Mission accomplie pour les scientifiques à la recherche de lamproies dans les Territoires du Nord-Ouest

Les chercheurs du Musée, Claude Renaud et Noel Alfonso, ainsi que leur collègue russe Alexander Naseka terminent leur collecte de lamproies dans les Territoires du Nord-Ouest. Dans ce dernier blogue, ils se préparent au retour après avoir atteint leur quota.

Nous avons quitté la rivière Hay le 1er juillet et conduit quelque 300 km pour atteindre Fort Smith, qui se trouve le long de la rivière Slave, à la frontière de l’Alberta.

Nous sommes arrivés au beau milieu de la parade du 1er juillet et avons passé le reste de la journée à étudier les éventuels sites d’échantillonnage. Le lendemain, nous avons commencé la pêche électrique à l’un de ces sites sur un segment d’environ 200 mètres en amont du débarcadère… mais pas une seule larve de lamproie n’a émergé du fond vaseux.

Deux hommes tenant des épuisettes qui pêchent debout dans une rivière.

Claude Renaud (à gauche) et Alexander Naseka en train de pêcher à l’électricité sur la rivière Slave au débarcadère de Fort Smith. Claude Renaud © Musée canadien de la nature

Nous nous sommes alors rabattus sur une section de 200 mètres en aval du débarcadère et nos efforts ont été récompensés : 13 larves. Nous n’avons vu aucun autre poisson. L’eau était très trouble et haute.

Le débarcadère se trouve sous les impressionnants Rapids of the Drowned (Rapides du noyé) de classe VI. Nous avons aperçu des Pélicans d’Amérique (Pelecanus erythrorhynchos) volant au-dessus de nous. Après souper, nous avons localisé le site exact où des lamproies arctiques (Lethenteron camtschaticum) en train de frayer avaient été collectées à la fin des années 1960. Il s’agit du réservoir d’entrée d’eau de l’usine d’épuration construite en 1959 mais aujourd’hui désaffectée.

Mais à cause du niveau trop élevé, nous n’avions pas accès à cette zone, qui se trouve en haut des rapides. Tous les gens nous ont confirmé que le niveau d’eau était effectivement très haut et que la plage du débarcadère qui a normalement environ 4 mètres de largeur avait complètement disparue.

Deux hommes debout sur la berge d’une rivière regardant des rapides.

Alexander Naseka (à gauche) et Noel Alfonso devant les Rapids of the Drowned (rapides du noyé). Claude Renaud © Musée canadien de la nature

Pendant le petit déjeuner du lendemain, un employé à la retraite du ministère des Ressources naturelles des T. du N.-O nous a indiqué un autre accès à la rivière en bordure de la ville, un endroit nommé Bell Rock, situé à environ 10 km en aval. Nous avons donc fait un saut au bureau de Parcs Canada, juste en face de notre hôtel, et avons rencontré le directeur d’unité de gestion Rob Kent, avec lequel je suis allé à l’École des études supérieures de l’Université d’Ottawa dans les années 1980. Quel petit monde!

Il nous a appris que le Pélican d’Amérique se nourrissait abondamment de lamproies arctiques dans ces fameux rapides. Nous avons tenté de prendre des échantillons en aval du débarcadère, au même endroit que le jour précédent, et avons pêché une seule larve. Elles sont très rapides, nous en avons manqué au moins 10. Sont-elles plus rapides aujourd’hui ou avons-nous pêché les plus lentes hier?

Une dame qui promenait son chien nous a demandé ce que l’on faisait. Nous lui avons montré des lamproies et elle nous a dit que les gens du coin les appelaient des serpents d’eau.

Dans l’après-midi, on a tenté notre chance au site de Bell Rock. Nous avons échantillonné dans ce que l’on appelle un faux chenal, c’est-à-dire un long canal entre la berge et une île au milieu de la rivière. Malgré la voracité des moustiques et la chaleur étouffante, nous avons réussi à prendre 18 larves de lamproies.

Deux hommes tenant une épuisette debout dans une rivière.

Claude Renaud (à gauche) et Alexander Naseka en train de pêcher à l’électricité dans un faux chenal de la rivière Slave à Bell Rock. Image : Noel Alfonso © Musée canadien de la nature

Sur les berges poussent surtout des saules et des prêles. Après cette bonne pêche, nous avons décidé de poursuivre sur notre lancée au même site le lendemain, 4 juillet. Le temps était nuageux et très venteux, ce qui chassait les insectes.

Nous avons collecté 46 larves de lamproie et remis à l’eau 19 autres pour observer le quota de notre permis de pêche à des fins scientifiques.

Nous avons atteint l’objectif que nous nous étions fixé : collecter environ 75 lamproies dans chacune des trois rivières (Martin, Hay et Slave). Et nous y sommes parvenus avec trois jours d’avance sur le programme.

Le lendemain matin, nous avons quitté Fort Smith pour Yellowknife, que nous avons atteint en début de soirée après une route de quelque 750 km. En route, nous avons eu l’occasion de photographier deux jeunes ours noirs (Ursus americanus) et des Grues du Canada (Grus canadensis).

Un ours noir courant devant des arbres.

Un jeune ours noir (Ursus americanus) rencontré sur le bord de la route entre Fort Smith et la rivière Hay. Image: Claude Renaud © Musée canadien de la nature

Après souper, nous avons empaqueté tout notre matériel scientifique, y compris nos spécimens de lamproie. Le jour précédent notre départ de Yellowknife, nous avons expédié deux colis d’équipement scientifique à l’édifice de la recherche et des collections du Musée canadien de la nature à Gatineau, au Québec.

C’est là que se dérouleront les études morphologiques des spécimens collectés. On enverra certains spécimens à des collègues de l’Université du Manitoba et de l’Université du Québec à Rimouski afin qu’ils effectuent les analyses moléculaires et histologiques et les études d’expression génétique qui font partie du projet.

Une fois les bagages terminés, Noel Alfonso, Alexander Naseka et moi-même nous sommes rendus au journal local, le Yellowknifer, pour une entrevue sur le projet avec Mike Bryant, le responsable des affectations.

Le volet « terrain » du projet est maintenant terminé… mais le vrai travail de découverte ne fait que commencer.

Lisez les précédents blogues sur cette expédition :

Cet article, publié dans Animaux, Eau, Recherche, Sur le terrain, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Mission accomplie pour les scientifiques à la recherche de lamproies dans les Territoires du Nord-Ouest

  1. Ping : À la recherche de la lamproie de l’est le long du puissant fleuve Hudson | Le blogue du Musée canadien de la nature

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s