Une quête effrénée d’énergie

On peut dire sans se tromper qu’au cours des quelques cent dernières années, notre culture a été étroitement liée au pétrole. Mais ce produit porteur de changements n’a pas manqué de nous causer un certain nombre de problèmes. Depuis longtemps, les humains utilisent des combustibles divers qui, avec un peu d’ingéniosité, leur ont servi de source d’énergie, notamment pour l’éclairage et le chauffage.

Une lampe traditionnelle inuite allumée.

Lampe traditionnelle inuite, appelée kudlik (quilliq). Image : Lee Narraway © Students on Ice

Les Inuits chassaient les phoques et les baleines. Ils faisaient brûler l’huile tirée de leur graisse dans un petit contenant de pierre appelé kudlik (ou quilliq) et pouvaient ainsi chauffer un iglou pendant l’hiver arctique glacial. Cet usage traditionnel et domestique de l’huile de mammifères marins se poursuit, mais a largement été supplanté par des méthodes plus modernes.

Les Européens ont vite compris l’intérêt économique des baleines. Ils ont exploité et même surexploité cette ressource naturelle. Partout où les hommes sont arrivés, ils ont d’abord remarqué les gros animaux, les ont observés, utilisés et ont fini par les éliminer.

On a vite découvert que la baleine peut produire une quantité phénoménale d’huile : celle que l’on obtient à partir de l’épaisse couche de graisse du mammifère et celle qui provient du spermaceti, aussi appelé blanc de baleine. Le spermaceti réside dans la partie supérieure de la tête du grand cachalot, que traversent les ondes sonores avant d’être envoyées à de grandes distances dans l’océan.

Illustration montrant l’anatomie d’une tête de grand cachalot, Physeter macrocephalus.

Anatomie de la tête d’un grand cachalot, Physeter macrocephalus. Image : Kurzon © Kurzon, sous licence Creative Commons 3.0

Pendant des décennies, les produits tirés de la baleine ont servi à la fabrication de savons, de cosmétiques, de vêtements ainsi qu’à l’éclairage des maisons et des rues en Europe puis en Amérique du Nord, dans un monde qui se tournait de plus en plus vers la mécanisation. Nous étions devenus si tributaires de ces ressources que nous avons presque éliminé les baleines en les pourchassant jusqu’aux confins du monde. Ces abus ont conduit à des ententes internationales visant la protection des baleines.

Même si aujourd’hui nous recourons à d’autres formes d’énergie pour nous chauffer et nous éclairer, à des produits chimiques dans l’industrie cosmétique et pharmaceutique et au plastique pour remplacer les « baleines » des cols ou des parapluies autrefois fabriquées avec des fanons, on continue, dans certains pays, à chasser les baleines à des fins culturelles et alimentaires.

Grâce à notre esprit inventif et notre sens de l’exploration, nous avons découvert que d’abondantes réserves de carburant se cachaient dans les profondeurs de la terre et que nous pouvions en tirer une quantité phénoménale d’énergie en l’extrayant et le raffinant sous diverses formes. Nous avons trouvé et continuons de trouver de nouveaux gisements de pétrole et de nouveaux usages. L’impressionnante exposition de photos Edward Burstynsky : Pétrole illustre à quel point cette ressource influe sur notre mode de vie et nos paysages.

Photographie aérienne montrant plusieurs autoroutes et routes qui s’entrecroisent dans un milieu urbain.

Highway #1, Intersection 105 & 110, Los Angeles, California, USA, 2003. Épreuve couleur chromogène. Cette photo est une des oeuvres d’Edward Burtynsky qu’on peut voir cet été au Musée canadien de la nature. Image : © Edward Burtynsky, avec l’aimable autorisation de Nicholas Metivier Gallery, Toronto / Howard Greenberg & Bryce Wolkowitz, New York

Le rythme auquel nous brûlons les combustibles fossiles excède la capacité de la Terre à s’adapter aux effets de cette utilisation excessive. Aujourd’hui, les conséquences de notre surconsommation se font sentir sur le climat de la planète qui connaît des changements rapides, sur la composition chimique des océans et sur la distribution géographique de nombreuses espèces animales et végétales.

Les musées d’histoire naturelle collectent, conservent et diffusent des données sur de longues périodes concernant les plantes et les animaux. Ils étudient par exemple leur mode de vie, leur situation géographique et les limites de leurs aires de répartition. Nous mettons nos dernières recherches à la disposition des collègues, de la population et des autorités qui prennent les décisions relativement à notre monde naturel. En permettant de suivre les changements qui surviennent parmi les espèces végétales de l’Arctique, une étude comme la Flore de l’Arctique canadien et de l’Alaska démontre les répercussions que notre soif de pétrole peut avoir sur notre environnement.

Texte traduit de l’anglais.

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