Le mésoplodon de Layard: un fascinant spécimen de Baleines Tohorā

À titre de conservatrice du Musée responsable de la préservation des spécimens, j’ai l’occasion d’examiner tous les spécimens avant qu’ils ne soient exposés afin de m’assurer qu’ils sont en bon état. Au cours de l’installation de Baleines Tohorā, j’ai été fort impressionnée par les spécimens et les artéfacts de cette exposition temporaire.

Comme tout le monde, j’ai été émerveillée par les grands cachalots que l’on a montés dans la galerie. Mais mon spécimen favori demeure le mésoplodon de Layard, Mesoplodon layardii.

Un crâne de mésoplodon de Layard, Mesoplodon layardii, dans la vitrine d’une exposition.

Le crâne du mésoplodon de Layard, Mesoplodon layardii, qu’on peut voir dans l’exposition Baleines Tohorā. Image : Jennifer-Lee Mason © Musée canadien de la nature

C’est sa bizarrerie qui me plaît tant. On a du mal à imaginer qu’un tel animal puisse exister. Cette baleine à dents fait partie du groupe des baleines à bec. Le mâle possède des dents obliques ou défenses qui croissent vers le milieu de la mandibule inférieure. Elles s’inclinent vers le haut et vers l’arrière à un angle de 45°.

Quand ces dents poussent, elles s’incurvent au-dessus de la mâchoire supérieure qu’elles bloquent de telle sorte qu’elles empêchent parfois l’animal d’ouvrir la bouche plus grand que quelques centimètres. Les balanes se fixent parfois sur ces défenses.

Un crâne de mésoplodon de Layard, Mesoplodon layardii.

En raison de ses dents incurvées, le mésoplodon de Layard, Mesoplodon layardii, ne peut ouvrir sa bouche que de quelques centimètres seulement. Image : Jennifer-Lee Mason © Musée canadien de la nature

Dans les faits, le mésoplodon de Layard n’a pas de dents fonctionnelles. Le mâle adulte est à peine capable d’ouvrir la bouche de quelques centimètres. Ces baleines doivent aspirer leur nourriture en se servant de leur bec comme d’une paille.

Ces énormes baleines, d’une longueur de 6 m et d’une masse de 2 tonnes, parviennent à se sustenter en avalant des calmars. Toutes les baleines à bec sont considérées comme des teuthophages, c’est-à-dire des mangeuses de calmars. À l’occasion, elles ne dédaignent pas le poisson, qui ne constitue toutefois pas un élément important du régime alimentaire de ces plongeuses des profondeurs.

Détail d’un crâne de mésoplodon de Layard, Mesoplodon layardii, montrant les balanes fixées sur les dents incurvées de l’animal.

Des balanes se fixent parfois sur les dents du mésoplodon de Layard, Mesoplodon layardii. Image : Jennifer-Lee Mason © Musée canadien de la nature

Quand vous visiterez Baleines Tohorā, rendez visite au mésoplodon de Layard dans la vitrine des baleines à bec. Vous comprendrez alors pourquoi il me fascine.

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