je suis revenue d’un voyage au Costa Rica en 2005 la tête pleine de merveilleux souvenirs de tous ces animaux « extrêmes » que j’y ai rencontrés. Et comme mon album de photos mental l’indique clairement, le tamanoir, Myrmecophaga tridactyla, a piqué ma curiosité et remporté ma sympathie. Ce gros mammifère à fourrure et au pas lent passe le plus clair de son temps à creuser ici ou là pour dénicher les croustillantes fourmis protéinées dont il raffole. Il a peu à craindre avec sa taille et ses redoutables griffes. Même le jaguar l’évite!

Nathalie Rodrigue devant la vitrine contenant un pangolin chinois, Manis pentadactyla, dans l’exposition Mammifères extrêmes.

Nathalie Rodrigue devant la vitrine du pangolin chinois, Manis pentadactyla, dans l’exposition Mammifères extrêmes. On peut admirer ce spécimen jusqu’au 6 novembre 2011. Image : Laurel McIvor © Musée canadien de la nature

Longtemps après mon retour, ce spectacle inimaginable a continué de hanter ma mémoire de naturaliste et m’a incitée à étudier de plus près cette passionnante créature.

Et ce faisant, j’ai fait la rencontre du pangolin chinois, Manis pentadactyla. Non, cette fois je ne l’ai pas observé dans son habitat, bien que… un voyage en Asie du Sud-Est ne serait pas pour me déplaire! Mais j’ai beaucoup lu sur ce parent à écailles du tamanoir et il m’a totalement séduite. Et quand j’ai pu admirer un vrai spécimen à l’exposition Mammifères extrêmes, j’ai tout de suite su qu’il serait mon chouchou.

Un pangolin chinois, Manis pentadactyla.

Un pangolin chinois, Manis pentadactyla, en captivité. Image : Leanne Clark © Leanne Clark/Carnivore and Pangolin Conservation Program

Après tout, quel mammifère peut se vanter d’avoir une armure, de se mettre en boule pour échapper aux prédateurs, de dérouler sa langue musculeuse et gluante pour capturer fourmis et termites (les seules proies dont il se nourrit), de creuser des terriers, de grimper aux arbres et de nager?

Et pour couronner cette nature résolument extrême, il a un mode d’alimentation des plus insolites. Sa langue démesurée fait pratiquement la longueur de son corps (60-80 cm) et se fixe près du pelvis. D’un seul coup, elle peut engloutir des centaines de fourmis ou de termites. Comme le pangolin est édenté, la nourriture arrive directement dans son estomac, où elle est moulue par de petits cailloux comme chez les oiseaux!

Et si tout cela ne suffit pas à vous convaincre du caractère extrême du pangolin, voici une autre de ses particularités hors du commun : ce mammifère est passé maître dans l’art de lutter contre les insectes nuisibles. En une seule année, un adulte peut détruire 70 millions d’insectes!

Mais il est un trait extrême du pangolin qui me chagrine beaucoup : son avenir « extrêmement » incertain. La perte d’habitat et, surtout, le commerce illégal de viande et de sang de pangolin qui se pratique à une échelle internationale dans la plupart des pays d’Asie du Sud mettent en péril cette merveilleuse mais infortunée créature.

Je lance un appel à tous les AMOUREUX DES MAMMIFÈRES EXTRÊMES : unissons nos efforts pour sensibiliser la population au caractère unique de ces animaux fabuleux qui sont les véritables témoins de l’extrême diversité de notre planète!

Je souhaite de tout mon cœur que mon « peng-goling », qui signifie « celui qui s’enroule » en malais, continuera de se mettre en boule afin que mes enfants puissent, un jour, en admirer une famille bien vivante au sein de son habitat.

Un pangolin chinois, Manis pentadactyla.

Un pangolin chinois, Manis pentadactyla. Image : Leanne Clark © Leanne Clark/Carnivore and Pangolin Conservation Program

L’exposition Mammifères extrêmes est organisée par l’American Museum of Natural History, New York (É.-U.), en collaboration avec le Musée canadien de la nature, Ottawa, la California Academy of Sciences, San Francisco (É.-U.) et le Cleveland Museum of Natural History (É.-U.).

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2 commentaires pour Pangolin chinois : Mon mammifère extrême préféré

  1. Maude Luca dit :

    J’aime bien cet animal.

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