Que serait un monde sans poissons?

Pourrait-on se passer complètement de poissons et de produits de la mer? Le goût succulent du saumon, du thon, de l’églefin, de la crevette, du crabe, du homard, du pétoncle et d’autres espèces marines et leurs bienfaits pour la santé nous manqueraient assurément. Pourtant, nous y serons peut-être forcés si se réalise la prédiction de nombreux scientifiques selon laquelle la plupart des produits de la mer auront été exploités jusqu’à leur quasi-extinction d’ici 2048.

Une scène du film « The End of the Line ».

Image de poissons morts tirée du film « The End of the Line ». Si nous continuons de piller nos océans ainsi, on pourrait les épuiser complètement d’ici 2048. © Image reproduite avec l’autorisation de Mongrel Media.

Les participants ont aussi abordé la question des opinions partagées concernant notre consommation des produits de la mer. Agriculture et Agroalimentaire Canada préconise au moins deux repas de poisson par semaine, surtout d’espèces riches en acides gras oméga 3.

De fait, parmi les personnes qui ont éliminé de leur alimentation le poulet, le porc et le bœuf, nombreux sont ceux qui comptent sur les produits de la mer pour obtenir des protéines. En tant que consommateurs soucieux à la fois de notre santé et de la salubrité de l’environnement, qui devons-nous écouter?

Supprimer totalement les produits de la mer de l’alimentation est une solution pour laquelle plusieurs participants ont opté. Joshua Bishop n’est pas de cet avis. Il pense plutôt que l’on doit continuer de se renseigner sur le sujet, oser poser les bonnes questions aux restaurateurs et aux fournisseurs et créer une demande accrue pour les choix durables.

De nombreux magasins sont favorables aux produits de la mer durables (voir les liens ci-dessous) mais, en tant que consommateurs, nous devons continuer de réclamer ces produits. Quand les commerçants constateront qu’il existe un marché suffisant, il sera alors possible de se procurer facilement des poissons durables, étiquetés en bonne et due forme.

Le consommateur doit donc non seulement réclamer des produits de la mer durables mais aussi demander au détaillant la source de ses produits, et cela même si cela lui semble un peu embarrassant. L’étiquette « durable » ne suffit pas, le commerçant doit être en mesure de donner des renseignements sur le fournisseur et sur les méthodes de récolte.

Les sources durables des produits de la mer ont été au coeur des discussions du troisième Café scientifique de la saison, qui s’est tenu au Musée le 27 janvier 2012. Les participants se sont penchés sur la question : « Le fait de manger des produits de la mer est-il éthique et durable? »

Deux conférenciers invités ont lancé la discussion : Melissa Marschke, Ph.D., professeure adjointe à l’École de développement international et mondialisation de l’Université d’Ottawa, et Joshua Bishop, propriétaire du commerce de produits de la mer durables « The Whalesbone Oysterhouse and Sustainable Oyster and Fish Supply ».

La soirée débutait avec The End of the Line, un documentaire sur le déclin abrupt des produits de nos océans et sur les conséquences désastreuses des pratiques de récoltes non durables qui continuent de sévir.

Le film montre du doigt les consommateurs qui, sans le savoir, achètent des poissons menacés de disparition, la classe politique qui ne prend pas au sérieux les mises en gardes des scientifiques, les sociétés de pêche qui dépassent leur quotas et vendent leurs prises illégales, et enfin l’industrie mondiale des pêches qui tarde à réagir au danger imminent.

La conférencière Melissa Marschke (à l’extrême gauche) donne son avis sur les pratiques de pêche durables à un groupe de participants du Café.

Parmi les nombreux sujets abordés, la croissance de l’élevage de poissons ou aquaculture a dominé les discussions. Cette « révolution bleue » s’étend aux sources internationales de produits de la mer, comme les crevettes et les poissons-chats du Vietnam, de Thaïlande et de Chine.

Melissa Marschke a exposé les effets néfastes de ces fermes piscicoles sur la capacité des pêcheurs locaux à subvenir aux besoins de leur famille. À titre indicatif, la moitié des produits de la mer importés en Amérique du Nord proviennent de la pisciculture. Ces producteurs n’ont pas besoin d’investir dans l’immobilier : ils installent leurs enclos en mer peu profonde. Quand de nombreux aquaculteurs font de même dans une zone, il reste bien peu d’eau libre et encore moins d’espèces de poissons à manger ou à vendre pour la population locale.

Un autre aspect de la question que beaucoup de consommateurs ignorent, c’est qu’en achetant les produits de l’aquaculture, ils contribuent à l’érosion des espèces sauvages. Puisque que de nombreux poissons d’élevage, comme le saumon atlantique, Salmo salar, sont carnivores, les éleveurs les nourrissent de grandes quantités de petits poissons sauvages tels que les sardines, Sardina pilchardus, qu’ils broient en farine. À l’échelle mondiale, le concept même de la pisciculture n’est donc pas viable.

Les installations d’un élevage de poissons dans la rivière Chanthaburi, en Thaïlande.

Un élevage de poissons dans la rivière Chanthaburi, en Thaïlande. Image : iStockphoto.com\rattanapat © rattanapat

Les participants ont aussi abordé la question des opinions partagées concernant notre consommation des produits de la mer. Agriculture et Agroalimentaire Canada préconise au moins deux repas de poisson par semaine, surtout d’espèces riches en acides gras oméga 3.

De fait, parmi les personnes qui ont éliminé de leur alimentation le poulet, le porc et le bœuf, nombreux sont ceux qui comptent sur les produits de la mer pour obtenir des protéines. En tant que consommateurs soucieux à la fois de notre santé et de la salubrité de l’environnement, qui devons-nous écouter?

Supprimer totalement les produits de la mer de l’alimentation est une solution pour laquelle plusieurs participants ont opté. Joshua Bishop n’est pas de cet avis. Il pense plutôt que l’on doit continuer de se renseigner sur le sujet, oser poser les bonnes questions aux restaurateurs et aux fournisseurs et créer une demande accrue pour les choix durables.

De nombreux magasins sont favorables aux produits de la mer durables (voir les liens ci-dessous) mais, en tant que consommateurs, nous devons continuer de réclamer ces produits. Quand les commerçants constateront qu’il existe un marché suffisant, il sera alors possible de se procurer facilement des poissons durables, étiquetés en bonne et due forme.

Le consommateur doit donc non seulement réclamer des produits de la mer durables mais aussi demander au détaillant la source de ses produits, et cela même si cela lui semble un peu embarrassant. L’étiquette « durable » ne suffit pas, le commerçant doit être en mesure de donner des renseignements sur le fournisseur et sur les méthodes de récolte.

Le conférencier Joshua Bishop (tout à fait à gauche, de face) écoute un participant du Café scientifique donner son point de vue sur les produits de la mer durables.

Vous hésitez encore sur la ligne à suivre? De nombreux participants ont trouvé utiles les divers guides alimentaires (voir « Guides alimentaires sur les produits de la mer » ci-dessous) et il existe même une application logicielle sur le sujet pour les plus « technos » d’entre vous. (http://www.oceanwise.ca/news/ocean-wise-iphone-app)

La situation n’est donc pas désespérée pour les amateurs de poissons. Comme les deux conférenciers l’ont souligné, il ne s’agit pas de bannir les produits de la mer de notre assiette, mais de se préoccuper davantage de leur provenance et des méthodes de récolte et d’éviter les espèces en péril comme le thon rouge de l’Atlantique, Thunnus thynnus, ou la morue de l’Atlantique, Gadus morhua. Et il faut absolument poser ces questions essentielles.

Comme le résume bien Joshua Bishop : « On peut inverser le cours des choses en y mettant les efforts nécessaires. »

Poursuivre la discussion :

Nous convions toutes les personnes intéressées à poursuivre cette discussion à donner leur avis dans la section ci-dessous. N’hésitez pas à commenter toute question à approfondir soulevée pendant le Café scientifique. Nous vous encourageons à afficher d’autres ressources.

Questions à approfondir

  • Quel est, à votre avis, le principal obstacle à l’achat de produits de la mer récoltés de façon viable? (P. ex. disponibilité, sensibilisation, prix.)
  • Quel guide d’alimentation sur les produits de la mer trouvez-vous le plus utile parmi les publications disponibles (voir liens ci-dessous)?
  • Comment pouvons-nous (dans la région d’Ottawa-Gatineau) sensibiliser les gens et les commerçants à consommer uniquement des produits de sources durables?
  • La certification de produits de la mer de source durable est-elle la solution?
  • Du point de vue éthique, devons-nous préférer les produits issus de la pêche à petite échelle à ceux provenant de la grande pêche industrielle, si ni les uns ni les autres ne sont durables?
  • Est-il préférable d’acheter du poisson local, comme le saumon sauvage du Pacifique, plutôt que des produits venant de l’étranger, tel le tilapia élevé en Asie, quand aucun des deux n’est issu de méthodes durables?

Ressources
Guides alimentaires sur les produits de la mer :

Autres liens sur la pêche durable :

Pour en savoir davantage sur les produits de la mer écologiques, consultez The Be Happy Pledge sur Facebook (en anglais).

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Un commentaire pour Que serait un monde sans poissons?

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