Élargir mes horizons : Objectif Arctique, partie 2

J’ignorais totalement ce qu’impliquait la transformation d’une idée en exposition. Tout cela était pour moi un mystère lorsqu’on m’a donné la responsabilité de la réalisation de l’exposition Objectif Arctique qui a ouvert le 29 novembre au Musée.

Roger Bull devant une table couverte de photographies, d’images, de papiers et d’un ordinateur portable.

Il faut faire plusieurs choix difficiles lorsqu’on prépare une exposition. Ici Roger examine une première sélection de 300 photos pour décider lesquelles illustrent le mieux les recherches du Musée en Arctique. Image : Mariana Lafrance © Musée canadien de la nature

Comme je l’ai expliqué dans mon premier blogue, je suis coordonnateur du laboratoire d’ADN du Musée canadien de la nature. La conception d’une exposition était donc un défi aussi nouveau qu’intéressant.

L’idée de cette l’exposition était la suivante : nos scientifiques effectuent une diversité de recherches fascinantes dans l’Arctique canadien. Le mode de présentation de cette idée : une exposition de photos de nos chercheurs travaillant dans le Nord et des spécimens de plantes, d’animaux, de minéraux et de fossiles qu’ils collectent et étudient.

Cela ne me semblait pas bien compliqué! Après tout, ça ne peut pas être si difficile d’exposer des photos sur un mur. L’équipe du projet, qui se composait de Mariana, coresponsable de l’exposition et rédactrice, Marc, le chef designer et Annie, la graphiste, m’ont détrompé dès la première réunion. En fait, il faut franchir de nombreux pas pour passer de l’idée d’une exposition à sa réalisation.

Roger Bull regarde des photographies, debout près d’un mur d’exposition.

Pour décider la disposition des photos dans l’exposition Objectif Arctique, les membres de l’équipe reproduisent d’abord à petite échelle les espaces de l’exposition. Roger décide ici comment les images des chercheurs en botanique apparaîtront dans l’exposition. Image : Mariana Lafrance © Musée canadien de la nature

Voici ce qui nous attendait : recueillir les photographies auprès des chercheurs; choisir celles qui illustrent le mieux le travail de recherche dans l’Arctique; élaborer le format de présentation; travailler avec un artiste en post-production pour nettoyer et optimiser la qualité des photos; choisir le mode d’impression et de montage; rédiger le texte descriptif, le réviser et le traduire; concevoir la mise en page du texte et corriger les épreuves; concevoir les bannières marquant l’entrée de l’exposition; coordonner la production des épreuves photographiques, des panneaux de texte et des illustrations; mettre au point la trame sonore de l’exposition; aménager l’espace, ce qui comprend la réparation et la peinture des murs; coordonner et superviser l’installation finale; enfin, se reposer et se préparer pour la soirée d’avant-première!

J’avais la tête qui tournait après cette première réunion, mais je comprenais un peu mieux le travail difficile du groupe des expositions.

Les photographies de l’exposition sont disposées par terre devant les murs où elles seront accrochées.

Enfin, on commence l’installation de l’exposition! Les photos sont d’abord disposées au sol, reproduisant l’agencement prévu pour l’exposition. Image : Roger Bull © Musée canadien de la nature

Imaginez que vous devez choisir parmi un corpus de 20 000 photos les 56 qui résument le mieux l’ensemble. C’est la tâche qui nous attendait, Mariana et moi. Nous avons passé plusieurs longues journées à compulser les 13 000 photos numériques et les 7000 anciennes diapositives.

Ces images m’ont replongé dans l’immensité des toundras et des eaux arctiques et ont redoublé mon enthousiasme pour le projet. Nous avons d’abord fait un premier tri de 300 photos qui nous apparaissaient les plus intéressantes et les plus dynamiques.

Après avoir imprimé les 300 contacts, nous avons travaillé avec ces instantanés et une maquette à l’échelle de la salle d’exposition. Après des décisions difficiles et quelques soirées de travail, nous sommes arrivés à sélectionner 56 illustrations et à les disposer agréablement dans la version miniature de l’exposition Objectif Arctique.

Mariana a ensuite rencontré les chercheurs apparaissant sur les photos si soigneusement choisies pour obtenir des renseignements sur les plantes, les animaux et les minéraux qui les avaient attirés dans le Nord. Les scientifiques lui ont aussi fait part de leurs expériences de vie et de travail dans l’Arctique, y compris les moustiques, la clarté de 24 heures en été et les aliments déshydratés.

Avec les étapes de la production finale, notre maquette est devenue une exposition grandeur nature dont les images et les textes de Mariana racontent la fascinante aventure de nos chercheurs dans l’Arctique.

Deux hommes vérifient le niveau et l’espacement des photographies qu’ils ont installées au mur.

Afficher des photographies dans une exposition n’est pas chose facile. Il faut de la patience pour s’assurer que l’alignement et l’espacement soient parfaits. Les installateurs professionnels vérifient ici leur travail avant d’afficher d'autres photos au mur. Image : Roger Bull © Musée canadien de la nature

Il y avait de l’excitation dans l’air lors de la soirée d’avant-première. Les chercheurs étaient heureux de pouvoir ainsi partager avec le public leur passion pour les environnements et les écosystèmes du Grand Nord.

La prochaine fois que vous visitez le Musée, ne manquez pas les glaciales aventures sous-marines de la biologiste Kathy Conlan, les explorations de nos botanistes qui répertorient la diversité végétale de la toundra arctique ou la découverte de Natalia Rybczynski et son équipe : un fossile représentant le chaînon manquant entre les phoques et leurs ancêtres terrestres.

Venez découvrir la fascinante Arctique!

Dans la salle de l’exposition Objectif Arctique, Roger Bull est assis sur une chaise de camp devant une tente, des rochers et des presses pour un herbier.

Roger profite d’un moment de détente dans le camp de recherche qui a été reconstitué dans l’exposition Objectif Arctique. Grâce à ce camp, les visiteurs peuvent se faire une idée de la vie quotidienne des scientifiques durant leurs recherches sur le terrain. Cette tente servira de refuge à un chercheur du Musée dans l’Arctique, l’été prochain. Image : Mariana Lafrance © Musée canadien de la nature

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