Science de cuisine… Collecte de lamproies à la rivière Hay dans les Territoires du Nord-Ouest

Les chercheurs du Musée Claude Renaud et Noel Alfonso collectent des lamproies  dans les Territoires du Nord-Ouest avec un collègue russe du nom d’Alexander Naseka. Après quelques difficultés, ils ont finalement déniché le gros lot  le long de la rivière Hay et transformé leur cuisine d’hôtel en laboratoire.

Nous avons quitté Fort Simpson le 28 juin et atteint notre destination suivante, la rivière Hay, après cinq heures de route et plus de 420 km. En chemin, nous avons emprunté le traversier de la rivière Liard. La soirée s’est écoulée à réparer les cuissardes et nos épuisettes et à préparer notre collecte du lendemain.

Deux hommes sur un traversier avec une rivière en arrière-plan.

Noel Alfonso (à gauche) et Alexander Naseka sur le traversier de la rivière Liard. Image : Claude Renaud © Musée canadien de la nature

Notre journée a commencé avec la visite de la bande des Dénés de Hay River/ Premières Nations des Katlodeeche de l’autre côté de la Hay. Nous nous sommes ensuite arrêtés au bureau de Pêches et Océans à l’île Vale où, à notre grand étonnement, les fonctionnaires nous ont annoncé que notre permis de pêche était incomplet! Un problème s’était produit à l’un des deux endroits où nous nous sommes présentés à Fort Simpson ou, plus tôt le matin, avec la bande des Dénés de Hay River/ Premières Nations des Katlodeeche.

À chaque fois, ils ont photocopié notre permis pour leur dossier, mais à un moment donné, ils ont fait une copie recto seulement plutôt que recto-verso et ont gardé nos originaux. Nous nous sommes donc retrouvés avec un permis incomplet. Cela aurait pu se transformer en petite catastrophe, mais les fonctionnaires ont réglé le problème en demandant au bureau de Yellowknife de nous envoyer le document complet par télécopieur. Dix ou quinze minutes plus tard, nous étions repartis. On l’avait échappé belle!

Nous avons décidé de commencer notre pêche par électricité du côté est de l’île Vale, près de l’embouchure de la rivière Hay. Comme les larves de lamproies dérivent avec le courant au cours de leur vie pluriannuelle, on s’attendait à trouver les plus grosses à l’embouchure de la rivière. Et nous n’avons pas été déçus. Des 47 spécimens collectés cette première journée, le plus gros mesurait 186,5 mm de longueur.

Deux hommes à la pêche à la lamproie, debout dans l’eau près de la berge.

Claude Renaud (à gauche) et Alexander Naseka utilisent leur équipement de pêche électrique pour recueillir des larves de lamproie près de l’embouchure de la rivière Hay. Image : Noel Alfonso © Musée canadien de la nature

Collectées avec des épuisettes, les larves de lamproie sont placées dans un seau contenant de l’eau de rivière. Après avoir recueilli un lot de spécimens équivalent à une journée de collecte, nous les traitons dans notre chambre d’hôtel.

Le travail consiste à les mettre dans une solution d’anesthésique à concentration létale, puis à les compter, à les mesurer et à prendre des échantillons de tissu pour analyse ADN et expression génétique. Nous en choisissons pour faire l’étude morphologique et d’autres pour l’analyse histologique (c.-à-d. une étude microscopique des tissus). Notre cuisine est devenue un véritable laboratoire!

Des instruments de laboratoire sont disposés sur un comptoir de cuisine. Un homme a les mains dans un aquarium alors qu’un autre dissèque une lamproie.

Alexander Naseka (à gauche) et Claude Renaud en train de traiter les prises de la journée dans la cuisine qu’ils ont transformée en laboratoire. Image : Noel Alfonso © Musée canadien de la nature

Le jour suivant, nous avons collecté 31 larves de lamproie au même site. L’eau y est très turbulente et, sur les berges, domine la prêle (Equisetum sp.). En deux jours, nous avions déjà pris notre quota en un seul site. Il y avait une légère brise de sorte que nous n’étions pas ennuyés par les insectes. Quel contraste avec la rivière Martin, où il avait été difficile de travailler en raison de la chaleur intense et des insectes qui nous harcelaient.

Nous avons passé le reste de l’après-midi à faire la lessive, ce qui n’était pas un luxe après plus de dix jours de terrain.

Notre expédition tire à sa fin. La prochaine et dernière étape sera la rivière Slave à Fort Smith, tout près de la frontière des Territoires-du-Nord-Ouest et de l’Alberta.

Lisez les blogues précédents de cette expédition :

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