La biodiversité dans notre cour : Explorer les habitats de la propriété du Musée

Les étudiantes Cassandra Robillard et Emma Lehmberg ont découvert beaucoup de choses cet été en tant que monitrices environnementales, notamment une variété incroyable d’espèces et d’habitats juste autour de l’édifice de la recherche et des collections du Musée. Dans ce blogue, elles racontent ce qu’elles ont observé dans « notre » cour.

Pendant une journée normale de travail à l’édifice de la recherche et des collections du Musée, appelé Édifice du patrimoine naturel, les employés et les visiteurs ne voient qu’une fraction de la vaste propriété appartenant au Musée, et ce, même lorsqu’ils s’offrent une petite promenade. La « cour » du Musée s’étend sur environ 73 hectares, à peu près l’équivalent de 32 pâtés de maisons, soit une superficie plus grande que le centre d’Ottawa! Cette aire comprend quatre différents habitats abritant un biote (ensemble d’êtres vivants) unique.

Deux vues d’une zone boisée.

La portion boisée de la propriété présente une diversité de types forestiers, notamment avec des peuplements d’érables (à gauche) et de thuyas (à droite). Image: Emma Lehmberg © Musée canadien de la nature

La forêt humide

La forêt humide constitue l’habitat le plus étendu et le plus divers. Il couvre presque toute la propriété. Quand on parcourt le réseau de sentiers de surveillance, la forêt offre des paysage diversifiés : forêt de terre haute, milieux humides où prospère la tourbe, Sphagnum sp., forêt parsemée de bosquets de feuillus, ou peuplement pur de conifères.

Parmi les espèces dignes de mention figurent de gros thuyas occidentaux, Thuja occidentalis, le noyer cendré, Juglans cinerea, qui est une espèce en péril, des écureuils roux, Tamiasciurus hudsonicus et des crapauds d’Amérique, Bufo americanus. On a également pu observer cette année deux Chouettes rayées, Strix varia.

Le corridor de l’Hydro

Une femme tenant une plante devant elle.

N’oubliez pas les mousses! Cassandra exhibant un sporophyte de polytrichum commune, Polytrichum sp. près du corridor de l’Hydro. Image: Emma Lehmberg © Musée canadien de la nature

Une grande partie de la propriété au nord de la forêt est, ou a été, un droit de passage pour les lignes électriques. Il s’agit d’une prairie qui s’inonde au printemps et au début de l’été. Elle abrite de nombreuses plantes des marais comme l’ononclée sensible, Onoclea sensibilis et l’aulne, Alnus sp.

Le cerf de Virginie, Odocoileus virginianus fréquente cet espace ouvert. On y rencontre aussi des rapaces diurnes, telle la Buse à épaulette, Buteo lineatus, qui peuvent chasser dans la prairie et nicher dans les bois avoisinants.

Les fleurs des prairies y abondent, tant indigènes comme l’anémone du Canada, Anemone Canadensis et le penstémon digitale, Penstemon digitalis, qu’exotiques comme le trèfle des prés, Trifolium pratense et la gesse à feuilles larges, Lathyrus latifolius.

Une fleur blanche avec des feuilles vertes.

L’anémone du Canada, Anemone Canadensis, une fleur sauvage indigène trouvée dans le corridor de l’Hydro. Image : Cassandra Robillard © Musée canadien de la nature

La prairie à genévrier

À l’extrémité ouest du corridor abandonné de l’Hydro, la prairie à genévrier forme un habitat au sol sableux et à la végétation herbeuse parsemée de larges buissons de genévriers communs, Juniperus communis.

Vue d’une prairie avec terrain sablonneux au premier plan.

Panorama d’une prairie à genévrier. Image : EMP team 2010 © Musée canadien de la nature

Cette zone en est aux premiers stades de succession menant à un habitat forestier. Le sable est colonisé par des espèces adaptées comme des graminées, des mousses et des lichens; c’est un milieu idéal pour la fourmi-lion, larve de la chrysope, famille Myrmeleontidae, qui creuse dans le sable des trous dans lesquels tombent les fourmis.

L’étang

Deux personnes plongeant des épuisettes dans un étang.

L’assistant de recherche du Musée Noel Alfonso et Emma Lehmberg plongeant des épuisettes dans l’étang. Image : Brian Coad © Musée canadien de la nature

Tous ceux qui se sont promenés autour de l’Édifice du patrimoine naturel connaissent l’étang situé au coin sud-est du terrain de stationnement. On l’a conservé en vue d’y rétablir un écosystème de terres humides.

Au printemps, les eaux de crues permettent aux ménés (tête-de-boule, Pimephales promelas ou ventre citron, Phoxinus neogaeus) de coloniser les lieux. Les insectes qui pullulent dans les eaux chaudes sont un véritable festin pour une multitude de grenouilles vertes, Lithobates clamitans et une famille de Carouges à épaulettes, Agelaius phoeniceus. Une jeune chélydre serpentine, Chelydra serpentina semble avoir été attirée par la profusion d’amphibiens et de poissons. Cette tortue, qui vit ici depuis au moins un an, saute parfois dans l’eau pour dire bonjour!

Un gros plan d’une chélydre serpentine dans une main.

Attention les doigts! Emma tient une chélydre serpentine, Chelydra serpentina vivant dans l’étang. Image : Brian Coad © Musée canadien de la nature

En tous temps, ces habitats offrent quelque chose d’intéressant à voir et surtout à préserver, notamment les diverses espèces de flore et de faune qu’il nous reste encore à découvrir. Bien qu’il soit impossible de vous les présenter toutes, nous espérons vous avoir donné un aperçu de la diversité qui entoure l’édifice de la recherche du Musée
et du plaisir que nous éprouvons à découvrir ce qu’il y a dans notre propre cour.

Un Héron vert dans un étang.

Un Héron vert, Butorides virescens, dans l’étang est un inhabituel mais magnifique spectacle. Image : Brian Coad © Musée canadien de la nature

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