Notre toit vert : État des lieux

Le toit original de l’édifice de la recherche et des collections, ou Campus du patrimoine naturel, datait de 1995; après de nombreuses années de bons et loyaux services, il commençait à fuir en plusieurs endroits. Après avoir étudié plusieurs possibilités, nous avons installé cet été un toit « vert » sur environ 20 % de sa surface (lire la version d’un botaniste sur ce tout nouveau toit). Presque trois mois plus tard, tout semble fonctionner à merveille.

Deux espaces de toit vert sur l'édifice.

Les toits verts de notre édifice de la recherche et des collections. En avant-plan, le toit au-dessus des laboratoires; au fond, celui qui couvre la bibliothèque, les archives et la cafétéria. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Les toits végétalisés sont relativement peu courants dans les pays froids, car le poids du sol et des plantes ajouté à celui de la neige hivernale nécessite une structure surdimensionnée en acier et entraîne donc des coûts supplémentaires appréciables. Dans notre cas, la membrane du toit était déjà couverte de roches, de sorte que le matériel végétal qui les remplace actuellement pèse à peu près la même chose. Nous n’avons donc pas ajouté de poids sur la structure.

Une photo montrant des plants épars, une autre montrant un tapis végétal ininterrompu.

Si on compare la situation à ce qu’elle était il y a presque trois mois lors de la plantation (à gauche), les orpins se sont considérablement développés (à droite). Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

La végétalisation d’un toit comporte plusieurs avantages techniques, dont celui, non négligeable, d’allonger de 50 % la durée de vie de la membrane du toit. Il faut donc la remplacer moins souvent, ce qui réduit le gaspillage et les risques qu’encourent nos collections sur une longue période.

Ce type de toit minimise les coûts de chauffage et de climatisation. C’est en effet en grande partie par le toit que la chaleur se dissipe en hiver et c’est aussi là qu’elle s’accumule en été. Grâce au sol et aux plantes, le toit vert reste frais, ce qui réduit les dépenses d’énergie.

Vue en plongée d'hommes travaillant sur une portion du toit partiellement finie.

Comme les caissettes retiennent l’eau, les plantes ont moins besoin d’arrosage. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Un homme debout sur un toit.

Marc Chrétien, directeur de l’immobilier et de la protection, inspecte le toit vert. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Parmi les inconvénients d’un toit végétalisé figurent le coût de l’installation et un entretien accru. Nous avons choisi l’orpin (espèce de Sedum) parce qu’il a besoin de moins d’entretien et qu’il est résistant à la sécheresse. Mais bien sûr, si rustiques soient-ils, les orpins ont quand même besoin d’eau pour survivre. Le système a été conçu de façon à minimiser l’écoulement de l’eau de pluie, de sorte qu’elle peut être en grande partie consommée par les plantes. Les orpins se trouvent dans des caissettes de plastique recyclé dont la principale fonction consiste à retenir l’eau pour usage futur de sorte qu’on ne doit arroser qu’après dix jours de sécheresse. Il faut enlever les mauvaises herbes une fois par mois et remplacer les plants morts au besoin.

Pendant l’hiver, l’entretien est minimal puisque les plants sont en dormance. Lors de l’enlèvement de la neige, il faudra faire bien attention de ne pas les endommager. En certains endroits, on devra en repiquer de nouveaux au printemps.

Une section du toit vert.

Notre plus petite section de toit vert qui se trouve au-dessus de l’entrée de la bibliothèque et des archives. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Le Musée surveille de près l’efficacité de son toit vert et espère faire profiter de son expérience ceux qui envisagent de faire la même chose. Pour l’instant, tout se passe comme prévu, mais avec le temps nous pourrons mieux cerner les avantages et les inconvénients de ce système.

Texte traduit de l’anglais.

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2 commentaires pour Notre toit vert : État des lieux

  1. Christophe dit :

    Impressionnant l’évolution en 3 mois. Difficilement reconnaissable

  2. Paul dit :

    Ouah !!! En france le toit végétalisé n’est pas encore développé.. Mais à voir ces photos.. on a vraiment tout a y gagner !!

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