Le fruit de notre immense curiosité : Nos découvertes en 2013

par Mark Graham et Lory Beaudoin

Avez-vous fait des découvertes récemment? Si vous avez répondu « oui » à cette question, cela concorde avec l’une de nos caractéristiques les plus constantes en tant qu’espèce : notre immense curiosité. Nous baignons dans un monde complexe en constante évolution qui foisonne de pièces en mouvement. Les possibilités qui s’offrent à nous pour découvrir la nature des choses, la manière dont elles fonctionnent et où et quand les trouver sont infinies.

Au Musée canadien de la nature, notre fonds de commerce a tout à voir avec la découverte, en l’occurrence la découverte d’espèces. Dans le large éventail de disciplines en « -ologies » incarnées par nos experts scientifiques, et au fil des 150 ans et plus de recherche et de développement des collections au Musée, nous avons constitué un impressionnant dossier en matière de découverte et de description de plantes, d’animaux, de fossiles et de minéraux.

Un spécimen mâle et un spécimen femelle de la crevette squelette Liropus minusculus.

La crevette squelette Liropus minusculus, une des dix plus importantes découvertes de l’année 2013 selon l’Institut international de l’exploration des espèces. Le spécimen le plus gros est le mâle et le plus petit, la femelle. Image : SINC Servicio de Informació y Noticias CientÍficas & J.M. Guerras-Garcia © Agencia SINC, partagée sous licence Creatives Commons

L’année 2013 n’a pas été une exception à la règle, avec un total de 12 nouvelles découvertes! La description complète de la nouvelle espèce telle que présentée dans une publication à la communauté scientifique et validée par cette dernière représente le couronnement de ces découvertes. (Une liste complète de nos publications est publiée chaque année dans notre Rapport annuel.)

Plus particulièrement, en 2013, nos scientifiques du musée et leurs collaborateurs ont découvert 5 nouvelles espèces minérales, 5 nouvelles espèces animales et 2 nouvelles espèces végétales (voir la liste au bas du texte).

Deux illustrations montrant le charançon Metamasius planatus vu du dessus et de côté.

Le charançon Metamasius planatus. Image : François Génier © Musée canadien de la nature

Le travail de Bob Anderson en Amérique centrale et aux Caraïbes a permis de dévoiler 3 nouvelles espèces de charançon, comme Metamasius planatus qui a été trouvé parmi les frondes de palmier tombées en Dominique.

Ed Hendrycks, quant à lui, a fait deux découvertes parmi les crustacés de Californie et de Corée. L’un de ceux-ci est une crevette squelette, Liropus minusculus, qui figure également parmi les dix plus importantes découvertes dans le monde en 2013, telles que relevées par l’Institut international pour l’exploration des espèces. Ces fascinantes créatures sont comme les voltigeurs au baseball sauf qu’elles sont dans l’océan, se tenant bien haut en agitant les bras pour attraper les morceaux de nourriture qui passent. (Voyez une vidéo de ces crevettes se nourrissant.)

Une valve de la diatomée Mastogloia stellae vue au microscope électronique.

Une valve de la nouvelle diatomée épiphytonique marine Mastogloia stellae vue au microscope électronique. La barre d’échelle est de 5 micromètres. Image : Chiara Pennesi, Ph.D. © Chiara Pennesi, Ph.D., Università Politecnica delle Marche, Italie (photo modifiée)

Michel Poulin a fait équipe avec ses collègues européens pour découvrir deux nouvelles espèces de diatomées (des plantes microscopiques) de la mer Rouge et du Pacifique Sud, dont Mastogloia stellae que l’on trouve sur la zostère aux environs de l’Égypte.

Joel Grice s’est affairé à décrire de nouveaux minéraux du Canada, de la Norvège, de la Russie et de la Bolivie, tels que le Bussyite-(Y) provenant des célèbres carrières du mont Saint-Hilaire au Québec.

La découverte d’une nouvelle espèce est véritablement un point de départ dans le monde scientifique. En effet, le fait de pouvoir trouver et désigner une chose ouvre la voie à un éventail d’enquêtes fiables fondées sur des références soigneusement établies, et permet en même temps le partage de l’information. Nous tenons des dossiers méticuleux de nos découvertes, car chacune implique un élément de preuve, un objet qui s’intègre à la collection (vous pouvez fouiller dans nos collections numériques à tout moment ou vous pouvez visiter la collection en personne durant notre événement Portes ouvertes à l’automne).

Un spécimen de Bussyite-(Y).

Bussyite-(Y) provenant des célèbres carrières du mont Saint-Hilaire, au Québec. Image : Glenn Poirier © Musée canadien de la nature

Nous conservons ces objets parce que la communauté scientifique continue de les utiliser à maintes et maintes reprises pour d’autres recherches. Nous ne nous contentons pas de partager nos découvertes avec les communautés scientifiques et professionnelles, mais nous partageons également nos histoires avec le public. Consultez nos plus récents blogues et vidéos sur nature.ca; visitez l’exposition Bioluminescence à l’Édifice commémoratif Victoria; enfin renseignez-vous sur la venue d’une de nos expositions itinérantes dans une ville près de chez vous.

L’une des choses les plus pénétrantes qu’on peut dire à propos de nos découvertes et des collections muséales en général est brillamment énoncée dans le principe de la multiplicité des esprits : « la chose la plus géniale qu’on peut tirer de vos données sera imaginée par quelqu’un d’autre que vous »1.

Soyez curieux, continuez de découvrir et passez le mot.

1 Rufus Pollock, co-fondateur et président de l’organisation Open Knowledge Foundation (https://okfn.org/)

Les découvertes des scientifiques du Musée en 2013
Diatomées : Mastogloia matthaei, Mastogloia stellae
Charançons : Archicorynus kuscheli, Metamasius planatus, Melchus jessae
Crustacés : Liropus minusculus, Socarnes tongyeongensis
Minéraux : Veblenite, Ferrochiavennite, Chromo-alumino-povondraïte, Ferrivauxite, Bussyite-(Y)

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Un commentaire pour Le fruit de notre immense curiosité : Nos découvertes en 2013

  1. carpe koi dit :

    La découverte est une très bonne chose mais faire des expériences désastreuses sur des animaux sans défense en est une autre. Il est bien d’être curieux sans pour autant arriver jusqu’à détruire l’environnement et le milieu naturel.

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