Nuisances de la nature?

Nous sommes une espèce adaptable. Où que nous allions, nous avons de bonnes chances de rencontrer des congénères. Comme notre espèce est largement répartie sur le globe, elle fait face à tout un éventail de conditions qu’offre l’environment naturel.

Un homme dont le visage et les vêtements sont couverts de frimas.

Mark Graham goûte au froid de l’Arctique en février. Image : Mark Graham © Mark Graham

En tête de liste des priorités en matière d’adaptation figure le climat. Les conditions climatiques ont incité les humains à mettre au point une immense diversité de  stratégies adaptatives, par exemple nos modes d’habitation, d’habillement, d’alimentation et de transport.

Le climat est dans ses grandes tendances prédictible, ce qui permet de s’y adapter. Tous les jours, le temps qu’il fait suscite d’interminables discussions au dîner ou dans les médias. Mais il est beaucoup plus difficile de s’adapter à des catastrophes naturelles soudaines, comme les ouragans, les tremblements de terre, les tsunamis, ou les éruptions volcaniques.

Ces exemples extrêmes de nature déchaînée, présentés dans l’exposition du même nom, sont des forces que l’on ne doit pas sous-estimer. La principale préoccupation après la dévastation est certes de nettoyer et de rétablir l’ordre public.

Mais d’autres sujets d’inquiétude persistants ont attiré l’attention de scientifiques et d’autres personnes. Les bouleversements sont parfois tels que les êtres vivants sont déplacés à des milliers de kilomètres. Pensons par exemple, au quai découvert sur les côtes de l’Oregon aux États-Unis, après avoir dérivé du Japon pendant un an à la suite du tremblement de terre de Tohoku et du tsunami qui s’ensuivit.

On peut dire qu’il s’agit d’une autre forme de nature déchaînée. Le « quai » est ici une masse d’algues, de mollusques, de crustacés, de vers et d’autres organismes vivants. L’événement catastrophique leur donne la possibilité de vivre dans un environnement qui serait normalement hors de portée.

Quand ces êtres vivants se trouvent dans un nouveau milieu, les scientifiques les qualifient d’espèces exotiques. Si elles parviennent à s’y reproduire et à prospérer, elles peuvent même devenir des espèces exotiques envahissantes et causer alors un problème de taille.

Un bateau à moteur avec trois personnes à son bord près du toit d’une maison où se trouvent deux rescapés.

Des cataclysmes comme cette inondation, présentée dans l’exposition La nature déchaînée, permettent à des espèces de se déplacer sur de grandes distances. Image : © Eric Gay/AP Photo

Il existe une longue liste d’espèces exotiques envahissantes en Amérique du Nord. Parmi les exemples les plus connus figurent la moule zébrée (espèce d’eau douce vivant dans les rivières et les lacs) et la carpe asiatique, notamment la carpe à grosse tête qui a envahi le système du fleuve Mississippi, aux États-Unis. Une fois que ces espèces se sont établies quelque part, il est bien difficile de les en déloger. Et cela donne un sens nouveau à ce que l’on entend par nature déchaînée. Ce type de catastrophe naturelle est de plus en plus commun avec la multiplication des échanges autour du globe.

Des algues bleu-vert recouvrent l’eau et des rochers en bordure du lac Winnipeg.

Une prolifération d’algues bleu-vert sur le lac Winnipeg. Image : Greg McCullough © Greg McCullough

La nature peut aussi se déchaîner sans l’intervention de catastrophes naturelles. La prolifération des algues bleu-vert (efflorescence algale) est extrêmement répandue l’été au Canada.

Cela se produit quand les taux de nutriments sont élevés en raison par exemple de fuite de fosses septiques ou de l’écoulement d’engrais, au milieu de la saison de croissance quand la lumière est intense et l’eau, à sa température maximale. Ces espèces d’algue étant toxiques, l’usage domestique de l’eau est compromis. Ce phénomène peut survenir sur les petits plans d’eau, comme un étang entouré de chalets, ou sur de grandes étendues comme le lac Winnipeg.

Je n’ai donné ici que quelques exemples sans aborder les membres déchaînés de notre monde qui aiment manger les gens (ours blancs, requins, gros serpents, etc.), ou encore ces toutes petites bestioles qui nous transmettent des maladies en nous piquant (moustiques et tiques par exemple).

Pullulement de moustiques sur une casquette portée par un homme.

Cet homme est la proie de moustiques à la recherche d’un repas. Image : Mark Graham © Mark Graham

Les scientifiques oeuvrant dans les musées aident à mieux comprendre toutes les pièces mouvantes des écosystèmes dans lesquels nous vivons. Ils leur donnent des noms, en conservent des exemples dans les collections afin que d’autres puissent les  étudier et collaborent avec de nombreux spécialistes pour tenter de comprendre comment nous pouvons mieux vivre ensemble. Le processus d’adaptation se poursuit.

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