L’ikébana donne vie au moment présent

Ikebana—une magnifique et brève incursion du printemps qui arrive chaque année au Musée canadien de la nature (MCN)—est de nouveau de retour du 20 au 23 mars.

L’ikébana est l’art floral japonais, une forme d’expression créative qui utilise des matériaux tels que des branches, des feuilles, des plantes séchées et des fleurs fraîches et dont les origines remontent au 6e siècle. De nos jours, il y a plus de 2 000 écoles d’ikébana enregistrées au Japon et 164 sections locales de l’organisme Ikebana International en activité.

Un arrangement d’art floral ikebana.

L’arrangement floral d’Anne Breau au Musée en 2013. Image : Gregor v. Bochmann © Ikebana International Ottawa

Cette élégante exposition que le MCN est honoré de pouvoir accueillir annuellement est présentée conjointement par la section d’Ottawa 120 d’Ikebana International. 2014 marque le 30e anniversaire de ce partenariat privilégié.

C’est grâce à une ancienne employée de longue date du MCN, Anne Breau, que le Musée est entré en relation avec l’organisme Ikebana International. Elle a été initiée à l’art d’ikébana lors d’un voyage à Tokyo en 1976, où elle a assisté à une démonstration donnée par le grand maître à l’École Sogetsu. Elle se rappelle avoir été emportée par l’expérience. L’année suivante, Anne a commencé à étudier le style Sogetsu de l’ikébana. En 1984, elle a proposé l’idée d’une exposition au directeur de l’ancien Musée de l’Homme (maintenant le Musée canadien de l’histoire). Le partenariat entre le Musée et Ikebana International est né avec la première exposition organisée en 1985 au « château » de l’Édifice commémoratif Victoria.

Une femme près d’un arrangement floral ikebana.

L’artiste en ikébana et ancienne employée du Musée Anne Breau debout près de son arrangement floral à l’Ambassade du Japon à Ottawa, en 2012. Image : Helene Breau © Anne Breau

En 1988, le Musée de l’Homme a quitté le « château » qu’il occupait conjointement avec le Musée national des sciences naturelles (maintenant le Musée canadien de la nature). L’ikébana, un art qui respecte la philosophie japonaise cherchant à développer une proximité avec la nature, est demeuré un projet du nouveau musée de la nature.

Trente ans plus tard, Ikebana continue d’offrir des moments de beauté et de grâce au musée en présentant des compositions florales vivantes pendant quatre jours. Les écoles Sogetsu (contemporaine) et Ohara (traditionnelle) sont toutes deux représentées.

Après de longues études, Anne a obtenu le diplôme le plus élevé (Riji) décerné par l’École Sogetsu à Tokyo. Chaque année, elle présente une composition d’ikébana dans l’exposition du musée. En 2013, elle a pris sa retraite du MCN et continue d’exercer son art.

Une femme près d’un arrangement floral ikebana.

Anne debout près de son arrangement floral à l’Ambassade du Japon à Ottawa en 2013. Image : Helene Breau © Anne Breau

Je lui ai demandé comment elle s’y prenait pour planifier sa composition d’ikébana.

La préparation est essentielle : esquisser la forme, confectionner une base solide et congeler les matériaux tels que le bois pendant 10 jours pour éviter une infestation d’insectes nuisibles dans le musée. Mais il arrive parfois des pépins imprévus. Une année, les fleurs commandées par Anne étaient gelées à leur arrivée et elle a dû rapidement commander autre chose.

Est-ce qu’elle déroge de son plan une fois qu’elle est installée dans son espace d’exposition pour faire son assemblage ? « Toujours ! » dit-elle avec un petit rire.

« Il faut faire preuve de flexibilité, dit-elle. Une fois que vous êtes dans la salle, le milieu dans lequel vous placez votre arrangement…qui est placé à côté de vous…tout ça doit entrer en ligne de compte. » Si on omet de le faire, on ne peut apprécier l’arrangement à sa propre valeur, croit-elle.

Cinq rondelles tirées d’un tronc d’arbre.

Ces cinq pièces de bois du Nouveau-Brunswick forment la base et le point central de la composition d’ikébana d’Anne Breau cette année. Image : Anne Breau © Anne Breau

Vous trouverez la composition d’Anne dans l’exposition qui ouvre le 20 mars au Musée. Son œuvre reposera sur une base de bois provenant du Nouveau-Brunswick, qu’on peut voir dans cette photo. Anne a passé son enfance dans cette province, dans une petite ville sur la frontière du Maine. Son amour de la nature s’est manifesté à un jeune âge lorsqu’elle allait prendre des marches avec son père pour ramasser des branches d’arbre qu’elle a appris à identifier.

L’ikébana apporte sérénité et bien-être à Anne. « Ce n’est pas un passe-temps ; c’est un art de vivre », affirme-t-elle.

« L’ikébana donne en quelque sorte vie au moment présent. C’est ça le sens de la vie : profiter du moment présent. C’est très éphémère. Dès que j’ai terminé une pièce pour l’exposition, je commence déjà à réfléchir à la suivante. Je ne m’attarde pas à ce qui est fait; je passe tout de suite à autre chose. »

Texte traduit de l’anglais.

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