Aventures en Argentine 2 : Une conférence en zooarchéologie dans un lieu de grande beauté

L’Argentine offre des paysages d’une beauté saisissante et un riche patrimoine naturel, dont j’ai donné un aperçu dans mon précédent blogue. Dans ce deuxième et dernier billet sur mon séjour, je m’attarderai sur les merveilles naturelles du nord du pays, dont je vous présenterai des photos.

Collage de photos : Un lac entouré de montagnes, un grand lézard, un papillon bleu, un coati à queue annelée et une immense chute.

En haut : Un des nombreux lacs artificiels de la province de Mendoza créés par les barrages hydroélectriques. Ces magnifiques plans d’eau contrastent souvent avec le paysage désertique qui les entoure. Ces terres arides abritent néanmoins une grande diversité d’animaux. À gauche, au centre : Un des reptiles du parc national d’Iguazú : le tégu noir et blanc (Tupinambis merianae). Au centre : Un papillon bleu répondant au nom de Myscelia orsis. À droite, au centre : Le coati à queue annelée ou coati commun (Nasua nasua), proche parent du raton laveur, circule autant à terre que dans les arbres. En bas : Les chutes d’Iguazú sont le royaume des coatis à queue annelée. Elles se trouvent dans la province des Misiones le long de la frontière avec le Brésil. Observez la couleur brun foncé de l’eau. Claire il y a un demi-siècle, elle transporte aujourd’hui quantité de sédiments issus de la déforestation au Brésil. Images : Gregory Huyer © Gregory Huyer

Je voudrais aussi parler de la 12e réunion internationale du Council for Archaeozoology, qui a lieu tous les quatre ans. C’est cet événement qui a motivé mon long voyage.

En tant qu’étudiant au doctorat, je me spécialise en zooarchéologie (souvent appelée archéozoologie en Europe ou plus communément archéobiologie en Europe et dans les Amériques). Comme l’indique son nom, la zooarchéologie est une discipline qui fait appel à la zoologie pour élucider des questions concernant l’archéologie.

Dans ma thèse, j’ai analysé les restes d’animaux trouvés dans cinq sites archéologiques du nord-est de la Syrie, tous datant du troisième millénaire avant notre ère.

Collage de photos : Plan large de deux sites archéologiques.

Deux sites archéologiques dans le nord-est de la Syrie. En haut : Fouilles en cours au site Tell Raqa’i. En bas : Fouilles au site Tell ‘Atij. La rivière Khabur, qui se jette dans l’Euphrate, coule en arrière-plan. Images : Glenn Schwartz © Glenn Schwartz, Michel Fortin © Michel Fortin

Les résultats ont aidé à déterminer comment les animaux domestiques étaient élevés et quelles espèces sauvages étaient chassées. Des renseignements comme l’âge de l’animal lors de son abattage, les différences de gestion entre troupeaux de moutons et de chèvres, le sexe et l’âge des espèces sauvages ciblées par les chasseurs, les indices permettant de dire si les carcasses étaient débitées pour la viande ou pour la peau, etc. ont permis de reconstituer l’économie axée sur les animaux. J’ai utilisé ces données pour évaluer le rôle du pastoralisme et des produits dérivés des animaux dans l’émergence des premières villes du nord de la Mésopotamie.

Collage de photos : Trois images de vestiges des civilisations anciennes.

À gauche : Fondations en briques de terre, vestiges de constructions antérieures au site Tell ‘Atij. À droite, en haut : Ruines d’un bâtiment circulaire au site Tell Raqa’i. Cette structure énigmatique compte plusieurs plates-formes et petites chambres. L’édifice aurait été l’entrepôt central de l’ancien village. À droite, en bas : Petite construction au site Tell Raqa’i qui aurait probablement servi de lieu de culte où les anciens présentaient des offrandes. Images : Michel Fortin © Michel Fortin, Glenn Schwartz © Glenn Schwartz

Le Musée canadien de la nature ne possède pas de division d’archéologie et ses efforts de recherche ne se concentrent pas en zooarchéologie, bien que nous l’ayons déjà fait dans le passé (voilà peut-être un autre sujet de blogue!). Aussi mes présentes tâches ne comprennent pas de projets d’archéologie du Proche-Orient. On m’a gentiment accordé des vacances pour assister à cette conférence et y présenter les résultats de mes recherches de doctorat. Cela m’a permis de créer des contacts qui me seront utiles pour des projets de zooarchéologie que je compte mettre en oeuvre au Musée.

Kathlyn Stewart, chef de la section de paléobiologie, s’intéresse également à la zooarchéologie. Elle a participé à un projet de recherche quinquennal sur l’origine et l’évolution des hominidés, groupe taxonomique qui comprend les grands singes et nous, les humains. À titre de spécialiste de la paléobiologie des poissons africains, elle a organisé une étude sur la part des ressources aquatiques dans le régime alimentaire de nos ancêtres primitifs. Elle s’interroge en particulier sur le rôle qu’a pu jouer l’adoption d’un régime riche en poissons sur le développement du cerveau.

Je projette de me joindre aux efforts de Kathleen Stewart pour accumuler des données sur l’utilisation des poissons par certaines espèces d’hominidés primitifs. Cela nécessitera de consulter de bonnes collections ostéologiques comparatives de poissons africains, puisque le Musée ne possède pas beaucoup de taxons de l’ancien monde dans ses collections de squelettes. À la conférence, je me suis inscrit au groupe de travail sur les vestiges de poissons et j’ai également parlé à des représentants de divers musées qui conservent des spécimens utiles pour l’identification de poissons est-africains.

Nous voilà donc bien partis pour ranimer la recherche zooarchéologique au Musée. J’espère avoir l’occasion de vous présenter des blogues sur ce sujet très bientôt.

Texte traduit de l’anglais.

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2 commentaires pour Aventures en Argentine 2 : Une conférence en zooarchéologie dans un lieu de grande beauté

  1. Ping : Comment garde-t-on les squelettes propres? En crachant dessus! | Le blogue du Musée canadien de la nature

  2. Ping : Des poissons et des hommes…une étude de poissons fossiles en Éthiopie | Le blogue du Musée canadien de la nature

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