Des artéfacts du Vésuve dans La Nature déchaînée

Travailler dans la section de l’éducation est une expérience exaltante mais qui comporte ses difficultés, surtout pour quelqu’un comme moi qui n’a pas fait d’études en biologie ou en environnement, mais plutôt en muséologie et en histoire européenne. Voilà pourquoi j’étais ravie, lors de ma première visite de l’exposition La nature déchaînée, de découvrir des artefacts d’un des grands événements historiques que j’avais étudié : l’éruption du Vésuve!

Le Dernier Jour de Pompéi, peinture à l’huile sur toile de  Karl Pavlovich Bryullov.

Karl Pavlovich Bryullov (1799–1852), Le Dernier Jour de Pompéi, 1833, huile sur toile, Musée d’État de Russie, Saint-Pétersbourg, Russie. Image : © Musée d’État de Russie, Saint-Pétersbourg, Russie/The Bridgeman Art Library

Les objets présentés ici ont appartenu à des habitants de Pompéi et ont été pétrifiés par les débris volcaniques lors de la fameuse éruption de l’an 79 de notre ère. Le premier est un amalgame de divers objets dont des perles, des pièces et des anneaux de bronze, un ciseau et des morceaux de bois. L’autre est un fragment d’outil de jardinage.

Comme je suis une mordue d’histoire, j’adore voir des objets qui ont été utilisés par des gens il y a très longtemps. Mais ce qui est extraordinaire avec ces artéfacts c’est qu’ils donnent un aperçu de ce qu’ont pu vivre ces gens pendant l’éruption. Heureusement, cet événement a été raconté par un témoin, le philosophe et poète latin Pline le jeune.

Un artefact composé de matériaux et d'objets agglomérés notamment des perles, des anneaux, des pièces de bronze, un ciseau et des morceaux de bois.

En refroidissant, la lave a fusionné les restes de l’antique cité de Pompéi. On distingue ici des perles, des anneaux et des pièces de bronze, un ciseau et des morceaux de bois. Image : Sarah McPherson © Avec l’aimable autorisation du Field Museum

Le matin du 24 août 79, de bruyantes explosions ont secoué le Vésuve et une pluie de fines cendres s’est abattue sur la région. Vers 13 h, la ville entière de Pompéi était plongée dans l’obscurité. Puis une colonne de gaz de 33 km de hauteur s’est élevée dans les airs. Des pierres ponces, roches faites de cendres solidifiées, sont tombées sur Pompéi et Herculanum au rythme de 12 à 15 cm par heure.

Un outil de jardinage antique couvert de lave et de roches.

Un outil de jardinage de la cite antique de Pompéi, couvert de lave et de roches. Image : Sarah McPherson © Avec l’aimable autorisation du Field Museum

Les brûlantes coulées pyroclastiques formées de gaz et de roches qui s’échappaient du volcan ont détruit ces deux villes. Selon les estimations, quelque 16 000 personnes y auraient péri. Cette éruption serait la catastrophe naturelle la plus meurtrière d’Europe.

Les éruptions volcaniques ne se produisent pas sans signes avant-coureurs et le Vésuve ne faisait pas exception. Comme l’explique Pline le jeune : « Pendant de nombreux jours un tremblement de terre avait précédé; il était peu effrayant, parce qu’en Campanie on en avait l’habitude. »1. Des petites secousses s’étaient fait sentir en effet quatre jours auparavant mais n’avaient pas inquiété la population.

Aussi, quand les ponces se mirent à pleuvoir et les nuées ardentes à envelopper la ville, la population était toujours dans là et ne tenta de fuir qu’après l’éruption, mais il était déjà trop tard. L’air était chargé de cendres et la mer, trop agitée. On croit aujourd’hui que beaucoup sont morts étouffés par les cendres, alors que d’autres ont littéralement cuit dans les rues ou dans leurs demeures sous une température atteignant les 250 C.

Ensevelies sous les cendres, les deux villes furent abandonnées et leur site exact, oublié. Elles furent découvertes au XVIIIe siècle. Depuis, elles ont fait l’objet de fouilles et d’études nombreuses.

On a découvert des corps in situ dans des postures indiquant que les gens ont été surpris par ces forces destructrices. Ces outils de fer ont pu servir juste avant la tentative de fuite du propriétaire.

Les moulages de nombreux corps recroquevillés sur le sol.

Le Jardin des fuyards à Pompéi avec les moulages des victimes telles qu’elles ont été découvertes. Image : Lancevortex © Lancevortex

Aujourd’hui, un réseau de stations sismiques et gravimétriques assure la surveillance du volcan afin de pouvoir évacuer la population de la zone rouge. En dépit de ce danger, plus de 2 millions de personnes vivent à l’ombre du Vésuve. La dernière éruption importante date de presque 70 ans.

Si vous visitez La nature déchaînée, ne manquez pas cette section, ne serait-ce que pour vous retremper dans ce morceau d’histoire « brûlante » et de vous émerveiller devant la puissance formidable de la nature.

1 Citation tirée du site Pompéi : La colère du volcan par Armand Lugrin, Gymnase du Burier, Suisse. http://www0.dfj.vd.ch/gybur/BRANCHES/latin/POMPEI/pline.htm

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