Déballage de colis préhistoriques

Cette année marque le 100e anniversaire de l’ouverture de la première galerie de fossiles au Canada, qui par la suite est devenue le Musée canadien de la nature – notre musée ici même à Ottawa. En fait, l’énorme montage sur panneau d’Edmontosaurus regalis, qui a été réinstallé dans notre galerie actuelle, est le premier squelette de dinosaure complet à être monté et exposé au Canada.

Un homme assis devant une table déballe des paquets emballés dans du papier journal.

Geoff Rowe, bénévole au Musée. Photo : Margaret Currie © Musée canadien de la nature

Notre collection de fossiles, qui est conservée dans notre édifice des collections et de la recherche, à Gatineau au Québec, renferme des douzaines d’autres spécimens de dinosaure dans leur coque de plâtre, collectés en Alberta au début des années 1900. (Les visiteurs pourront en voir quelques-uns lors de la journée Portes ouvertes à notre campus de Gatineau le 19 octobre). La grosseur de ces coques protectrices, cependant, fait en sorte qu’il faut beaucoup de temps et, évidemment, d’argent – une denrée souvent assez rare – pour les ouvrir et préparer les éléments squelettiques.

Toutefois, des centaines de plus petits éléments de dinosaure isolés (certains associés aux grosses coques, d’autres non) ont aussi été recueillis au cours de ces premières années. Au fin fond de notre collection de fossiles se trouvent des piles de boîtes de carton contenant ces paquets, dont la plupart remontent à la période de 1912 jusqu’aux années 1930.

Un paquet emballé de papier journal et portant une étiquette où est inscrite l’année 1917.

Un paquet contenant des fragments de dinosaure, datant de 1917. Photo : Margaret Currie © Musée canadien de la nature

Comme vous pouvez l’imaginer, près de cent ans après, le papier journal (et, malheureusement, toute donnée sur les spécimens qui y est inscrite) commence à se désintégrer. Même si ces très poussiéreux emballages peuvent éventuellement contenir des spécimens de valeur, il faut mettre beaucoup de temps pour ouvrir chacun, puis le remballer correctement. C’est là qu’on se tourne vers nos loyaux bénévoles!

Un matin chaque semaine, trois bénévoles s’assoient sous des puits d’aération et déballent soigneusement ces mystérieux colis d’autrefois. C’est une sale besogne qui n’est pas toujours gratifiante, car ces spécimens ont été collectés dans l’état qu’ils ont été trouvés, c’est-à-dire souvent cassés en de nombreux fragments!

Deux femmes assises à une table, sous une hotte d’aération, déballent des fragments de dinosaure emballés dans du papier journal.

Les bénévoles Dale Crichton (à gauche) et Christiane Cooper déballent des fragments de dinosaure. Photo : Margaret Currie © Musée canadien de la nature

Nos bénévoles sont toutefois à la hauteur de la tâche. Ils s’amusent à l’occasion en lisant les bribes de journaux qui contiennent de tout, des mises à jour sur la guerre aux publicités amusantes pour des « toniques ». (Il faut dire que mise à part leur valeur divertissante, ces journaux s’avèrent souvent utiles si on cherche à préciser l’année de collecte de spécimens pour lesquels les données ont été perdues).

Une page froissée d’un journal.

Un journal de Calgary de 1915. À noter : l’étiquette d’adresse de George Sternberg collée sur le haut de la photo principale. Photo : Margaret Currie © Musée canadien de la nature

Pour en revenir à notre tâche de déballage, les bénévoles transfèrent délicatement les fossiles fragmentaires (avec toute donnée qui les accompagne) dans des sacs de plastique transparent pour permettre aux chercheurs d’y accéder facilement à l’avenir.

Tout spécimen qui semble intéressant ou important est mis de côté pour être réassemblé ou réparé par moi-même ou un autre technicien. Ce fossile pourrait tôt ou tard être intégré dans le catalogue de la collection principale. Ce projet a déjà déniché des éléments d’intérêt tels que l’os lacrymal (un élément crânien) d’un jeune tyrannosauridé, deux os iliaques (os de la hanche) complets d’hadrosaures et plusieurs éléments squelettiques associés à un dasplétosaure (un tyrannosauridé) qui figure déjà au catalogue de notre collection.

Un os ilium et un tibia d’hadrosaure, reconstitués et collés, dans un tiroir en métal. Une règle est disposée près des os, donnant une idée de leur taille.

Un os ilium (en haut) et un tibia (en bas) d’hadrosaure, reconstitués et collés. Photo : Margaret Currie © Musée canadien de la nature

L’excellent travail de nos bénévoles sert à enrichir et à développer notre collection de fossiles, à susciter de nouvelles recherches et à mettre au jour ces spécimens collectés en Alberta il y a cent ans.

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Un os d’hadrosaure en voie d’être recollé. Photo : Margaret Currie © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

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