Papiers svp? De rares spécimens traversent les frontières pour Baleines Tohorā

Vous est-il déjà arrivé de vous faire questionner aux frontières? Eh bien sachez qu’il en va de même pour les animaux! Les douaniers s’intéressent beaucoup aux animaux, qu’ils soient vivants ou de simples spécimens de musée.

Vue de deux squelettes articulés de grand cachalot, Physeter catodon, dans l’exposition Baleines Tohorā.

Munis de leur permis de la CITES, deux squelettes de grand cachalot, Physeter catodon, feront le voyage de la Nouvelle-Zélande vers le Canada dans le cadre de l’exposition Baleines Tohorā. © Museum of New Zealand Te Papa Tongarewa, 2008

Et ils ont de très bonnes raisons de le faire. L’une d’elle est la menace que pose le commerce international à certaines espèces sauvages de flore ou de faune : on les retire de leur milieu naturel pour les vendre dans d’autres pays.

Aucun pays ne peut, seul, assurer la protection des espèces sauvages contre le commerce international. Les nations doivent coopérer pour y parvenir et c’est là qu’intervient la CITES.

Ce mot évoque les « cités », le lieu où vit la majorité d’entre nous. Mais CITES est le sigle anglais de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. La Convention établit des mesures de contrôle sur le transport des espèces végétales et animales qui sont menacées d’extinction ou qui pourraient le devenir en raison d’une exploitation commerciale excessive.

Cette convention des Nations Unies est entrée en vigueur en 1975 à la suite d’une sensibilisation aux dangers que représentait le commerce international pour un nombre croissant d’espèces sauvages sur la planète. La CITES est issue d’un consensus international sur la protection des animaux et des plantes.

Elle veille à ce que le commerce international d’animaux ou de végétaux ne vienne pas menacer la survie des espèces concernées dans la nature. Elle accorde divers degrés de protection à plus de 33 000 espèces sauvages.

À l’heure actuelle, plus de 170 États membres sont signataires de la CITES. Le Canada, où la convention est entrée en vigueur le 3 juillet 1975, a été l’un des premiers à la ratifier. Depuis 1975, il semble qu’une seule espèce protégée par la CITES, l’ara de Spix, se soit éteinte dans la nature à cause du commerce.

Un loup de Tasmanie naturalisé, Thylacinus cynocephalus, dans sa caisse de transport.

Ce loup de Tasmanie, Thylacinus cynocephalus, a été présenté au Musée en 2011 dans l’exposition Mammifères extrêmes. Il a fait l’objet de permis dans le cadre de la CITES. © Musée canadien de la nature

En raison de ses recherches scientifiques et de ses programmes éducatifs, le Musée canadien de la nature doit souvent faire passer des spécimens par les frontières. Souvent ceux-ci figurent dans la liste des espèces menacées de la CITES et le Musée doit alors faire une demande de permis au moins deux mois à l’avance.

Les formalités doivent être effectuées séparément pour chacun des pays où transite le spécimen. Chaque pays possède ses propres formulaires, règlements et autorités responsables. Une de mes tâches consiste à veiller à la soumission des demandes requises et à l’exactitude des renseignements fournis.

Et cela prend un certain temps de réunir toute cette information! Bien sûr, il faut une identification scientifique pour chaque spécimen. Mais les responsables de la CITES doivent aussi connaître son origine. Où et quand a-t-il été capturé? Pourquoi et quand franchira-t-il les frontières? Quelle est sa valeur?

Un spécimen mâle de nasique, Nasalis larvatus, dans sa caisse de transport.

Ce spécimen mâle de nasique, Nasalis larvatus, est un autre animal présenté dans l’exposition Mammifères extrêmes et pour lequel le Musée a dû obtenir des permis de la CITES. Russ Brooks © Musée canadien de la nature

Si les spécimens font partie d’une exposition itinérante qui sera présentée temporairement à l’étranger, les formalités doivent être effectuées deux fois, à l’aller et au retour.

Prenons l’exemple de l’énorme exposition néo-zélandaise Baleines Tohorā qui sera présentée au Musée canadien de la nature à partir de mars 2012. Elle contient de nombreux spécimens rares ainsi que des artéfacts fabriqués en os ou en dent de baleine que le public canadien ne pourrait admirer autrement. Parmi les espèces présentées, 75 apparaissent dans la liste de la CITES. Les formalités sont en cours pour s’assurer que ces précieux objets pourront entrer au Canada.

Comme tout voyageur s’apprêtant à passer les frontières, les animaux doivent avoir leurs papiers en règle quand ils sont transportés d’un pays à l’autre. Le permis de la CITES est un genre de passeport pour les espèces menacées, mais il n’est délivré qu’à celles qui ont de bonnes raisons de voyager… comme à des fins scientifiques ou éducatives!

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