Abattre les idées reçues – Comment les Canadiens perçoivent-ils les changements dans l’Arctique

Quelle image vient à l’esprit quand on mentionne le mot « Arctique »? Il y a fort à parier que cela évoque pour la plupart des gens des paysages de glace, de neige (à la tonne) et peut-être d’un ou deux ours blancs. Dans la réalité, l’Arctique est beaucoup plus que cela, mais peu d’élus se rendent sur les lieux.

Des plantes rouge vif et jaune or recouvrent des rochers en bordure d’un cours d’eau, dans un paysage doucement vallonné du Nunavut.

L’automne dans le passage du Nord-Ouest, Nunavut. Image : Michelle Valberg © Michelle Valberg

Le 7 février, se déroulait au Musée la deuxième soirée de Natura, au cours de laquelle un groupe de discussion explorait les problèmes bien réels de l’Arctique et de ses habitants.

Matthew Swan, Aaju Peter et Michelle Valberg.

Nos trois invités (de gauche à droite), Matthew Swan, Aaju Peter et Michelle Valberg. Image : Danish Meman © Musée canadien de la nature

Les trois invités étaient Matthew Swan, fondateur d’Adventure Canada, l’Inuite Aaju Peter, avocate, activiste, dessinatrice de vêtements, et membre de l’Ordre du Canada, et Michelle Valberg, éminente photographe de l’Arctique et fondatrice de Project North. Lucy van Oldenbarneveld de CBC a animé le débat, en posant de judicieuses questions susceptibles d’intéresser les participants.

On a d’abord demandé aux invités quels étaient les plus gros changements qu’ils avaient observés dans l’Arctique et ce qui les inquiétait le plus. Matthew Swan a tout de suite parlé de la disparition de la glace qui était, à son avis, le changement le plus visible et celui dont les conséquences l’inquiétaient le plus.

Étant donné la place qu’occupent depuis des années dans les médias les changements climatiques, ce fait ne surprend plus personne. Matthew Swan croit cependant qu’en raison de la perte de la glace, les gens s’y intéressent davantage. « Maintenant qu’on parle de l’Arctique partout, tout le monde veut sa part. »

Des falaises de glace au Nunavut, en Arctique.

Selon Matthew Swan, la disparition de la glace est le changement le plus important en Arctique et celui qui l’inquiète le plus. Image: Michelle Valberg © Michelle Valberg

Il est à espérer que les Canadiens se décident à visiter l’Arctique avant les changements n’y soient trop importants. Comme des familiers de cette région me l’ont souvent répété, un voyage dans l’Arctique nous change pour toujours. Et comme l’affirme Matthew Swan : « Bien que nous, Canadiens, vivions pour la plupart près des frontières américaines, nous continuons de nous considérer comme un peuple nordique. Le Nord nous définit. » Il insiste sur le fait que nous devons visiter notre pays afin de le connaître un peu mieux.

Michelle Valberg avait aussi cette image stéréotypée de l’Arctique avant d’y aller à plusieurs reprises. Elle espère que ses photographies montrent cette région sous un nouvel éclairage.

« On pense souvent à l’Arctique comme un endroit plat, blanc et froid. Mais si peu de gens savent vraiment à quoi ressemble l’Arctique. » Les photographies comme celle-ci montrent l’Arctique canadien sous un nouveau jour et contribuent à élargir nos connaissances et notre compréhension.

Une personne frappe un large tambourin avec un bâton, dans la toundra en été. Une seconde personne, assise sur une roche, la regarde.

Les photographies de Michelle Valberg présentent l’Arctique sous un nouvel éclairage et viennent souvent briser les idées reçues. Sur cette photo, l’Arctique prend vie. Il n’est ni plat, ni blanc, ni froid. Image: Michelle Valberg © Michelle Valberg

Un autre sujet soulevé pendant la soirée a été l’importance de l’éducation dans le Nord et son influence sur la prise de décision.

Beaucoup de participants, dont moi-même, ignoraient totalement que les trois territoires canadiens ne détenaient pas les mêmes pouvoirs sur leurs terres que les provinces.

Comme l’a expliqué Aaju Peter : « Toutes les décisions concernant le Nord sont prises à des milliers de kilomètres de l’Arctique. Les territoires n’ont pas de pouvoir et il faut que ça change. »

Une conséquence directe de cet état de fait est qu’il manque d’établissements d’enseignement supérieur dans l’Arctique. Beaucoup de gens désireux de suivre des études universitaires doivent quitter leur collectivité et bien souvent ne reviennent jamais.

«  Peut-être ne ressentent-ils aucun sentiment d’appartenance et de responsabilité à l’égard de leur petite collectivité, alors ils partent guidés par leurs intérêts personnels. Avec un plus grand accès à l’éducation, l’Arctique serait bien différent. »

Aaju Peter, photographiée à l’extérieur.

L’avocate et activiste inuite Aaju Peter, qui est membre de l’Ordre du Canada, exprime son opinion sur la participation plus grande des Inuits dans la prise de décisions les concernant. Image : Michelle Valberg © Michelle Valberg

Un des membres du public a réagi en disant que le Nord devait se préoccuper davantage d’investissements lucratifs comme l’extraction et l’exploitation des ressources naturelles plutôt que d’éducation seulement.

Et qu’a répondu Aaju Peter? : « Pourquoi ne pas faire les deux ? » Elle a insisté sur l’importance d’instruire les habitants de ces communautés, qui pourraient alors travailler pour les sociétés de ressources naturelles et fournir de précieux renseignements tirés de leur savoir. Elle a fait remarquer que le Nord avait toutefois beaucoup plus à offrir que l’extraction des ressources naturelles.

« Nous ne pouvons pas tous être mineurs ou scientifiques, déclare-t-elle, nous avons besoin d’une bonne formation dans d’autres domaines pour procurer au plus grand nombre un éventail de possibilités. »

Des personnes assises à une table, devant des microphones.

L’animatrice Lucy van Oldenbarneveld a soulevé plusieurs questions stimulantes tout en veillant à maintenir le débat centré sur le sujet. Image : Danish Meman © Musée canadien de la nature

Beaucoup d’autres sujets ont été abordés par les invités et lors de la discussion avec les participants, mais le sentiment général que j’ai tiré de ma participation à de Natura a été le besoin urgent de visiter l’Arctique canadien.

Chaque invité a insisté sur le fait qu’on ne peut connaître un endroit et ses habitants sans y avoir été. Michelle Valberg l’a ressenti dès sa première expédition : « Les gens en reviendront avec plus de connaissances et d’intérêt pour le Grand Nord. »

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