Travailler à l’Herbier national du Canada : L’expérience d’une étudiante

À titre d’étudiante coop, j’entreprends mon quatrième et dernier stage de travail au Musée canadien de la nature. Une des choses que m’a fait découvrir le programme coop c’est comment les différents emplois contribuaient à la société, à la science et à notre compréhension du monde. Dans mes stages précédents, j’ai eu l’occasion de me familiariser avec les innovations en matière de gestion des ravageurs, les méthodes de surveillance environnementale ainsi que la réglementation des produits issus de la biotechnologie en vue d’assurer la sécurité de la population et de l’environnement. Maintenant, me voici au Musée canadien de la nature travaillant à l’Herbier national du Canada.

Une femme faisant un signe au bout d'une allée bordée par des armoires.

Cette photo ne représente qu’environ la moitié de l’herbier. Cassandra Robillard, une illustratrice botanique et ancienne stagiaire à l’herbier, donne une idée de la taille de ces armoires. Image : Tera Shewchenko © Musée canadien de la nature

Un herbier est un peu comme une bibliothèque de spécimens de plantes. Celui-ci est impressionnant. Il comporte des centaines d’armoires plus grandes que moi pleines de fichiers, eux-mêmes remplis de spécimens. Se promener dans l’herbier pour trouver des spécimens de diverses espèces est un bon exercice!

Un spécimen de Castilleja raupii (CAN 230262) sur une feuille d'herbier.

Ce spécimen de Castilleja raupii (CAN 230262) collecté en 1854 conserve encore un peu de sa teinte rouge. Il provient de York Factory, un petit établissement du nord du Manitoba. Image : Tera Shewchenko © Musée canadien de la nature

L’herbier abrite une multitude de spécimens représentant des espèces de partout au Canada et du monde entier. J’ai été surprise de voir que des plantes cueillies il y a très longtemps, parfois au XIXe siècle, conservaient leur forme et même un peu de leur couleur. C’est saisissant de voir des fleurs bleues ou des feuilles rouges sur une plante récoltée il y a 150 ans.

Toutes les plantes de l’herbier sont identifiées par un numéro (qu’on appelle le numéro
CAN en raison du préfixe) et une étiquette. Celle-ci contient des renseignements importants : le nom de l’espèce, le lieu et la date de collecte, le nom du collecteur et parfois une brève description de l’habitat. Cela permet à ceux qui utiliseront plus tard ce spécimen à des fins de recherche d’obtenir facilement les renseignements dont ils auront besoin. Je consulte souvent cette information quand je cherche un spécimen dans l’herbier et j’apprécie beaucoup les étiquettes détaillées.

Tera Shewchenko.

Tera Shewchenko dans l’herbier. Image : Fatima Omar © Musée canadien de la nature

L’herbier est une ressource incroyable pour les chercheurs.

Il tient lieu de registre historique permettant de savoir quelles espèces poussaient à un endroit et à un moment précis. On peut comparer les spécimens collectés dans une région sur une période donnée et y constater les effets de certains changements sur la flore. Il peut s’agir de changements climatiques mais aussi de construction dans une aire autrefois protégée, par exemple.

Les chercheurs utilisent aussi l’herbier avant une expédition botanique pour se familiariser avec les espèces qu’ils sont susceptibles de rencontrer. En examinant le spécimen dans l’herbier, ils apprennent à l’identifier sur le terrain.

Puis, quand ils reviennent du terrain avec leur collecte, ils consultent de nouveau l’herbier pour s’assurer d’avoir identifié correctement certains spécimens rapportés.

L’herbier est également un bon outil d’apprentissage. En y travaillant, j’apprends beaucoup sur la diversité des plantes et leur distribution. J’ai été surprise de découvrir la flore riche que pouvait abriter l’Arctique!

J’ai aussi appris que les plantes revêtaient une multitude de formes et de tailles. Leurs formes me fascinent. La feuille en éventail du Ginkgo biloba ou la fleur au coeur pointu comme un dard de la gyroselle pauciflore (Primula pauciflora) figurent parmi mes préférées.

Un spécimen de Taraxacum officinale (CAN 591805) sur une feuille d'herbier.

Ce pissenlit officinal (Taraxacum officinale, CAN 591805) a ceci de particulier qu’il est fascié : la plante possède des fleurs comportant deux têtes, une tige épaisse et une forme de crête. Cela se produit parfois chez les pissenlits, sans que personne ne sache pourquoi exactement. Peut-être une infection bactérienne ou virale. Une autre chose insolite que j’ai apprise en travaillant à l’herbier. Image : Micheline Bouchard © Musée canadien de la nature

Je trouve aussi fort intéressante cette forme en crête des fleurs de pissenlit fascié (voir à droite les fleurs avec les tiges épaisses). La plupart des fleurs de pissenlit ont plutôt une forme plutôt circulaire, mais la forme ovale de celles-ci est due à une anomalie dans la croissance de la plante, que l’on appelle fasciation. Elle pourrait être causée par une infection bactérienne ou virale. Les plants atteints ont aussi des tiges épaisses et plusieurs fleurs fusionnées peuvent apparaître sur un seul pédoncule. Je m’intéresse beaucoup à la croissance et à la maladie, de sorte que ce phénomène m’a intrigué.

Les petites plantes ont aussi des formes intéressantes, même s’il faut utiliser la loupe pour les voir. Les mousses se reproduisent de façon sexuée grâce aux spores contenues dans des capsules. Celles-ci déploient une variété de formes très belles, qui permettent de distinguer les espèces entre elles : certaines capsules ressemblent à des sacs, d’autres à des parapluies ou à des bâtons de golf. Pour ma part, je trouve que cela confère aux mousses un air d’élégance et d’étrangeté.

Texte traduit de l’anglais.

Cet article, publié dans Collections, Plantes et algues, Recherche, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s