Il nous faut une nouvelle photo satellite…

À l’édifice de la recherche et des collections du Musée à Gatineau, au Québec, le toit qui protège notre immense collection de livres et nos laboratoires de la pluie et de la neige a fait peau « verte ». L’an dernier, alors que nous planifions la réfection de notre toit de 16 ans, nous avons décidé d’aménager un jardin sur une partie de cette immense surface.

Vue en plongée d'hommes travaillant à une section partiellement terminée du toit.

Grâce à sa conception modulaire, ce projet a pu être réalisé en quelques jours. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

À part d’agrémenter les photos aériennes et satellitaires, un jardin sur le toit a plusieurs avantages, spécialement lorsqu’on souhaite protéger un grand nombre de collections irremplaçables. Comparativement à un toit normal, nos zones de verdure seront plus durables et fourniront une meilleure isolation pendant l’été et l’hiver. De plus, la végétation n’absorbe pas la chaleur ambiante. En retenant l’eau de pluie et le dioxyde de carbone, ce jardin sur le toit s’inscrit dans l’engagement du Musée de réduire son empreinte environnementale.

Une grue devant l'édifice.

Une énorme grue est venue résoudre le problème logistique du transport des grandes caissettes de plants sur le toit, surtout au milieu de l’édifice. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Un casier contenant des caissettes de plantes.

Caissettes d’orpin (Sedum) attendant d’être transportées sur le toit. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Une des préoccupations premières lors de tous travaux de réfection dans cet édifice du Musée est la conservation : comment minimiser les effets négatifs sur les collections et assurer leur préservation. Pour ce faire, nous devons nous garantir des insectes, des plantes vivantes, des créatures indésirables et en fait de tout ce qui pourrait nuire aux collections. Ce toit végétalisé contribue non seulement à piéger l’eau, mais se révèle résistant aux mauvaises herbes. Le substrat de ce jardin est impropre à la croissance de la plupart des mauvaises herbes, mais propice à celle des espèces d’orpin qui composent la verdure du toit. Moins il y aura de mauvaises herbes, moins elles risqueront d’attirer des organismes nuisibles.

Gros plan de plantes au sol.

Les variétés d’orpin (Sedum) ont été choisies en fonction de leur robustesse et de leur longévité. Ces succulents formeront rapidement un « couvre-toit » compact. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Alors que la plupart du temps on se sert de graminées et d’autres plantes à croissance dense, nous avons choisi d’utiliser uniquement des espèces de Sedum comme cela se fait de plus en plus. Ce genre de la famille des crassulacées a plusieurs caractéristiques souhaitables pour un toit. Les orpins se dispersent facilement et les jardiniers savent que ces plantes couvrent rapidement le sol tout en supprimant les mauvaises herbes.

Ces plantes font partie des succulents et, à ce titre, elles retiennent l’eau pendant les sécheresses. Le métabolisme acide des crassulacées permet la production d’énergie même sous les conditions les plus arides. Enfin, de nombreuses espèces vivaces de Sedum sont bien adaptées au froid, ce qui leur permet de survivre pendant un bonne partie de l’automne, une nécessité sous le climat de Gatineau.

Une photo montrant une partie du toit recouvert de gravier et autres matériaux utilisés pour préparer le jardin; une autre photo montrant les plants et le sol du jardin sur le toit, bordé de pierres.

Le toit végétalisé, avant et après son installation. Images: Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Nous sommes très fiers de cet ajout écologique à notre édifice de la recherche et des collections. On peut en voir une partie de l’intérieur et nous avons hâte d’observer la croissance de nos plantations au cours des prochains mois. Et si, un jour, vous survolez Gatineau, n’oubliez pas de jeter un coup d’œil au jardin qui coiffe notre édifice.

Texte traduit de l’anglais.

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