Herbier national du Canada : des images haute résolution qui valent mille… spécimens!

Au cours des derniers mois, nous avons eu tout le loisir de nous familiariser avec nos fabuleux appareils de balayage des plantes, répondant au nom d’HerbScan. Ici à l’Herbier national du Canada, nous les adorons. Il s’agit d’une nouvelle étape vers notre objectif : obtenir et archiver des images haute résolution de chacun de nos spécimens et les présenter en ligne à tous les intéressés.

Pour commencer, nous avons l’intention de numériser quelque 600 000 plantes et algues, soit nos spécimens les plus gros et les plus plats de notre collection, qui sont aussi les plus faciles à traiter. Nous espérons que la technologie de l’image continuera de progresser entre-temps, nous permettant ensuite de numériser adéquatement nos 500 000 minuscules spécimens 3D de lichens, de mousses et de microalgues.

Collage de deux images de spécimens d’herbier : épilobe à feuilles larges, Chamerion latifolium, à gauche, et arnica à feuilles étroites, Arnica angustifolium, à droite.

Des agrandissements de ces images font partie de l’exposition La flore de l’Arctique canadien présentée actuellement au Musée. Un spécimen provient d’une de nos récentes campagnes de collecte (épilobe à feuilles larges, Chamerion latifolium, à gauche) et l’autre a été collecté il y a un siècle (Arnica à feuilles étroites, Arnica angustifolium, à droite). Collecter et faire connaître les spécimens végétaux, voilà la raison d’être de l’Herbier national du Canada et du projet du Musée : La flore de l’Arctique canadien et de l’Alaska. Image : Paul Sokoloff / Roger Bull © Musée canadien de la nature

Le public peut d’ores et déjà admirer les saisissantes photos grand format issues de la numérisation des plantes à l’exposition La flore de l’Arctique canadien présentée au Musée. On peut difficilement s’empêcher de toucher l’image tant les délicates fleurs et les racines enchevêtrées paraissent vraies.

Mais en plus d’être belles, en quoi ces images sont-elles utiles?

Une femme assise à une table parcourt les pages d’un herbier.

Tera Shewchenko, stagiaire de l’Université d’Ottawa, cherche dans les armoires de l’Herbier des spécimens de York Factory qu’elle doit numériser pour un chercheur manitobain. On évite ainsi les coûts d’un voyage à Ottawa pour le chercheur ou d’expédition des spécimens. Et c’est sans parler des dommages auxquels on aurait exposé le spécimen! Image : © Musée canadien de la nature

1. Elles réduisent les risques. Quand on les manipule ou qu’on les expédie par la poste pour les prêter, on expose ces précieux spécimens à des dommages irréparables. Il est parfois nécessaire d’encourir ces risques mais, quand on dispose d’images, ces occasions sont moins fréquentes.

2. Elles sont pratiques. On peut examiner plusieurs sous-ensembles de spécimens sans avoir à ouvrir des armoires ou à trouver un endroit où les disposer.

3. Elles sont compatibles avec la technologie. On peut recourir à la reconnaissance optique de caractères pour extraire des données des étiquettes en vue d’analyse, ce qui facilitera notre travail d’élaboration d’une banque de données sur les spécimens.

4. Vos commentaires. Avec ces images numérisées, les gens du monde entier pourront explorer notre collection. Des scientifiques, des étudiants, des historiens, des artistes ou de simples amateurs consultent déjà régulièrement nos collections sur place ou par l’entremise de prêts, chacun pour des raisons différentes. Quand notre banque d’images sera en ligne à la fin de la présente année, ce sera un peu comme si on ouvrait toutes grandes les portes de l’Herbier au monde entier. Quand vous y découvrirez un spécimen qui vous aura fasciné, faites-le nous savoir!

Le spécimen ne servira-t-il plus à rien une fois qu’on aura obtenu son image numérique? Mais pas du tout!

1. On ne peut extraire l’ADN d’une image. Depuis une période relativement récente au regard des quatre siècles d’histoire des herbiers, la science permet d’extraire l’ADN des spécimens séchés en vue de scruter l’évolution et la nature des plantes. Qui sait ce que peut nous réserver un jour la technologie?

2. On ne peut déceler certains traits sur l’image. Pour répondre à certaines questions, les chercheurs recourent au microscope, à des réactions chimiques, à des sections et autres épreuves. De plus, l’image ne montre qu’un côté du spécimen. Que faire quand on veut examiner l’autre?

3. Le spécimen change au fil du temps. Avec les années, un spécimen peut être sous-échantillonné, annoté ou restauré. Un instantané ne peut rendre compte de la nature dynamique d’un spécimen botanique ni de l’appréciation qu’il suscite.

4. Rien ne vaut l’objet réel. Il est des moments où chacun de nous, mais surtout les scientifiques, doivent voir de leurs propres yeux. De plus, même s’il est facile de diffuser l’image d’un spécimen collecté par des aventuriers de la Compagnie de la baie d’Hudson, rien ne remplace l’émotion que suscite le spécimen authentique, et cela demeure une des raisons d’être des musées.

Une technicienne place le spécimen dans un appareil à balayage inverse HerbScan.

La technicienne adjointe de l’Herbier, Laura Smyk, dispose un spécimen – approximativement le 3300e depuis qu’elle fait partie de l’équipe de numérisation – sous l’appareil à balayage inverse HerbScan. Image : © Musée canadien de la nature

Nos appareils HerbScan ronronnent toute la journée sous la commande de notre personnel et de notre équipe de bénévoles, auxquels se joindront des étudiants cet été. Pour l’heure, nous nous concentrons sur les spécimens requis pour notre projet de flore arctique et sur ceux que l’on prête. N’est-il pas en effet préférable de prendre une image d’un spécimen dont on s’apprête à se séparer pendant plusieurs années?

La même équipe, amenée à prendre de l’ampleur, s’occupe aussi d’archiver soigneusement toutes ces images et de préparer leur diffusion sur Internet en copiant dans la banque de données les renseignements généraux (nom de l’espèce, lieu et date de collecte, etc.) qui apparaissent sur l’étiquette. Avec le temps et beaucoup d’efforts, nous parviendrons à numériser les spécimens collectés pendant 250 ans, bien avant l’invention des appareils à balayage et des banques de données numériques. Tout cela en continuant d’enrichir, de préserver et de faire connaître les collections inestimables de plantes de l’Herbier national du Canada.

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