Le voile se lève sur Coup de massue

Cette semaine, j’ai eu la chance d’assister à tout un événement dans les coulisses du Musée : l’ouverture d’une coque de plâtre contenant des os de dinosaure datant d’environ 75 millions d’années. Personne n’avait vu ces fossiles depuis leur collecte il y a près d’un siècle en Alberta.

Selon les notes de terrain de l’époque, la coque contiendrait des restes d’un dinosaure cuirassé connu sous le nom d’ankylosaure. Ce fossile a gagné l’insigne honneur d’être étudié parce qu’il est le gagnant du récent concours Dino Académie du Musée.

Vue de la coque de plâtre ouverte révélant la roche et les os fossiles d’un ankylosaure.

La coque ouverte de Coup de massue. Après deux journées de travail sont apparus la roche et les os fossiles restés cachés depuis 1915. Image : Dan Smythe © Musée canadien de la nature.

Voilà le moment de découvrir ce qui se cache dans cette coque, afin que notre spécialiste des dinosaures, Jordan Mallon, puisse étudier les ossements et que notre technicien principal, Clayton Kennedy puisse les préparer en vue de les exposer dans à peu près un an.

Un homme tire un chariot sur lequel est déposée une coque de plâtre.

Le technicien des collections, Alan McDonald, déplace la coque contenant les restes de Coup de massue de la réserve au laboratoire de préparation des fossiles. Image : Kieran Shepherd © Musée canadien de la nature.

Avant de faire quoi que ce soit, on doit retirer le plâtre qui enveloppe la roche et les os fossiles. Et le spécialiste en la matière est Clayton Kennedy : il travaille avec les fossiles depuis une trentaine d’années.

Le fossile est installé sur un support dans le laboratoire de préparation. Le technicien a préparé ses outils : des pinces, une petite brosse, un appareil muni d’un genre d’aiguille que l’on appelle stylo pneumatique et une petite bouteille de colle acryloïde.

Il commence par tirer sur les bouts de jute effilochés. À mesure que le jute se soulève, le plâtre tombe au sol formant une pellicule de poussière. Il se sert alors des pinces pour enlever des morceaux de plâtre.

Un moment donné, le technicien a utilisé une scie pneumatique. C’est un peu comme l’instrument dont se sert le chirurgien pour retirer le plâtre d’une jambe cassée.

Montage de trois images qui montre un homme enlèvant le plâtre de la coque à l’aide de pinces, un homme utilisant une petite scie pour couper le plâtre, et une vue de la coque à moitié ouverte, avec des morceaux de bois.

En haut à gauche : Clayton Kennedy enlève le plâtre à l’aide de pinces. Il s’agit d’un outil dont se sert le maréchal ferrant pour ferrer les chevaux. Les Sternberg ont probablement utilisé ce genre d’outil sur le terrain. En haut à droite : La scie se révèle utile pour découper la coque de plâtre. En bas : Après un jour de travail on peut voir la structure de bois servant à renforcer la coque. Images: Dan Smythe © Musée canadien de la nature.

Il a fallu deux heures pour retirer la couche supérieure du plâtre. Cette opération nous a donné une petite leçon d’histoire. Sous la couche superficielle, on distingue une couche brunâtre de plâtre et de jute qui s’effrite. Appliquée par Charles H. Sternberg et son équipe en 1915, cette couche originale est un peu moisie, probablement en raison de dégâts d’eau survenus il y a quelques décennies. Il semble qu’une nouvelle couche de plâtre ait été ajoutée par la suite pour protéger les fossiles.

Après une journée de travail, la roche et même des os sont visibles. Quelques morceaux de bois se trouvent sur le dessus. Clayton suppose que les Sternberg ramassaient des morceaux de bois sur le terrain et s’en servaient pour renforcer les coques afin qu’elles puissent être transportées en toute sécurité au Musée.

Deuxième journée : Le dépouillement se poursuit. En quelques heures, il ne reste plus de plâtre et la partie supérieure révèle la roche grisâtre … et le fossile. Les os semblent cassés ou effrités pour la plupart, mais il semble que cela soit fréquent.

Gros plan sur un outil appelé stylo pneumatique utilisé pour pulvériser la pierre.

On utilise le stylo pneumatique pour pulvériser la roche et exposer le fossile. L’aspirateur permet d’enlever les débris.
Image : Pierre Poirier © Musée canadien de la nature.

Au fil du temps, l’humidité se libère et l’alternance du gel et du dégel provoque des craquelures, que Clayton remplit avec une genre de colle appelée acryloïde. Une fois sèche, cette substance maintiendra les morceaux d’os ensemble.

Gros plan montrant l’application de colle dans les fissures des os fossiles.

La consolidation des os est une étape courante dans la préparation des fossiles. Ici, Clayton Kennedy se sert de l’acryloïde pour coller les morceaux d’os de l’ankylosaure. Ainsi, l’os demeure intact alors qu’on le débarrasse délicatement de la roche qui l’entoure. Image: Pierre Poirier © Musée canadien de la nature.

Maintenant qu’apparaît la matrice, Jordan Mallon constate avec joie que le fossile comprend les os du bassin d’un ankylosaure. C’est un élément qui n’existe pas dans les collections du musée et cela permettra aussi une meilleure identification de l’espèce. Mais il y a un hic : d’après les notes de terrain, on s’attendait à trouver une queue avec une massue caudale si caractéristique des ankylosaures. Mais ce n’est pas le cas. La massue se trouve-t-elle ailleurs ? Suivez les blogues pour découvrir ce que nos recherches révèleront.

Prochaine étape? Nous n’avons qu’effleuré la surface, c’est le cas de le dire! Il faudra au moins quelques mois de travail pour enlever la matrice rocheuse, pour consolider les os, les extraire totalement et les préparer à fins d’étude. Ensuite ils pourront être préparés en vue d’une exposition temporaire.

Des blogues vous tiendront régulièrement au courant de l’avancée des travaux!

Texte traduit de l’anglais.

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