Dix millions d’anecdotes sur le Canada

Le nombre 10 000 000 est souvent évoqué lorsqu’on parle des collections du Musée canadien de la nature conservées au Campus du patrimoine naturel. C’est que nos collections comptent dix millions de spécimens! Cela peut sembler énorme, pourtant lorsqu’on prend en considération tous les fossiles, les plantes, les animaux et les minéraux contenus dans toutes les collections du Canada, cela ne représente qu’un sixième du total. Mais cela nous ramène à une quantité colossale : il existe environ 60 000 000 d’objets dans les musées d’histoire naturelle du pays.

Kathy Conlan debout entre deux rangées de hautes étagères où sont conservés des spécimens d’invertébrés.

Kathy Conlan avec sa collection d’invertébrés au Campus du patrimoine naturel. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

Envisageons maintenant de présenter les choses sous un angle très « canadien ». Quand nous disposons nos spécimens dans des bocaux, dans des congélateurs, dans des armoires ou sur des supports de façon ordonnée, de manière à les préserver et à pouvoir les consulter facilement, il nous faut un espace aussi vaste que cinq patinoires de hockey. Il s’agit donc d’une vaste collection qui prend de la place et qui a occupé des spécialistes depuis plus de 150 ans. Elle s’est transmise de génération en génération toujours dans le but de mieux comprendre le milieu dans lequel on vit et d’en conserver les meilleurs spécimens afin qu’ils ne tombent pas dans l’oubli.

Constituer une collection d’une telle ampleur est un exercice de découverte, et pas de n’importe quelle découverte. Voici un exemple. Quand je voyage, je m’intéresse à l’art et à l’architecture du nouveau pays et je vois souvent des oeuvres qui me captivent, m’inspirent et suscitent en moi une vive émotion. Il s’agit pour moi de nouvelles découvertes, mais pour un spécialiste dans le domaine, ces oeuvres sont probablement connues depuis longtemps et sont simplement remarquables. Mes découvertes dans le domaine de l’art ou de l’architecture peuvent changer ma vie et souvent m’inciter à en apprendre davantage. C’est une immense découverte personnelle, qui perd de son importance si on l’envisage sur le plan des dernières découvertes dans ce champ de spécialité.

Plan détaillé de l’oeil et de la peau d’un modèle grandeur nature de dinosaure à cornes.

L’oeil d’un modèle grandeur nature de dinosaure à cornes qui a été recréé en se fondant sur notre collection de fossiles. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

Il arrive exactement la même chose à ceux qui découvrent le monde naturel pour la première fois en observant des mammifères marins et des oiseaux, en trouvant un fossile, en capturant un papillon ou en cueillant des champignons. Toutes ces choses sont bien connues des scientifiques, mais n’en demeurent pas moins de puissantes découvertes personnelles qui nous aident à mieux comprendre notre place dans ce monde.

D’un autre côté, nos scientifiques vont sur le terrain, en général avec une équipe de collègues, à la découverte de nouveaux animaux, minéraux, fossiles ou plantes ou encore d’espèces que nous connaissons déjà, mais dans des sites où elles n’ont jamais encore été rencontrées. Ils ont le bagage scientifique nécessaire pour reconnaître que ce qu’ils voient est nouveau. Ils savent comment en effectuer la collecte et la description. Ils contribuent à enrichir les connaissances scientifiques et à en faire part à la communauté scientifique et au grand public. Enfin, ils conservent les spécimens afin que d’autres puissent un jour les étudier.

Paula Piilonen recueille un échantillon de roche dans la carrière Klåsta.

Paula Piilonen collectant des minéraux en Norvège. Image: Glenn Poirier © Musée canadien de la nature

Au fil du temps et des découvertes réalisées sur une longue période et sur de vastes territoires (Canada, Amérique du Nord, la Terre entière!) et mises en contexte avec d’autres collections, nos spécialistes acquièrent une profonde compréhension de ces espèces : leurs façon de subsister, leurs aires de répartition, leurs liens de parenté avec d’autres espèces, leur évolution. Cette connaissance approfondie se rattache à chaque spécimen.

Alors ne manquez notre journée Portes ouvertes. Vous aurez l’occasion de parcourir nos cinq patinoires de hockey remplies des témoins de l’histoire naturelle du Canada et d’autres pays. Vous serez impressionné d’être au milieu de 10 000 000 de spécimens, mais encore plus de savoir que chacun d’entre eux relate, à sa manière, l’histoire naturelle de notre pays et du milieu qui nous entoure.

Texte traduit de l’anglais.

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