Une histoire de pêche à la façon du Musée

de Noel Alfonso et Marc Beck

Marc :
Depuis mon entrée au Musée, il y a trois ans, à titre de designer d’exposition et de gestionnaire de projet, j’espérais accompagner un de nos scientifiques sur le terrain. Mais je ne savais pas du tout à quoi m’attendre quand, par une belle journée d’été, je suis allé rejoindre le chercheur Noel Alfonso.

Quatre personnes marchant dans un cours d’eau en transportant l’équipement nécessaire pour attraper des poissons vivants.

Des employés du Musée durant une sortie sur le terrain à la recherche de poissons pour la Galerie Eau Bleue RBC. Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

La matinée a débuté comme prévu par un rendez-vous dans un centre commercial d’Ottawa, où la fourgonnette du Musée devait me prendre et me conduire, avec trois de mes collègues, dans la région de Fitzroy Harbour, dans le secteur nord-ouest du grand Ottawa.

Dans le véhicule, Noel Alfonso m’a expliqué l’objectif de la journée. Dans un petit guide des poissons de la région d’Ottawa-Gatineau, il m’a montré les caractéristiques de l’espèce que nous espérions capturer.

Noel :
L’objectif de cette excursion à Fitzroy Harbour était double. D’abord, alimenter notre base de données sur les poissons de la région de la capitale nationale qui existe depuis 50 ans et compte 28 782 entrées. (Vous pouvez consulter la base de données, en anglais seulement.)

Ensuite, tenter de collecter un spécimen de lépisosté osseux pour l’aquarium des espèces de rivière de la Galerie Eau Bleue RBC du Musée.

Marc :
Arrivés à destination, les portes arrière de la fourgonnette se sont ouvertes et j’ai découvert une pile de bottes-pantalons imperméables, trois glacières pour transporter les éventuels spécimens collectés et une boîte de plastique rectangulaire contenant un filet de 30 mètres avec lequel je ne tarderai pas à me familiariser. J’étais très enthousiaste à l’idée d’apprendre à m’en servir.

Après avoir enfilé ma paire de bottes-pantalon de couleur brune et coiffé ma casquette de baseball pour me protéger des chauds rayons du soleil, je me suis engagé avec les autres dans l’étroit chenal Mississippi.

Un homme et une femme marchent dans l’eau à mi-cuisse. L’homme fait flotter à ses côtés un bac de plastique contenant un filet.

On s’installe! Le chercheur Noel Alfonso (à l’avant) et Emma Lehmberg, employée étudiante au programme de surveillance environnementale du Musée, vancent dans l’eau du chenal Mississippi. Le bac de plastique que pousse Noel contient le filet de 30 mètres qui sera utilisé pour recueillir les poissons. Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Noel :
Ce chenal relie la rivière des Outaouais et la rivière Mississippi. Il est boueux et assez profond au centre, de sorte que l’eau a fini par passer par-dessus nos bottes-pantalons. Heureusement, c’était une chaude journée d’été!

Marc :
Au cours des premières tentatives de collecte, j’ai assumé le rôle de photographe et suivi l’équipe sur les berges de l’étroit cours d’eau. J’observais à travers l’objectif de mon appareil, prenant des photos tout en restant attentif à ce que j’allais bientôt faire : traîner une extrémité du filet dans l’eau.

Voici à peu près le procédé employé :

Debout dans l’eau jusqu’à mi-cuisse, Marc Beck se prépare à passer une des cordes du filet de pêche autour de sa cheville.

Marc Beck se prépare à passer une des cordes du filet autour de sa cheville. Image : Angela Desjardins © Musée canadien de la nature

  • Ce long filet rectangulaire comprend deux extrémités avec, au centre, une profonde poche d’environ 2 mètres. Des bouées ovales maintiennent un des bords du filet à la surface de l’eau. Une corde est fixée à l’autre bord du filet. Elle se termine par des loupes qui peuvent être attachées à la cheville des pêcheurs. Cela maintient le bas du filet au fond de la rivière.
  • Deux personnes manient le filet : la première tient une extrémité à un endroit donné de la rivière. La seconde tire l’autre bout pour étendre complètement le filet puis revient sur ses pas pour former un cercle et rejoindre son partenaire sur la berge.Les autres peuvent donner un coup de main quand il faut libérer le filet accroché à des obstacles comme des roches ou des branches.
  • Une fois les deux bouts du filet réunis, on retire les cordes aux chevilles. Une personne s’occupe de tirer le filet tandis que l’autre veille à ce que l’extrémité n’entrave pas l’opération.
  • Quand la poche centrale arrive dans les mains de la personne qui tire le filet, tout le monde l’aide à le sortir de l’eau.
  • C’est le moment  magique où tous se rassemblent pour voir si la chance nous a souri!. Noel énumère les noms commun et latin de chaque espèce. Nous libérons certains poissons et nous plaçons les espèces destinées à l’aquarium de la Galerie Eau Bleue RBC dans des réservoirs d’eau en plastique flottant près de nous.
Un homme marche dans l’eau en tirant un filet derrière lui. Il s’approche d’une femme qui se tient debout dans l’eau.

Une des pêcheuses, Emma Lehmberg, demeure sur place tandis que Marc Beck forme un cercle en tirant le filet dans l’eau. Image : Angela Desjardins © Musée canadien de la nature

Des pêcheurs ferment le cercle du filet de pêche, dans l’eau peu profonde.

Les pêcheurs ferment le cercle formé par le filet. Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Quatre personnes soulèvent le filet de pêche et son contenu en dehors de l’eau.

Le moment de vérité est arrivé : le filet est amené à la surface! Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Des poissons vivants au fond d’un filet de pêche.

Une bonne pêche! Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Une personne tient dans ses mains un jeune spécimen de Grand Brochet, Esox lucius, vivant.

Un Grand Brochet, Esox lucius. Ce jeune spécimen a été relâché dans la rivière. Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Noel :
Après avoir lancé notre filet plusieurs fois dans des endroits propices, nous nous sommes retrouvés avec une énorme marigane noire, Pomoxis nigromaculatus, ainsi que de beaux et gros spécimens de chatte de l’est, Notemigonus crysoleucas.

Une personne tient dans ses mains une jeune tortue.

Cette jeune tortue, prise dans le filet, s’est prêtée à une séance photo avant d’être relâchée. Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Marc :

La technicienne des animaux vivants du Musée, Angela Desjardins (à l’avant) supervise le transfert des poisons capturés dans les glaciaires remplies d’eau froide. Emma Lehmberg et Clayton Kennedy, un employé du Musée, transfèrent les poissons. Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

La technicienne des animaux vivants du Musée, Angela Desjardins (à l’avant) supervise le transfert des poisons capturés dans les glaciaires remplies d’eau froide. Emma Lehmberg et Clayton Kennedy, un employé du Musée, transfèrent les poissons. Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Nous avons aussi capturé une magnifique tortue qui s’est laissé prendre en photo avant d’être relâchée!

Nous avons ensuite transféré les poissons capturés dans les glacières contenant des sacs de glace. De retour au Musée, les spécimens ont été placés dans un aquarium de transfert afin qu’ils s’acclimatent et que le personnel les observe. Il faut s’assurer en effet qu’ils ne sont porteurs d’aucune maladie avant de les installer dans l’aquarium de la galerie.

Noel :
À la fin de cette excursion, nous étions un peu déçus de ne pas avoir ramené un lépisosté osseux, mais tout de même heureux d’avoir capturé de beaux spécimens et d’avoir profité de cette belle journée estivale, les deux pieds dans l’eau. C’est souvent le cas avec ce genre de recherche : on ne capture pas ce qu’on veut mais ce qu’on peut.

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2 commentaires pour Une histoire de pêche à la façon du Musée

  1. Pierre Djoh dit :

    Super, mais ici au Cameroun, les recherche approfondi sur les poissons manque.
    En ce qui Concerne les plante: il existe ici au Cameroun les plante qui riagisse au touché,et même celle qui se referme quand il entende un bruit, ex les aplodisement.

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