Trésors cachés de l’Édifice du patrimoine naturel

En tant qu’artiste résidente au Musée canadien de la nature, j’ai eu la chance d’avoir accès à l’une des plus belles collections de spécimens d’histoire naturelle au monde. Les magnifiques expositions que l’on peut admirer à l’Édifice commémoratif Victoria au centre d’Ottawa ne sont que la pointe de l’iceberg.

Le Musée est aussi responsable des collections d’histoire naturelle du Canada. Les 10,5 millions de spécimens qui les composent sont conservés à l’Édifice du patrimoine naturel, à Gatineau, au Québec.

La salle d'ornithologie et ses rangées d'armoires en métal.

La salle d’ornithologie : beaucoup plus qu’un espace rempli d’armoires grises. Image : Helen Gregory © Helen Gregory

Ma collection favorite est celle d’ornithologie. Elle se trouve dans une grande aire d’entreposage remplie d’une multitude de rangées d’armoires de métal gris qui cachent très bien les trésors qu’elles recèlent. Si, par bonheur, le gestionnaire de collection vous en ouvre les portes, vous y découvrirez des objets d’une surprenante beauté.

Je savais bien que le Musée possédait des milliers d’oiseaux mis en peau à des fins de recherche, c’est-à-dire que la peau de l’oiseau est préservée avec les pattes attachées par une étiquette portant les données de collection. Si certains de ces spécimens ont plus d’un siècle, ils n’en conservent pas moins leurs couleurs vives.

Un plateau contenant des spécimens de Dacnis bleus, Dacnis cayana, mis en peau à fins d'étude.

Les armoires s’ouvrent pour révéler les couleurs remarquables des spécimens mâles et femelles de Dacnis bleus, Dacnis cayana, mis en peau à fins d’étude. Image : Helen Gregory © Helen Gregory

Ce que j’ignorais, c’est qu’il y avait aussi une collection historique d’oiseaux naturalisés montés. Après avoir exploré plusieurs armoires et photographié des canards, des oiseaux de proie et diverses espèces exotiques, je suis tombée sur une ravissante collection de minuscules oiseaux chanteurs, naturalisés et montés sur des socles agrémentés de peinture et de dorure.

Des spécimens d'oiseaux naturalisés et montés sur des socles, disposés sur les tablettes d'une armoire

Les oiseaux chanteurs naturalisés de la collection Bourguignon évoquent l’ère victorienne. Image : Helen Gregory © Helen Gregory

J’ai appris qu’ils faisaient partie d’une collection privée comprenant 600 oiseaux montés, qui avait été donnée au Musée en 1978 par la veuve d’un naturaliste amateur Alfred Bourguignon. Ces oiseaux m’ont fascinée, car ils étaient si différents des autres spécimens du Musée.

Des spécimens d'oiseaux naturalisés et montés sur des socles : Roselin pourpré, Carpodacus pupureus, le Chardonneret élégant, Carduelis carduelis, et Chardonneret jaune, Spinus tristis.

Le Roselin pourpré, Carpodacus pupureus, le Chardonneret élégant, Carduelis carduelis, et le Chardonneret jaune, Spinus tristis. Image : Helen Gregory © Helen Gregory

Avec leurs riches couleurs et leur socle artistement décoré, les oiseaux chanteurs de la collection Bourguignon me rappelaient les figurines de porcelaine de collection. Ils m’ont inspiré une petite installation qui est présentée dans mon exposition Mort sans partage au Musée canadien de la nature.

Spécimen de Passerin indigo, Passerina Cyanea, naturalisé et monté sur un socle. On voit d'autres spécimens en arrière-plan.

Le Passerin indigo, Passerina Cyanea. Il a fière allure pour un spécimen vieux de 74 ans! Image : Helen Gregory © Helen Gregory

Dans chacune des quatre vitrines, j’ai choisi de disposer des spécimens des cinq mêmes espèces d’oiseaux sous diverses formes : le Sizerin flammé, Carduelis flammea; l’Oriole du Nord, Icterus galbula; le Durbec des sapins, Pinicola enucleator; le Bruant chanteur, Melospiza melodia; et le Passerin indigo, Passerina cyanea.

Quatre vitrines comportant des spécimens d'oiseaux mis en peau, des spécimens naturalisés et montés, et des figurines d'oiseaux en porcelaine.

Quatre vitrines comportant des spécimens d’oiseaux mis en peau, des spécimens naturalisés et montés, et des figurines d’oiseaux en porcelaine.

La première vitrine contient les oiseaux mis en peau à fins d’étude scientifique, avec les données de collection attachées au pied. La deuxième présente les oiseaux naturalisés sur socle, qui n’ont pas besoin de données puisqu’ils ont un but éducatif et non scientifique. La troisième recèle les spécimens de la collection Bourguignon. Avec leur étiquette contenant certaines données de collection, ces oiseaux évoquent une ère révolue où l’on combinait visées esthétiques et scientifiques. La dernière vitrine contient des figurines de porcelaine; celles-ci rappellent le désir universel de collectionner des objets qui n’ont peut-être d’intérêt que pour soi-même.

Présentés ensemble, ces objets illustrent les diverses représentations de la nature dans les différents types de collections que nous constituons en fonction de notre culture.

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