L’extraction d’une tortue—Collecter un fossile à fins d’études

Le spécialiste des dinosaures du Musée Jordan Mallon, Ph.D., a dirigé en juin sa première expédition sur le terrain en compagnie de la technicienne des collections Margaret Currie. Leur expédition de trois semaines dans le sud-est de l’Alberta était surtout une chasse aux fossiles de dinosaure, mais ils reviennent avec une tortue ancienne. Découvrez comment ces chercheurs préparent ce fossile à des fins d’études.

Un sac et un pic sur le sol à côté du fossile de tortue.

Le fossile tel qu’il a été trouvé sur le terrain (à côté du pic) en un site offrant une vue sur la rivière South Saskatchewan. Image: Jordan Mallon © Musée canadien de la nature.

Le 21 juin, le jour le plus long de l’année, Margaret et moi avons eu la chance de découvrir une carapace de tortue dans les badlands près de Hilda, en Alberta. Le fossile se trouvait dans un grès gris qui formait les berges d’une ancienne rivière il y a environ 75 millions d’années. Seulement le ventre (plastron) de la tortue était exposé, mais il nous a été facile de le reconnaître en raison des motifs et du contour bien préservés. Le spécimen mesure environ 20 cm de longueur et plus de 10 de largeur.

En voyant la tortue, nous avons su immédiatement qu’il nous fallait la collecter. Nous avons rapidement pris des photos du spécimen au sol et obtenu les données de localisation grâce à notre GPS. Nous avons aussi récupéré tous les fragments épars autour du fossile dans l’espoir de pouvoir coller les morceaux une fois au laboratoire.

Un gros plan du plastron de la tortue incrusté dans la roche.

Un gros plan du plastron de la tortue. Le stylo donne une idée de sa taille. Image: Jordan Mallon © Musée canadien de la nature.

Ensuite, nous avons mis au jour la totalité de la surface du plastron à l’aide de brosses et de poinçons afin d’avoir une meilleure idée de la taille du spécimen et des parties préservées. Après avoir dégagé les contours de l’animal, nous avons eu recours à des pics et des poinçons pour découper la roche largement autour du spécimen tout en prenant bien soin de ne pas endommager accidentellement le fossile lui-même. Après avoir effectué une tranchée autour de la tortue, nous avons creusé sous le fossile pour le dégager complètement tout en faisant en sorte qu’il repose sur un piédestal de roche.

Margaret Currie au sol à côté du spécimen de tortue.

La technicienne Margaret Currie en train de dégager le spécimen de tortue. Image: Jordan Mallon © Musée canadien de la nature.

Nous avons alors commencé à préparer une nouvelle « carapace » pour le spécimen : une coque de plâtre dans lequel il effectuera le voyage vers Ottawa en toute sécurité. Nous avons d’abord appliqué sur le fossile du papier hygiénique mouillé pour former un coussinet de protection entre le spécimen et le plâtre. Nous avons ensuite employé de la toile de jute et du plâtre pour couvrir les surfaces exposées du fossile. Nous avons laissé le tout sécher pendant la nuit.

Jordan Mallon assis derrière le fossile de tortue couvert de sa coque de plâtre.

Après avoir plâtré un côté, Jordan Mallon se prépare à plâtrer l’autre côté du fossile. Image: Margaret Currie © Musée canadien de la nature.

Le lendemain, nous avons complètement dégagé le fossile de la roche et l’avons retourné pour plâtrer l’autre face de la même manière et avons laissé sécher le tout sous le chaud soleil de l’après-midi pendant que nous poursuivions nos prospections ailleurs. À notre retour, nous avons utilisé un marqueur noir pour étiqueter le spécimen avec un numéro de terrain, puis nous l’avons placé dans un épais sac de toile pour le transporter hors des badlands.

C’est cette tâche qui s’est révélée la plus ardue : il a fallu porter ce fossile d’environ 50 livres sur le terrain très accidenté des badlands pendant près d’un kilomètre.

Une personne vue de dos transporte le sac contenant le spécimen de tortue

Le transport du lourd fossile à travers les badlands à la fin de la journée. Image : Jordan Mallon © Musée canadien de la nature.

Bien sûr, le trajet aurait été plus court à vol d’oiseau, mais le fait de devoir escalader les talus et dévaler les ravins l’a considérablement allongé. Nous étions très heureux d’arriver au camion stationné en bordure de la prairie. Nous y avons chargé le lourd fossile et sommes rentrés au camp pour une bière bien méritée.

Lisez les précédents blogues sur cette expédition :

Texte traduit de l’anglais.

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2 commentaires pour L’extraction d’une tortue—Collecter un fossile à fins d’études

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