Un été merveilleux entre mousses et coléoptères

C’était… tout simplement merveilleux. Voilà comment Cassandra Robillard et moi-même qualifions notre été au Musée canadien de la nature à titre de monitrices environnementales. Nous avons travaillé tout l’été sur la propriété entourant le bâtiment de la recherche et des collections du Musée, que l’on appelle Édifice du patrimoine naturel et qui se situe à Gatineau, au Québec (voir carte).

Entre les observations de chouettes, la collecte de grenouilles, la pêche aux ménés dans l’étang et la cueillette de mousses au nom latin évocateur comme l’Entodon seductrix, nous avons réussi à réaliser quelques-uns des objectifs que nous nous étions fixés au début de la saison!

Un homme et une femme examinent le sable en bordure d’un plan d’eau.

Noel Alfonso, adjoint principal à la recherche, et Emma Lehmberg, monitrice environnementale, cherchent de cicindèles (des coléoptères) dans le sable d’une carrière située non loin de l’Édifice du patrimoine naturel. Ce bâtiment, situé à Gatineau au Québec, abrite les activités de recherche et les collections du Musée canadien de la nature. Image : Cassandra Robillard © Musée canadien de la nature

Collecte de mousses en vue du projet Code-barre de la vie

En compagnie de la bryologiste du Musée Jennifer Doubt, nous avons arpenté notre « cour » à la recherche de mousses pour le séquençage ADN. Chaque touffe d’une espèce représentait un spécimen. Après avoir fait sécher les spécimens, nous avons prélevé des échantillons pour les analyses ADN.

De la mousse poussant sur un tronc d’arbre.

Plus de 136 espèces de mousses ont été identifiées sur la propriété du Musée. Image : Emma Lehmberg © Musée canadien de la nature

La collecte de mousses est un travail délicat et je dois avouer que Cassandra avait beaucoup plus de patience que moi pour détacher les spécimens des roches, des troncs ou du sol. Cela m’a toutefois fait découvrir un micro-écosystème dont j’ignorais l’existence. Si vous ne me croyez pas, allez dans les bois muni d’une loupe. On a pu identifier plus de 136 espèces de mousses sur la propriété du Musée.

Une femme montre à une autre femme un spécimen de mousse qu’elle tient entre ses doigts.

Un de nos objectifs était de faire part de nos découvertes aux membres du personnel du Musée. Cassandra Robillard montre ici un spécimen de mousse à l’éducatrice Katherine Day. Image : Emma Lehmberg © Musée canadien de la nature

Recension de coléoptères

Une femme installe un contenant en plastique dans un trou qu’elle a creusée dans le sol.

Cassandra installe un piège à carabes pour faire le recensement de ces insectes. Image : Emma Lehmberg © Musée canadien de la nature

Notre deuxième tâche importante cet été consistait à entreprendre la recension d’une famille de coléoptères appelés carabes (Carabidae) dans la forêt du Musée.

Les coléoptères sont des bio-indicateurs de la salubrité de l’écosystème et aucune recension n’avait été effectuée jusqu’à présent sur la propriété. Nous espérons que notre travail se poursuivra afin de pouvoir suivre chaque année l’évolution de la biodiversité et ce qu’elle révèle sur la salubrité des terres.

Pour attraper les carabes, on avait installé des pièges à fosse dans quatre habitats différents (peupliers-pins, pruches, érables-hêtres, bouleaux-épinettes-érables). Les résultats ont été variables et parfois inespérés : certains jours, les pièges étaient pleins au point qu’on ne pouvait en voir le fond. Nous avons épinglé les insectes ainsi collectés en vue de les faire sécher et de les identifier.

Des carabes (insectes) baignent dans un peu de liquide, au fond d’un contenant en plastique.

À la mi-juillet, ce piège à carabes installé dans l’habitat des peupliers-pins débordait d’insectes, pour la plupart des Carabis nemoralis. Image : Emma Lehmberg © Musée canadien de la nature

Guides de l’Édifice du patrimoine naturel

Notre troisième mission consistait à concevoir et rédiger deux guides à l’intention des visiteurs de l’Édifice du patrimoine naturel : un sur les arbres et l’autre sur les fougères.

Pour un profane, il peut être difficile d’identifier les espèces de ces deux groupes de végétaux sur le terrain (nous sommes bien placées pour le savoir!). Nous espérons que ces guides ainsi que les stations le long du sentier et les étiquettes sur les arbres leur faciliteront la tâche.

Autres accomplissements

En plus de ces trois tâches principales, nous avons aussi poursuivi les projets de l’an dernier sur la surveillance du nerprun et celle des tiques.

Le nerprun est une plante exotique envahissante extrêmement résiliente et combattre son avancée dans certaines parties de la propriété n’était pas de tout repos. Toutefois, nos méthodes (le traitement des tiges coupées au glyphosate, un herbicide) se sont révélées efficaces et nous attendons de voir les résultats de nos efforts l’an prochain.

Les mains d’une femme tenant deux feuilles de nerprun d’espèces différentes : le nerprun commun, Rhamnus cathartica, (à gauche) et le nerprun bourdaine, Frangula alnus.

Une comparaison de deux espèces de l’envahissant nerprun : le nerprun commun, Rhamnus cathartica, (à gauche) et le nerprun bourdaine, Frangula alnus. Image : Emma Lehmberg © Musée canadien de la nature

Un plant de nerprun bourdaine, Frangula alnus, aux feuilles rabougries.

Un plant de nerprun bourdaine, Frangula alnus, après le traitement au glyphosate. Image : Emma Lehmberg © Musée canadien de la nature

L’autre projet visait à détecter la présence, sur la propriété du Musée, de tiques Ixodes scapularis, qui peuvent transmettre la maladie de Lyme. En effet, les cerfs – et même un orignal cette année! –, qui sont les hôtes de ces parasites, fréquentent les lieux et on s’inquiétait de la possibilité de contracter la maladie de Lyme depuis quelques années. Nous sommes heureuses d’annoncer qu’aucune tique n’a été trouvée depuis le début du projet.

Une femme portant un sac sur son dos, à l’extérieur.

Cassandra effectue le dépistage des tiques dans une partie de la propriété du Musée. Image : Emma Lehmberg © Musée canadien de la nature

Hélas, avec la fin de l’été s’achève cette saison du Programme de surveillance environnementale. Nous devons ranger nos bottes et plier bagages. Avant que les guides de terrain ne soient envoyés à la bibliothèque du Musée, nous aimerions remercier tous ceux et celles qui nous ont apporté leur concours. Nous espérons que vous suivrez les progrès du Programme de surveillance environnementale l’été prochain.

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