Petit coup d’oeil à la grotte de la nouvelle Galerie de la Terre

Vous apercevez d’abord un gros affleurement rocheux. Vous vous en approchez, curieux de voir comment des plantes peuvent bien prendre racine dans les crevasses et les fissures. C’est alors que vous découvrez cette ouverture, assez grande pour vous y glisser.

Entrée de la grotte en construction.

Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Vous brûlez savoir ce qui se cache à l’intérieur. Vous avancez, prudemment, sentant la surface rugueuse de la paroi du tunnel sous vos doigts.

Une tache de lumière au-dessus de vous attire votre attention. Vous levez la tête vers ce réconfortant rayon de soleil et vous sentez, plus que vous ne le voyez, le balancement des feuilles à la surface, au-dessus de vous. Vous vous rendez compte que les bruits de la forêt s’estompent et vous entendez quelque part en haut un doux goutte à goutte. Puis le tunnel tourne et vous faites face à un espace beaucoup plus vaste : une grotte.

Vue d’un coin de la grotte.

Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Surpris? Nous l’espérons bien. Cette grotte se trouve en fait à l’intérieur de la Galerie de la Terre au Musée canadien de la nature et vous aurez tout le loisir de l’explorer quand la Galerie rouvrira le 30 novembre 2012. Nous sommes en plein travail de rénovation en ce moment et la grotte sera l’un des nouveaux attraits.

Bien sûr, notre but est d’offrir au visiteur une expérience qui le ravira et lui apprendra des choses palpitantes sur les grottes de calcaire. Mais il faut dire que la conception et la construction de cette grotte se sont révélées tout aussi captivantes.

Tout cela a débuté avec une équipe multidisciplinaire du Musée qui a élaboré le concept. Il fallait prendre en considération l’expérience du visiteur, les objectifs éducatifs et, bien sûr, l’histoire naturelle des grottes.

Deux photos montrant le modèle d’argile.

Le modèle de RCI, d’environ un mètre de largeur. Images : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Ensuite, divers membres de l’équipe ont fabriqué un modèle d’argile et élaboré un scénarimage. L’équipe a montré ces représentations à l’entreprise chargée de créer la grotte afin de leur indiquer clairement les intentions du Musée. Research Casting International (RCI) a commencé par fabriquer son propre modèle d’argile, à échelle réduite, de ce que sera la version définitive.

Le scénarimage de la grotte.

Les croquis du scénarimage donnent les lignes générales et les éléments précis que nous voulions faire découvrir au visiteur. Image : Dan Boivin © Musée canadien de la nature

La fabrication a commencé dans l’atelier de RCI avec une « cage » de métal destinées à supporter les murs et le plafond. Les artisans de RCI ont donné la forme voulue aux barres d’armature des murs, qui ont été temporairement attachées, puis démontées pour le transport au Musée.

La structure d’acier dans l’atelier de RCI.

La structure d’acier prend forme dans l’atelier de RCI. Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Ils ont mis la structure en place et l’ont couverte d’un grillage de métal qui suivait les contours des murs et d’une partie du plafond. Sur ce substrat, ils ont pulvérisé du béton pour imiter le calcaire. De plus, plusieurs sections ont été réalisées à partir de moulages effectués sur de véritables parois de calcaire. L’équipe du Musée a été ébahie par le talent artistique déployé dans la réalisation de ces formes et ces textures si réalistes.

Vue de l’intérieur d’une grotte en construction.

On peut déceler ici plusieurs étapes de construction : la structure de soutien en acier, les barres sinueuses qui donnent leur forme aux murs, le grillage de métal qui recouvre les barres et la couche de béton pulvérisé sur le grillage. La section plate du plafond est le moulage d’une véritable paroi de calcaire. Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

Les grottes de calcaire sont sculptées par l’eau, qui creuse le roc puis façonne les autres formations. En raison de sa faible acidité, l’eau souterraine dissout la roche et la transporte. Au cours de millions d’années, des fissures se transforment ainsi en cavernes. Mais l’eau exerce aussi un effet inverse : le calcaire dissout peut précipiter lentement et se solidifier à nouveau pour former des dépôts de minéraux secondaires qui croissent dans la grotte sous une multitude de formes insolites.

Dans la nature, la grotte se creuse puis de nouvelles formations se créent. Et c’est ainsi, qu’une fois la grossière enveloppe de la grotte en place, les efforts de RCI se sont concentrés sur la fabrication d’éléments comme les colonnes, les stalactites et les stalagmites, mais aussi d’autres formations répondant aux noms évocateurs de draperies, popcorn ou perles.

Mais les grottes ne revêtent pas un intérêt purement géologique et hydrologique : elles abritent aussi des écosystèmes complexes. Mais en raison de l’espace disponible et de la nécessité de mettre l’accent sur la géologie, l’équipe du Musée n’a pas pu approfondir l’aspect vivant de la grotte. Elle a donc décidé de représenter quelques habitants temporaires, qui fréquentent occasionnellement les grottes sans y vivre normalement. L’équipe et le RCI s’efforcent actuellement de façonner ces trogloxènes, comme on appelle ces visiteurs. Vous aurez deviné qu’il s’agit de chauves-souris. Et nous cachons aussi un autre mammifère surprise que les enfants auront plaisir à découvrir.

Deux photos : Un élément du plafond avant et après la peinture.

À mesure que les employés du RCI appliquent la peinture, le béton ressemble de plus en plus à du calcaire naturel. Le réalisme obtenu avec les pailles à boire est époustouflant : on aurait pu mettre quelque chose de plein comme un genre de goujon, mais ici on a des tubes délicats comme dans de vraies grottes. Image : Marc Beck © Musée canadien de la nature

La dernière étape artistique a un effet saisissant : quand les murs de la grotte sont peints en imitant le calcaire, le réalisme donne soudainement vie à la grotte.

Enfin, et plus prosaïquement, on procède à l’installation d’appareils comme les gicleurs, l’éclairage et les caméras. Eh oui, même les normes de sécurité du bâtiment doivent être prises en considération dans l’élaboration d’une scène immersive pour le visiteur du Musée. Mais nous pensons que vous vous laisserez facilement prendre en entrant dans cette magnifique grotte et que votre imagination fera le reste en s’émerveillant devant les systèmes dynamiques qui façonnent la Terre sous nos pieds… et parfois au-dessus de notre tête!

Texte traduit de l’anglais.

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2 commentaires pour Petit coup d’oeil à la grotte de la nouvelle Galerie de la Terre

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