Le ménage du printemps… en janvier!

par Elisabeth Boekhoven et Luci Cipera

Le Musée canadien de la nature ferme ses portes du 7 au 11 janvier pour son ménage annuel. Pendant cette semaine-là, ses employés joignent leurs efforts pour dépoussiérer les galeries et autres espaces publics.

Le travail consiste principalement à nettoyer les expositions et à rafraîchir le Musée pour le plus grand plaisir de nos visiteurs. Pendant cette semaine, nous nous attelons à des tâches dont certaines peuvent prendre plusieurs heures voire un jour complet.

Le squelette monté d’une jeune femelle rorqual bleu, Balaenoptera musculus, dans une galerie du Musée.

Le squelette monté d’une jeune femelle rorqual bleu, Balaenoptera musculus, trône au milieu de la Galerie Eau Bleue RBC. Image : Russ Brooks © Musée canadien de la nature

Le nettoyage de notre spécimen le plus gros, le squelette de rorqual bleu, Balaenoptera musculus, de la Galerie Eau Bleue RBC en est un exemple. C’est un travail délicat qu’il importe au plus haut point de bien planifier. Nous devons prévoir les meilleurs moyens d’atteindre toutes les parties du squelette à l’aide d’escabeaux et de monte-charges sans endommager le précieux spécimen.

Une femme debout sur un escabeau nettoie à l’aide d’un aspirateur le squelette d’un rorqual bleu assemblé dans une galerie du Musée.

Une technicienne en conservation du Musée nettoie le squelette du rorqual bleu durant le ménage annuel de 2012. La même opération se répétera cette semaine au Musée. Image : © Musée canadien de la nature

Au Musée comme à la maison, la poussière s’accumule et il faut l’enlever régulièrement. Mais épousseter un spécimen de la taille de cette baleine ne peut s’effectuer qu’une fois l’an. C’est donc armés de pinceaux souples, d’aspirateurs spéciaux portés sur le dos et de masques que nous nous attaquons à la poussière qui s’est amoncelée pendant un an.

Une femme debout sur un escabeau nettoie le squelette d’un rorqual bleu à l’aide d’un aspirateur portatif et d’un pinceau.

Le personnel du Musée utilise un pinceau souple pour déloger la poussière dans les moindres interstices du squelette de rorqual bleu. Image : © Musée canadien de la nature

Un autre facteur qui vient compliquer cette opération : les os de baleine ont tendance à être gras. Si vous avez visité notre galerie, vous vous souvenez peut-être avoir lu que ces os continuent à sécréter du gras bien longtemps après la mort de l’animal.

De grandes taches sombres sont visibles sur les os du crâne d’un rorqual.

On voit ici des taches de gras sur le crâne du rorqual bleu. Image : Marcie Kwindt © Musée canadien de la nature

Avant d’exposer le spécimen, on en a soigneusement nettoyé et traité les os afin de minimiser le suintement de gras. On peut toutefois voir des taches sombres sur certains os, ce qui indique la présence de graisse. Si on ne l’enlève pas, l’huile pourrait finir par faire des gouttes.

Le gras est collant et la poussière qui y adhère est difficile à enlever. Voilà pourquoi, une fois l’an, la baleine reçoit une petite cure de jouvence qui permet de la débarrasser de cette huile.

Pour ce faire, on utilise un nettoyant domestique que l’on applique en cataplasme. On trempe des essuie-tout dans une solution composée d’eau et d’ammoniac que l’on dépose sur l’os. On maintient le cataplasme en place en l’entourant d’un film plastique. On réduit ainsi les vapeurs d’ammoniac tout en permettant à la solution d’agir.

Le crâne du rorqual bleu enveloppé d’un cataplasme d’ammoniac et de plastique.

La baleine reçoit une cure de beauté : un cataplasme d’ammoniac sur le crâne. Image : Marcie Kwindt © Musée canadien de la nature

Des os du squelette de rorqual bleu enveloppés d’un cataplasme d’ammoniac et de plastique.

Le plastique maintient le cataplasme en place sur les os. Il aide à réduire les vapeurs d’ammoniac tout en permettant à la solution d’agir. Image : Marcie Kwindt © Musée canadien de la nature

On doit parfois faire preuve d’ingéniosité pour maintenir le cataplasme en place. Reconnaissez-vous cet objet incongru? C’est bien une nouille de piscine!

Quand le gras est dissout, on retire l’emplâtre et la baleine est prête à affronter une nouvelle année!

Une nouille de plastique repliée maintient le cataplasme en place sur le crâne du rorqual bleu.

Oui, c’est bien une de ces nouilles avec lesquelles on s’amuse dans les piscines! Cela tient le cataplasme en place afin qu’il puisse dissoudre le gras qui s’est déposé à la surface de l’os. Image : Marcie Kwindt © Musée canadien de la nature

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