Dino Académie et l’histoire de nos coques de plâtre

Dès le 16 février, participez à Dino Académie pendant votre visite du musée. Votez pour notre nouveau projet de recherche en choisissant une des cinq coques de plâtre contenant des os de dinosaures. Nous avons une petite idée de ce qui se cache dans ces plâtres, mais on ne sera assuré de rien avant de les avoir ouvertes et d’avoir préparé les fossiles. Mais d’où viennent ces gaines et pourquoi sont-elles scellées? C’est ce que vous explique ici le conservateur Kieran Shepherd.

Il arrive à chacun de nous d’avoir, dans notre liste des choses à faire, une tâche que l’on ne parvient jamais à accomplir. Le Musée ne fait pas exception. Je suis conservateur de la collection des gros fossiles du Musée canadien de la nature. Et dans cette collection, il se trouve quelques fossiles qui ont été collectés il y a un siècle et qui n’ont pas encore vu la lumière du jour : c’est notre collection de fossiles de dinosaures enveloppés dans des coques de plâtre!

Un homme montrant des étagères où se trouvent des coques de plâtre.

Kieran Shepherd parmi les rangées de coques de plâtre conservées dans notre édifice des collections à Gatineau, au Québec. On compte quelque 120 plâtres de grande taille et une centaine de plus petits contenant des éléments individuels. Image : Peter Frank © Musée canadien de la nature.

Chaque fois que je fais visiter la collection, les coques de plâtre intriguent les gens. De quoi s’agit-il? Que contiennent-elles? Pourquoi sont-elles là? Ces gaines se composent tout simplement d’une toile de jute recouverte de plâtre; les paléontologues s’en servent pour protéger les fossiles de dinosaures pendant le transport du lieu d’extraction au laboratoire.

Une fois le fossile en sécurité au laboratoire, on retire soigneusement la coque de plâtre afin de pouvoir le préparer. La préparation est un procédé mécanique qui consiste à extraire le fossile de dinosaure de la gangue rocheuse.

Le premier quart du XXe siècle a connu ce que j’aime appeler une ruée vers les fossiles, car plusieurs grands musées d’Amérique du Nord et d’Europe ont envoyé des équipes collecter des restes de dinosaures dans l’ouest de l’Amérique du Nord.

Une coque de plâtre sur une étagère.

Une des plus anciennes coques de plâtre de la collection du Musée contient des os collectés à l’été 1912 d’un site de l’Alberta. Image : Kieran Shepherd © Musée canadien de la nature.

Il arrive que seules les coques contenant les pièces les plus intéressantes soient ouvertes, tandis que les autres s’empoussièrent sur les étagères. Souvent, on prépare les crânes et on laisse de côté les squelettes.

Mais pourquoi ne préparer que le crâne? Parce qu’il s’agit de l’élément le plus déterminant pour identifier un dinosaure. Il permet de savoir si ce qu’on a trouvé est une nouvelle espèce de dinosaure et les paléontologues adoraient découvrir de nouvelles espèces. Et ils continuent d’aimer cela!

Alors pourquoi ne pas les ouvrir maintenant? C’est tentant en effet, mais la préparation requiert beaucoup de temps. Nous n’ouvrons ces coques historiques que si nous croyons que les fossiles qu’elles renferment sont à même de faire progresser nos recherches en cours.

Heureusement, nous avons une idée de ce que contiennent ces plâtres. Nous disposons des carnets de terrain, dans lesquels les paléontologues de l’époque, qui ont mis au jour ces fossiles il y a plusieurs décennies, ont tenu un genre de journal.

Est-ce que cela vaut la peine de conserver ces vieux plâtres? Absolument! Je m’occupe de la collection depuis presque 25 ans et j’ai participé à deux projets de recherche au cours desquels nous avons ouvert quelques-unes de ces coques. Résultat : Elles cachaient deux nouvelles espèces de dinosaures Vagaceratops et Xenoceratops, qui attendaient leur jour de gloire. Ces plâtres historiques sont des parcelles d’un passé lointain. Qui sait quelles surprises ils peuvent nous réserver.

Maintenant que vous en savez un peu plus sur cette collection hors de l’ordinaire, vous pouvez nous aider à choisir notre prochaine grande aventure de recherche. Visitez le Musée à partir du 16 février et votez pour la coque que le Musée devrait ouvrir.

Une coque de plâtre ouverte au laboratoire avec son contenu de roches et de fossiles.

Une coque de plâtre et ses fossiles en cours de préparation au laboratoire de l’édifice des collections du Musée. Image : Kieran Shepherd © Musée canadien de la nature.

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7 commentaires pour Dino Académie et l’histoire de nos coques de plâtre

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