Une collecte dans sa propre cour

Les étudiants qui ont la chance de travailler sur le terrain ne sont pas nombreux. Encore moins nombreux sont ceux qui font ce genre de voyage accompagnés de quelques experts!

Cet été, j’ai eu l’honneur d’explorer la région de Pontiac au Québec avec les botanistes du Musée canadien de la nature Paul Sokoloff et Jeff Saaerela. Nous avons fait un voyage exploratoire de trois jours pour échantillonner la biodiversité végétale locale, à un endroit situé à quelques heures de route de l’édifice des collections et de la recherche du musée, à Gatineau.

Une femme cueillant des plantes dans un milieu humide.

Shaleen Humphreys cueille une morelle douce-amère (Solanum dulcamara) dans un milieu humide. Photo : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

En tant qu’étudiante au programme coopératif de l’Université d’Ottawa, c’était ma première véritable expérience sur le terrain. Et je n’ai pas été déçue! Nous n’avions pas d’espèces en particulier à collecter, ce qui nous a permis de ratisser plus large et recueillir les espèces les plus abondantes et représentatives de la région. À la fin du voyage, nous avions recueilli près de 200 spécimens!

Des spécimens de plantes dans des sacs de plastique transparent sur le sol.

Des sacs de spécimens de plantes en attente d’être identifiés et pressés. Photo : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Chaque matin, on se levait, on choisissait l’itinéraire, on trouvait un endroit digne d’intérêt, puis on se dispersait à la recherche de plantes intéressantes. On répétait cette séquence sur quelques sites différents par jour, puis on retournait au camp.

Une fois de retour, on identifiait chaque plante, on lui attribuait un numéro de collection, on prenait un échantillon pour l’ADN, puis on la pressait et la séchait. Les spécimens de plantes étaient ensuite entreposés dans un presse-spécimens en attendant d’être envoyés au musée pour traitement.

Shaleen Humphreys et Jeff Saarela debout près d’une pile haute jusqu’à mi-corps de plantes aplaties dans des feuilles.

Shaleen Humphreys et Jeff Saarela attachent les sangles d’un gigantesque presse-spécimens contenant la plupart des spécimens recueillis. Photo : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Même si nous n’avions aucun objectif précis, nous étions sans cesse à l’affût d’espèces envahissantes telles que Lythrum salicaria (salicaire pourpre) et Phragmites australis subsp. australis (roseau commun). Ces deux espèces sont présentes dans les milieux humides et les fossés et représentent une menace importante à la biodiversité indigène.

En particulier, Phragmites australis subsp. australis représente un problème grandissant dans la région de la capitale nationale. Lorsque nous en apercevions le long des autoroutes, nous nous arrêtions pour prendre un échantillon et marquer l’endroit. Nous en avons trouvé à quelques occasions pendant notre voyage, mais ce roseau ne semble pas s’être répandu de façon aussi agressive dans cette région du Québec.

Jeff Saarela, debout près de la route, tenant la longue tige ligneuse d’un roseau commun.

Jeff Saarela montre à quel point Phragmites australis subsp. australis peut être agressif. Ce rhizome massif est l’un des moyens de reproduction de l’espèce, et il semblait vouloir traverser la route! Photo : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Mis à part l’apprentissage de la biodiversité végétale locale, j’ai également acquis bon nombre de connaissances pratiques, notamment :

  • Les ratons laveurs sont extrêmement intelligents! (En plus, ils font des bruits de robot….bizarres!)
  • Dormir sous la tente peut être très confortable, même lorsque vous découvrez au milieu de la nuit que votre tente n’est pas aussi étanche que vous croyiez!
  • On peut construire un abri pour se tenir au sec et au chaud en utilisant seulement des bâches peu coûteuses et de la corde.
  • Une cafetière à piston est l’appareil le plus essentiel lors d’un voyage de collecte!

Les voyages de collecte effectués localement comme celui que nous avons fait sont extrêmement importants à la compréhension de l’écologie du milieu qui nous entoure.

Gros plan de la tige verte et des fleurs blanches de Spiranthes lacera.

Spiranthe découpée (Spiranthes lacera). Ce membre de la famille des orchidacées a été recueilli dans un boisé. Photo : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

En recueillant des échantillons périodiquement dans la région locale, on peut effectuer des comparaisons avec les collectes du passé et celles à venir, de manière à mieux comprendre l’évolution de la biodiversité sur la durée. Il est important de conserver la trace de plantes qu’on retrouve (essentiellement) dans la cour arrière du musée!

Un gros merci à Paul Sokoloff et Jeff Saarela pour avoir organisé le voyage et partagé leurs connaissances et leur passion des plantes avec moi!

Texte traduit de l’anglais.

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Un commentaire pour Une collecte dans sa propre cour

  1. luciekilomin dit :

    Je trouve ce genre de séjour autant enrichissant que pédagogique. C’est très bien ! Un pas vers la nature qui emporte les jeunes gens à la découverte d’une biodiversité finalement méconnue de nombreuses personnes. Dommage que ce genre de voyage soit si complexe à mettre en place, il en faudrait bien davantage.

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