Voir c’est croire

Pour la troisième année consécutive, le Musée canadien de la nature a présenté les meilleurs films sur l’environnement du festival Planet in Focus à l’occasion du mois de la Terre. J’ai été ravie qu’on me confie la gestion de ce projet.

Les questions environnementales actuelles sont complexes et multiformes. Il arrive souvent qu’un problème se fasse sentir en milieu rural bien loin des regards des citadins. Étant donné l’immensité de notre pays, il est difficile d’être au courant de ce qui se passe à l’autre bout du pays et encore plus d’établir un lien entre un problème environnemental et les gens qui en subissent les conséquences directes. Les films documentaires permettent de surmonter les écueils de la complexité, de la distance et de l’absence de lien.

Vue aérienne montrant des bassins de résidus de sables bitumineux à côté du fleuve McKenzie, au nord de l’Alberta.

Une image tirée du film White Water, Black Gold montre des bassins de résidus de sables bitumineux juste à côté du fleuve McKenzie, au nord de l’Alberta. Image : Alan Bibby © WhiteGold Productions Inc.

Les images et les témoignages sont puissants. C’est en visionnant White Water, Black Gold que j’ai appris que les taux de cancers et d’autres problèmes de santé découlant de l’exploitation des sables bitumineux étaient en hausse en Alberta. Dans ce documentaire, un habitant en colère de Fort Chipewyan demande s’ils doivent sauter dans un bassin de résidus et en mourir (comme l’ont fait des canards migrateurs) pour attirer l’attention sur leur situation.

Dans cette même collectivité, un responsable de la santé publique a conseillé aux gens de limiter leur consommation de poissons et de gibier locaux. De façon ironique, cela les oblige à se tourner vers des aliments dont l’élaboration et le transport exigent une utilisation encore plus grande de combustibles fossiles. Après ce film, j’ai éprouvé une plus grande responsabilité envers les gens et les espèces sauvages qui vivent à proximité de ces gisements pétrolifères. Cela a affermi mon engagement à l’égard de projets de conservation et d’énergie renouvelable.

Bien que les épineux problèmes écologiques puissent parfois nous porter au désespoir, les films font appel à la magie de l’image et des cas vécus pour montrer qu’il existe des solutions concrètes qui ne relèvent pas de l’utopie. Peut-être faut-il « le voir pour le croire ».

Un homme assis sur un rocher en bordure de la rivière Romaine, au Québec.

La majestueuse rivière Romaine, au nord-est du Québec, dont il est question dans le film Chercher le courant. Image : Nicolas Boisclair © Chercher le courant

Le film Chercher le courant s’interroge sur la sagesse de construire d’autres barrages hydroélectriques alors que des mesures de conservation abordables, comme la technologie géothermique et la conception des bâtiments, peuvent réduire considérablement la demande d’énergie électrique.

Le documentaire Clean Bin Project montre comment un couple a réduit de façon draconienne sa production de déchets en adoptant un mode de vie très écologique.

The Truck Farm renforce l’idée selon laquelle il ne faut pas sous-estimer l’effet d’entraînement que peuvent avoir des actions individuelles en inspirant et en sensibilisant l’entourage, et ce, même si leurs résultats pris séparément semblent dérisoires.

Des gens dans un bateau se penchant pour toucher une orque dans l’eau.

Luna, l’épaulard orphelin de la baie de Nootka en Colombie-Britannique, dans le film The Whale. Image : Suzanne Chisholm © Suzanne Chisholm

Ce que j’ai surtout ressenti, c’est que ce festival nous rapprochait en tant que citoyens du Canada et du monde. Tous collectivement, nous avons été émerveillés par la majesté de la rivière Romaine (Chercher le courant), par les services de pollinisation inestimables que nous rendaient les fragiles abeilles (La reine malade), par la diversité des formes de vie de l’Arctique canadien (Polar Explorer) et par l’amitié qu’a témoignée une orque orpheline aux habitants de la baie de Nootka (The Whale). Comme le souligne Roy Dupuis dans Chercher le courant, ces films nous forcent à réviser sérieusement notre notion de « richesse ».

Cet article, publié dans Éducation, Événements, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s