Partie 2 – Une précieuse collection scientifique fait son entrée au Musée

Jean-Marc Gagnon, Ph.D., conservateur de la collection des invertébrés du Musée, a reçu cet été l’immense collection d’un chercheur de l’université Memorial de Terre-Neuve. Dans un blogue précédent, il a décrit le concours de circonstances qui lui a fait découvrir l’existence de cette collection. Dans le présent blogue, il explique les étapes suivantes, à savoir, l’examen, le classement et le catalogage de ce précieux legs.

Mon séjour à St. John’s (Terre-Neuve) pour voir la collection du professeur Steele a été bref mais suffisant pour me convaincre qu’il s’agissait d’une importante collection pour le Musée canadien de la nature.

Je peux à peine imaginer le nombre d’heures que Sean Steele, le fils du professeur, et sa femme Wendy ont passé à vider les deux bureaux pendant ce qui devait être leur vacances de famille, sans compter tous les livres qu’ils ont emballés et entreposés à leur résidence de St. John’s jusqu’à ce qu’ils trouvent preneur.

Trois jours plus tard, ils empaquetaient tous les échantillons de recherche dans 100 boîtes, qu’ils déposèrent temporairement à l’entrepôt de mon fils à St. John’s. Cette cargaison comprenait quatre grandes palettes (4 pi x 4 pi x 4 pi); tout ceci a exigé un énorme effort de leur part et m’a grandement obligé à l’égard de mon fils. Finalement, après avoir réglé quelques derniers points concernant l’empaquetage et le transport, les quatre palettes ont été expédiées au Musée pour arriver le 7 août, soit trois semaines plus tard, à la zone de chargement de Gatineau.

Piles de boîtes contenant la collection Steele reposant sur des palettes de bois.

Le matériel de la collection Steele est arrivé au Campus du patrimoine naturel dans des boîtes de carton doublées de plastique en cas d’avarie. Empilées sur des palettes, ces boîtes étaient recouvertes d’un film plastique. Elles ont été transportées par camion de St. John’s (Terre-Neuve). Image : Jean-Marc Gagnon © Musée canadien de la nature

Vous vous demandez peut-être ce qui est arrivé après. Eh bien, cela n’a pas été une tâche facile de recevoir tout ce matériel dans l’édifice de la recherche et des collections du Musée. Il est rare que le Musée obtienne une grande collection provenant d’un chercheur. Lorsque cela se produit (environ tous les dix ans dans le cas des invertébrés), il faut consacrer beaucoup d’énergie pour intégrer les spécimens à la collection nationale et les rendre accessibles à tous. Ces collections sont tridimensionnelles, non seulement parce qu’il s’agit d’objets mais parce que les données scientifiques (taxonomiques, temporelles et géographiques) liées à ces spécimens au cours de la découverte et de la recherche sont extrêmement précieuses.

Bocal de spécimens d’amphipodes séchés.

Ce bocal contient des spécimens séchés de l’amphipode détritivore Anonyx nugax collectés dans l’Arctique canadien, à l’est d’Igloolik lors d’une expédition dans le petit navire de recherche Calanus. Image: Jean-Marc Gagnon © Musée canadien de la nature.

Après avoir vidé les boîtes et déposé les spécimens sur des étagères, nous commençons par les classer par groupes taxonomiques. Nous mettons de côté les spécimens qui sont dégradés au point d’avoir perdu tout intérêt scientifique (très peu heureusement). On doit ensuite trouver dans une série de carnets de terrain les données correspondant aux spécimens que nous conservons. On peut ensuite produire les étiquettes portant les informations complète sur la collecte.

Comme l’éthanol utilisé pour préserver la plupart des échantillons s’est plus ou moins évaporé avec le temps, nous devons le remplacer avec une solution à la concentration appropriée (70 %); on doit aussi remplacer la plupart des couvercles par des neufs de meilleure qualité. Après quelques autres étapes indispensables, chaque échantillon catalogué est placé à l’endroit qui lui convient dans la collection.

Simple comme bonjour, n’est-ce pas? Mais en pratique, cela exige un véritable travail de détective pour tenter de découvrir d’où viennent les échantillons. C’est sans compter le long et quelque peu fastidieux travail de traitement du matériel afin qu’il puisse se préserver pendant les 100 prochaines années. Après tout, cette collection fait partie du patrimoine naturel du Canada.

Jean-Marc Gagnon et un bénévole devant une étagère de la réserve du Musée.

Jean-Marc Gagnon (à droite) et le bénévole Ken McMillan examinent la collection Steele en vue d’élaborer le plan d’action pour le traitement des spécimens. Ceux-ci sont conservés dans une des salles du Campus du patrimoine naturel destinées aux échantillons contenus dans de l’alcool et du formaldéhyde. Image : Jean-Marc Gagnon © Musée canadien de la nature.

Dans de prochains blogues, je me promets bien de vous faire part des intéressantes découvertes que nous ne manquerons pas de faire en examinant ce matériel. Je m’attends bien à y découvrir de précieux spécimens.

Lisez le blogue précédent sur cette collection :

Texte traduit de l’anglais.

A propos Jean-Marc Gagnon

Curator, Invertebrate Section, Canadian Museum of Nature. Conservateur, Division des invertébrés, Musée canadien de la nature. President, Society for the Preservation of Natural History Collections (2010-2012) (www.spnhc.org)
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