Les fêtes sous la lentille d’un botaniste

Dans l’hémisphère Nord, la saison des Fêtes se caractérise généralement par une nature privée de feuillage. Pourtant, en raison de notre dépendance vitale à l’égard de l’environnement et de notre héritage culturel, de nombreuses plantes sont intimement liées à cette douce vague de bien-être que suscitent les fêtes traditionnelles de fin d’année.

Gros plan de fleurs et de bractées d'un poinsettia (Euphorbia pulcherrima).

Les parties rouges du poinsettia ne sont pas des fleurs mais plutôt des feuilles modifiées appelées bractées. Elles servent à attirer les pollinisateurs. Les fleurs, en forme de boules vertes, se trouvent au coeur des bractées.

Une feuille d'herbier de gui (accession #CAN12950).

Traditionnellement, le gui ne doit pas toucher le sol du moment de sa récolte jusqu’à après Noël. Dans l’Herbier national du Canada, où il est conservé avec soin, ce spécimen de gui (Viscum album) ne touchera jamais le sol. La tradition en sera sauve. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

À ce moment de l’année, les poinsettias (Euphorbia pulcherrima) abondent dans tous les magasins. Dans son lieu d’origine, en Amérique centrale, cette espèce est depuis des siècles associée à la fête de Noël, tradition qui s’est répandue dans le monde entier. Cette plante d’intérieur très commune fait partie des euphorbiacées, une famille très diversifiée dont on trouve des représentants sur toute la planète.

Le gui représente un des nombreux exemples de nom de plante qui peut prêter à confusion. En effet, le mot gui ne désigne pas une espèce végétale précise mais plusieurs espèces appartenant à cinq familles différentes. Leur point commun : elles sont toutes hémiparasites, c’est-à-dire qu’elles tirent la moitié de leur énergie de la photosynthèse et l’autre, de leur hôte. Viscum album, le gui européen sous lequel on a coutume de s’embrasser à Noël, est considéré comme le « vrai » gui. Au Royaume-Uni, on en pend encore aujourd’hui des bouquets dans les maisons, même si la plante est assez toxique. Comment une plante parasite et toxique en est venue à symboliser la fête de Noël demeure pour moi un mystère.

Un olivier en fleurs.

Les oliviers sont polyvalents : ils procurent de la nourriture, sous forme d’olives et d’huile, ainsi qu’un bois dur et dense. Pendant l’Hannoucah, la place prépondérante qu’occupe cet arbre en Israël devient évidente. Image : David J. Carpenter © David J. Carpenter

Pendant l’Hannoucah, les juifs allument la ménorah pour commémorer le miracle de l’Hannoucah, qui eut lieu au cours de la réinauguration du second Temple de Jérusalem : la réserve d’huile d’un seul jour en a duré huit. Ainsi, l’huile d’olive joue un rôle central pendant les huit jours et les huit nuits de l’Hannoucah, à la fois comme combustible pour la ménorah et dans la cuisson de délicieux plats comme les latkes et les soufganiyoth. L’olivier (Olea europea) est très commun dans les pays méditerranéens, où son ubiquité et son utilité lui confèrent une fonction culturelle et religieuse importante.

Collage : Un insecte pollinisateur sur une plante et un verre d'hydromel sur une table.

Les abeilles produisent des miels aux goûts fort variés selon les espèces de fleurs qu’elles butinent. Comme les vins issus de cépages différents, les hydromels fabriqués à partir de divers miels exhibent une variété de parfums. On les savoure souvent pendant le solstice d’hiver. Images : Emma Lehmberg et Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Le 21 décembre, beaucoup célébreront le solstice d’hiver et la nuit la plus longue de l’année en compagnie de parents et amis. L’hydromel, un alcool fabriqué à partir de miel, est souvent la boisson de choix en ces occasions : une liqueur ancienne en lien avec nos racines profondes. La production de la plupart de nos aliments végétaux repose sur la pollinisation. Le miel, lui, nous vient directement d’insectes pollinisateurs, nommément les abeilles mellifères (Apis mellifera), et des plantes qu’elles butinent. Sans les unes ou les autres, nous n’aurions pas d’hydromel pour fêter l’hiver.

Collage : Branches de sapin baumier et d'épinette blanche.

Dans la région de la capitale nationale croissent en abondance deux des espèces d’arbres de Noël les plus prisées : le sapin baumier (Abies balsamea, à gauche) et l’épinette blanche (Picea glauca, à droite). Images : Emma Lehmberg © Musée canadien de la nature

Je garde pour la fin une des plantes de Noël les plus répandues : le sapin de Noël. Cette tradition d’origine allemande s’est répandue dans le monde entier, chez les chrétiens mais aussi comme symbole profane du temps des Fêtes. Plusieurs espèces de conifères sont cultivées à cette fin, sans compter les versions artificielles. Dans la région d’Ottawa, par exemple, les sapins et les épinettes volent la vedette aux thuyas et aux pins, moins utilisés. Et avant même que vous ne le demandiez (si vous avez lu mon dernier blogue), non, il m’est impossible d’identifier l’espèce que Charlie Brown a choisie comme arbre de Noël. Il a trop peu d’aiguilles !

Texte traduit de l’anglais.

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