Un petit dauphin dans un petit monde

En visitant l’exposition spéciale Baleines Tohorā, on ne peut que s’émerveiller devant la taille et la majesté des baleines du sud du Pacifique. Alors que je me promenai, bouche bée, ces énormes créatures ont, bien entendu, capté mon attention. Je m’étonnais qu’elles puissent sembler si gracieuses quand elles se déplaçaient dans l’eau alors que leur imposant squelette semblait si massif ici.

J’ai visité l’exposition plusieurs fois avant de remarquer le spécimen le plus adorable qui soit : le dauphin d’Hector. C’est un petit dauphin sans prétention, qui passe facilement inaperçu. Mais maintenant que je l’ai découvert, je suis conquise. Comme mes filles, j’ai envie de crier : « Oh! J’en veux un! »

Le squelette d’un dauphin d’Hector, Cephalorhynchus hectori, suspendu au plafond d’une salle d’exposition.

Le dauphin d’Hector, Cephalorhynchus hectori, ne vit que dans les eaux baignant la Nouvelle-Zélande. Moi aussi j’ai trouvé ces côtes particulièrement hospitalières! Image : Jennifer-Lee Mason © Musée canadien de la nature

Il s’agit d’une espèce endémique des eaux côtières de la Nouvelle-Zélande qui lutte pour sa survie. Selon les rapports de World Wildlife Fund, sa population s’élèverait à environ 7400. Le dauphin d’Hector, Cephalorhynchus hectori, comprend la sous-espèce Maui, Cephalorhynchus hectori maui, qui ne compte que 100 représentants.

Cette créature vulnérable possède un corps cylindrique massif doté d’une nageoire dorsale arrondie. Son bec est court et délicat. Ce dauphin peut atteindre une longueur de 1,4 m et un poids de 50 kg. À peine plus gros que mon chien!

Les squelettes d’un dauphin d’Hector, Cephalorhynchus hectori, et d’une baleine franche pygmée, Caperea marginata, suspendus au plafond d’une salle d’exposition.

Tout est relatif. Même si la baleine franche pygmée, Caperea marginata, à droite, est la plus petite des baleines à fanons avec une longueur maximum de 6,5 m, elle semble énorme à côté du dauphin d’Hector (1,4 m). On peut voir ces deux cétacés dans l’exposition Baleines Tohorā jusqu’au 3 septembre. Image : Jennifer-Lee Mason © Musée canadien de la nature

Je suis admirative, non seulement parce qu’il est petit et mignon, mais aussi parce qu’il a besoin de protection. Ma tendance à l’anthropocentrisme s’emballe : j’imagine que je trouve un groupe de dauphins emprisonnés dans un filet. Je plonge à leur secours, un couteau entre les dents. Une fois libérés, les dauphins me sont si reconnaissants (et ont si peur de se retrouver laissés à eux-mêmes) que nous nageons ensemble jusqu’à ma maison où nous prenons le thé avec des petits gâteaux au calmar (oui, je sais, mon histoire n’est pas tout à fait au point). Ils décident de rester avec nous et mes filles montent avec eux un numéro de cirque pour les enfants du quartier.

Peut-être vous demandez-vous d’où leur vient le nom d’Hector. (On peut aussi voir une baleine à bec d’Hector dans l’exposition.) Qui était donc cet Hector? Eh bien, il s’agit de Sir James Hector, qui a découvert ce dauphin et l’a décrit pour la première fois en 1869. M. Hector était le conservateur du musée Colonial de Wellington, devenu aujourd’hui le musée Te Papa Tongarewa, qui a produit l’exposition Baleines Tohorā.

Et si avec toutes ces coïncidences vous ne trouvez pas que le monde est petit, en voici une autre : Il y a bien des années, alors que j’étais une pauvre étudiante voyageant en Nouvelle-Zélande le sac au dos, le hasard a voulu que je me trouve à Wellington le jour même de l’inauguration du nouveau musée Te Papa Tongarewa. Saisissant cette occasion de participer à un événement mémorable, je me suis levée avant l’aube pour célébrer toute la journée en compagnie de centaines de fiers Néo-Zélandais.

Une femme assise sous l’arche sculptée du musée Te Papa Tongarewa de Nouvelle-Zélande.

Jennifer-Lee Mason assise sous la magnifique arche sculptée du musée Te Papa Tongarewa, le jour de son inauguration à Wellington, en Nouvelle-Zélande, le 14 février 1998. Vraiment, le monde est petit! Image : Jennifer-Lee Mason © Jennifer-Lee Mason

Le sort le confirme : je dois côtoyer des dauphins d’Hector, que ce soit dans le Musée à Ottawa, à l’inauguration du musée à Wellington ou encore… dans les magnifiques eaux de la Nouvelle-Zélande.

Pour en apprendre plus sur le dauphin d’Hector (site en anglais)
http://wwf.panda.org/what_we_do/endangered_species/cetaceans/about/hectors_dolphin/

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