Les dangers des badlands

Le spécialiste des dinosaures du Musée Jordan Mallon, Ph.D., dirige en juin sa première expédition sur le terrain en compagnie de la technicienne des collections Margaret Currie. Suivez leur séjour de trois semaines au sud-est de l’Alberta à la recherche de dinosaures. Comme tout travail de terrain, celui-ci présente certains risques. Nos chercheurs doivent se tenir sur leurs gardes!

Cela fait déjà quelques jours que Margaret et moi prospectons dans les badlands près de Hilda, en Alberta (à environ une heure au nord-ouest de Medicine Hat). Nos recherches se sont révélées fructueuses jusqu’à présent, mais avant de vous faire part de nos trouvailles (ce sera dans un prochain blogue), j’ai pensé vous parler des cinq dangers que l’on rencontre le plus couramment dans les badlands.

Les cactus demeurent le danger le plus commun. La raquette (Opuntia littoralis var. vaseyi) et la mamillaire vivipare sont omniprésentes. Cette dernière est plutôt jolie quand elle est en fleur, mais de façon générale les cactus nous compliquent la vie. Quand on a le malheur de poser accidentellement la main sur l’un d’eux en dévalant un ravin ou de s’asseoir dessus par mégarde, la douleur est vive et dure longtemps. Les cactus morts sont particulièrement traîtres, car moins repérables en raison de leur couleur brune.

Cactus dans les badlands.

Les cactus présentent un danger constant lorsqu’on se déplace dans les badlands. Image: Jordan Mallon © Musée canadien de la nature.

Les gouffres constituent une autre menace des badlands. Il s’agit de trous creusés dans le sol par l’érosion de l’eau. Certains sont petits, alors que d’autres sont assez gros pour avaler une personne. (Un jour, un de mes amis a trouvé un crâne humain dans l’un d’eux.) Il vaut mieux s’en tenir loin.

Un gouffre dans les badlands.

Les gouffres peuvent être périlleux quand on ne regarde pas où on met le pied. Image: Jordan Mallon © Musée canadien de la nature.

La bentonite est un type d’ancienne boue riche en cendres volcaniques. Sèche, elle est plutôt inoffensive et présente une texture de maïs soufflé à la surface des badlands. Mais quand elle est mouillée, attention! Elle devient extrêmement glissante car elle absorbe l’eau comme une éponge. Un faux pas dans la bentonite et vous pouvez vous retrouver dans le fond d’un ravin ou d’un gouffre ou au milieu des cactus, ou bien encore… voir notre prochain danger.

Sol couvert de bentonite à l’aspect de maïs soufflé.

On peut voir ici la texture de maïs soufflé de la bentonite. Image: Jordan Mallon © Musée canadien de la nature.

La plupart des serpents que l’on croise dans les badlands sont sans danger. Mais le serpent à sonnettes des prairies peut se révéler dangereux si on lui marche dessus en avançant dans les hautes herbes. Son venin est mortel, mais on peut éviter une rencontre indésirable en restant attentif à son bruit de crécelle caractéristique.

Un serpent taureau dans les herbes.

Le serpent taureau (Pituophis catenifer sayi) figure parmi les nombreux serpents inoffensifs des badlands de l’Alberta. Heureusement, je n’ai encore écrasé aucun serpent à sonnettes.
Image: Jordan Mallon © Musée canadien de la nature.

Le pâturin peut sembler sans danger. Ses tiges égratignent les chevilles et ne piquent pas plus que le ferait un moustique. Mais ces herbes poussent en abondance et en hauteur et elles se collent sous le camion. Quand on parcourt les prairies pendant un certain temps, on finit par avoir pas mal d’herbes agglutinées sous le châssis où la chaleur pose un sérieux risque de feu. C’est pourquoi nous avons adopté un protocole strict : nous enlevons systématiquement l’herbe sous le camion après être resté stationné et nous avons à la portée de la main une pompe à eau et une batte à feu  pour parer à toutes éventualités.

C’est tout pour aujourd’hui. Nous restons vigilants tout en poursuivant notre chasse aux fossiles. Vous aurez de mes nouvelles bientôt sur nos dernières découvertes. Oh ! Papa, Maman…si vous lisez ceci, ne vous en faites surtout pas. Tout va très bien!

Lisez les précédents blogues sur cette expédition :

Texte traduit de l’anglais.

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3 commentaires pour Les dangers des badlands

  1. Ping : L’extraction d’une tortue—Collecter un fossile à fins d’études | Le blogue du Musée canadien de la nature

  2. Ping : Gisements d’ossements et restes de dinosaures : Trois semaines de prospection en Alberta | Le blogue du Musée canadien de la nature

  3. Ping : Des contreforts aux badlands : découvertes fossiles en Alberta | Le blogue du Musée canadien de la nature

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