ParlonsNature : la science de l’avenir!

Je suis fermement convaincue de l’importance des organismes culturels dans la vie et les expériences éducatives des gens de tous âges. C’est pourquoi, en tant qu’étudiante de quatrième année en Administration des arts à l’Université d’Ottawa, j’ai choisi de compléter deux stages de travail consécutifs au Musée canadien de la nature. J’ai oeuvré au département des services éducatifs pendant toute la durée de mon stage de cinq mois au Musée et durant les derniers mois, j’ai apporté mon aide au programme ParlonsNature en particulier.

L’objectif principal du travail aux services éducatifs est d’offrir des occasions d’apprentissage au grand public sur des sujets d’intérêt. J’ai eu la chance de poursuivre cet objectif d’une façon amusante et stimulante, en tant que coordonnatrice d’événements pour la programmation publique. Plus précisément, je veillais à la bonne marche du bar à vin organisé pour chaque causerie ParlonsNature. Quelle meilleure façon y a-t-il d’apprendre qu’en engageant des discussions autour d’un verre de vin?

Des gens assis dans la Galerie des mammifères pendant que deux personnes filment une causerie.

Un public captivé durant l’enregistrement d’une des causeries. On aperçoit à l’avant le journaliste Ivan Semeniuk, l’hôte des causeries en anglais. Image : Cynthia Iburg © Musée canadien de la nature

ParlonsNature est une fascinante exploration de la science et de son rôle dans nos vies. Nos experts se penchent sur la réalité, la fiction et le futur de la recherche scientifique. Ils discutent de sujets à la fine pointe de l’innovation, des propos que la plupart des gens relégueraient sans doute au rang de la science-fiction.

La causerie commençait par une conversation de 20 minutes qui se déroulait sur la scène entre un de nos chercheurs et un journaliste bien connu dans laquelle on explorait un de ces fascinants sujets. De la dé-extinction aux parasites, chacun de ces sujets donnait l’occasion de soulever de très intéressants dilemmes éthiques, suscitait des débats et faisait jaser tout le monde dans l’assistance. Heureusement, après l’entrevue, il était prévu que le public, le scientifique, le journaliste et le personnel participent à un bar à vin pour discuter des enjeux présentés.

Vous pouvez voir ici les quatre vidéos des causeries (durée 20 minutes chacune).

La série a commencé par le scénario imaginaire d’un monde dans lequel le « Parc jurassique » était une réelle possibilité et où les tourtes voyageuses noircissaient les cieux de nouveau. Dans la causerie de Jordan Mallon sur la dé-extinction, on a présenté l’idée de ressusciter des espèces disparues. Même si on nous a appris que la technologie était presque au point et que certaines revitalisations se sont avérées des réussites dans le passé, les questions éthiques soulevées pendant la causerie nous ont fait réfléchir. En effet, devons-nous faire quelque chose simplement parce que nous pouvons le faire?

Kamal Khidas a poursuivi dans la lignée de ces débats éthiques en discutant du sujet de l’hybridation. Qu’arrive-t-il lorsque deux espèces distinctes s’accouplent pour produire un hybride? Est-ce la fin de l’espèce des parents? L’activité humaine peut-elle réaliser cette possibilité? Avec ce genre de questions à l’ordre du jour, on peut dire que la discussion soulevait à gros traits l’enjeu du rôle de l’humain dans la nature.

Dans la discussion sur l’intelligence des plantes, avec Paul Sokoloff, nous avons débattu du fait que, pour autant que nous sachions, les plantes ne sont pas conscientes. Mais est-ce à dire qu’elles ne sont pas intelligentes? Peuvent-elles réagir, penser, communiquer, jouer et même apprendre? Si c’est le cas, est-ce que cela change votre rapport aux plantes?

Enfin, nous avons terminé la saison inaugurale de la série ParlonsNature avec une causerie donnée par Judith Price sur les parasites. Ce sujet, peut-être le plus provocateur, a très certainement créé un malaise chez certains (y compris moi-même!). Bien entendu, ces causeries étaient conçues pour chambouler les idées reçues. L’idée selon laquelle « plus c’est propre, mieux c’est » est-elle toujours vraie ou non? Telle a été la lancinante question abordée par cette causerie.

Un spécimen de tourte, Ectopistes migratorius,  naturalisé et conservé dans un écrin en verre.

Est-ce que la dé-extinction pourrait signifier le retour des tourtes, Ectopistes migratorius, disparues depuis 1914? C’est le sujet qu’a abordé Jordan Mallon durant la première causerie de ParlonsNature. Image : Cynthia Iburg © Musée canadien de la nature

À chaque événement, j’ai fait des entrevues au cours desquelles j’ai pu évaluer les réactions des gens et constater les dilemmes moraux suscités chez eux. Il était très intéressant de voir la quantité d’opinions différentes sur chaque sujet et de constater comment cette façon d’intégrer de nouvelles informations suscitait vraiment des discussions intellectuellement stimulantes. Même si la vidéo sur le site Web de ParlonsNature qui documente les réactions du public n’en donne qu’un bref aperçu, les discussions qui se sont poursuivies tard dans la nuit étaient en fait très animées.

La possibilité de suivre Cynthia à la trace dans l’élaboration et la mise en oeuvre de ce programme m’a ouvert les yeux sur le monde des musées. En tant qu’étudiante avec un intérêt particulier pour le secteur culturel, je m’intéresse tout particulièrement aux institutions qui font preuve d’innovation et de créativité en créant des occasions d’apprentissage pour l’avenir. Dans un contexte où les musées, les galeries d’art et les centres artistiques cherchent constamment des façons d’augmenter leur financement et leur taux de fréquentation, le travail de Cynthia pour créer un intérêt parmi un grand nombre de gens n’est pas passé inaperçu! J’espère pouvoir utiliser ce genre d’avant-gardisme dans mon futur travail, car j’adorerais pouvoir continuer d’oeuvrer dans le secteur culturel.

Avant de terminer, j’aimerais signifier haut et fort ma reconnaissance envers tous les gens des services éducatifs pour avoir donné un sens à mon passage parmi eux et aux projets sur lesquels j’ai travaillé. Ceci a été une extraordinaire initiation à la vie dans un musée et j’ai très hâte de revenir!

Texte traduit de l’anglais.

Cet article, publié dans Éducation, Événements, ParlonsNature, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s