Les cachalots : mes spécimens préférés dans Baleines Tohorā

Vous ne les verrez pas en pénétrant dans la salle. Vous devrez avancer, passer devant d’étranges artéfacts d’os et de dents, puis devant la station vidéo « Des baleines et nous » et les jeux interactifs. Vous les apercevrez alors, suspendus dans toute leur gloire. La visite de Baleines Tohorā est un pur régal. La principale attraction de cette exposition itinérante qui nous vient du musée Te Papa Tongarewa de Nouvelle-Zélande est sans contredit non pas un mais deux squelettes de cachalot.

Deux squelettes de cachalot, Physeter macrocephalus, suspendus au plafond dans la galerie d’un musée.

Les deux squelettes de cachalot, Physeter macrocephalus, sont les vedettes de l’exposition Baleines Tohorā à l’affiche jusqu’au 3 septembre 2012. Le cachalot mâle a été surnommé Tū Hononga (qui veut dire «Lien») et le cachalot femelle, Hinewainui («Fille du Grand Océan»). Image: © Museum of New Zealand Te Papa Tongarewa, 2008

Debout à l’extérieur du Musée, un homme souffle dans un coquillage durant une cérémonie maorie.

Shane James procède à une incantation traditionnelle des Maoris. Image: Jennifer-Lee Mason © Musée canadien de la nature

Ces cachalots, Physeter macrocephalus, ont fait tout un voyage depuis la Nouvelle-Zélande! La femelle prénommée Hinewainui et le mâle Tū Hononga ont même été accompagnés par toute une équipe de spécialistes des expositions. Ceux-ci ont veillé à ce que les deux squelettes reçoivent les soins appropriés pendant le voyage ainsi que pendant leur installation au Musée.

Les Maoris, peuple indigène de la Nouvelle-Zélande, ont tissé des liens historiques avec les baleines. Ces mammifères, qui leur procurent nourriture et objets usuels, sont souvent représentés dans les légendes et l’art traditionnels. Lui-même maori, le gestionnaire des collections du musée Te Papa Tongarewa, Shane James, a procédé à une incantation traditionnelle nommée Karakia avant que les spécimens soient transportés à l’intérieur du Musée.

Faire entrer le crâne de Tū Hononga dans la salle d’exposition a été tout un exploit! (Voir le déroulement de cette délicate opération en photos et en vidéo.)

Je n’ai jamais eu le bonheur d’admirer ces majestueuses créatures dans la nature, mais il faut dire que de nombreux observateurs assidus n’ont pas cette chance non plus. Et ce n’est pas pour la raison à laquelle vous pensez.

Après que la Commission baleinière internationale a accordé son entière protection au grand cachalot en 1985, sa population a commencé à progresser. On ne connaît pas avec exactitude le nombre de cachalots à l’échelle de la planète, mais on l’estime à quelques centaines de milliers d’individus.

Un cachalot, Physeter macrocephalus, nageant sous l’eau près de la surface.

On estime la population de cachalots, Physeter macrocephalus, à quelques centaines de milliers d’individus. Image: Brandon Cole © Brandon Cole

Mais alors pourquoi sont-ils si difficiles à observer? Leur discrétion n’est sûrement pas étrangère à leur aptitude à plonger à grande profondeur. Un cachalot peut descendre à 3 km (1,9 mi) sous la surface et rester sous l’eau pendant 90 minutes!

Entre les plongées, l’animal ne demeure en surface qu’environ 8 minutes pour respirer. Il faut donc le surprendre pendant cette courte pause-respiration ou être prêt à attendre un long moment avant qu’il revienne à la surface.

Vous vous demandez ce qu’ils peuvent bien faire sous l’eau pendant une heure et demie. La raison est simple : ils plongent à de grandes profondeurs pour y chasser leurs proies favorites, comme le calmar géant, Architeuthis sp., le calmar colossal, Mesonychoteuthis hamiltoni, et diverses espèces de pieuvres et de poissons.

Un cachalot, Physeter macrocephalus, nageant sous l’eau, vu de côté.

Ne soyez pas déçu de ne pas voir de cachalot pendant une excursion d’observation des baleines. Ils restent souvent dans l’eau pendant une heure et demie! Image : © iStockphoto.com/uwimages

On peut facilement s’imaginer que ces créatures si imposantes ont besoin d’une grande quantité de nourriture. Le cachalot ingurgite environ 3 % de son poids en nourriture chaque jour. Pour un mâle de 60 tonnes comme Tū Hononga, cela représente une masse prodigieuse!

Avec un tel appétit, il n’est pas surprenant que le cachalot passe beaucoup de temps à plonger et à chasser. C’est bien malheureux pour les observateurs qui ont ainsi moins de chance de les apercevoir.

Mais la chance vous sourira à l’exposition Baleines Tohorā, où vous pourrez examiner et vénérer les os de Hinewainui et de Tū Hononga. Vous comprendrez alors pourquoi ces deux squelettes sont mes spécimens préférés dans cette exposition!

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