Les nids d’oiseaux, une collection méconnue

Les gens qui ont l’occasion de visiter les collections ornithologiques du Musée, au Campus du patrimoine naturel, sont souvent surpris par leur ampleur. En plus de spécimens d’oiseaux, on y trouve des collections secondaires qui documentent divers aspects biologiques.

Au 19e siècle, par exemple, quand collectionner les œufs d’oiseaux sauvages était un passe-temps populaire (et légal), les nids étaient parfois récoltés, et certains d’entre eux ont ensuite été légués au musée. Au fil des ans, le musée a assemblé une collection de référence représentative, qui documente la diversité des modes de nidification des diverses espèces. En voici quelques exemples.

Une femme tient un plateau contenant un nid dont le diamètre est d’environ 50 cm.

Nid d’Oie rieuse provenant d’Alaska (É.-U.), examiné par la bénévole Carol German. Image : Michel Gosselin © Musée canadien de la nature

Oie rieuse.

Oie rieuse, Anser albifrons. Image : Martin Lipman © Musée canadien de la nature

Les oies et les canes construisent leur nid à partir du duvet qu’elles prennent sur leur ventre. Cette opération laisse une plaque de peau nue, qui rend ensuite l’incubation plus facile grâce au contact direct des oeufs avec la chaleur du corps. Quand l’oiseau qui incube doit quitter temporairement le nid, il recouvre ses oeufs avec le duvet du nid, duvet qui sert alors à la fois de camouflage et d’isolant.

Collage de deux nids à peine plus gros qu’un 25 sous.

À gauche, un nid de Colibri à gorge rubis, Archilochus colubris. À droite, nid d’un Colibri à tête noire, Trochilus polytmus. Images : Michel Gosselin © Musée canadien de la nature

Le Colibri à gorge rubis est une espèce commune dans la région d’Ottawa. Plusieurs espèces de colibris construisent des nids faits de fibres végétales isolantes, et ils les tapissent ensuite de morceaux de lichens, collés avec des fils d’araignée. Le plumage vert de la femelle assise au nid complète à merveille ce camouflage, qui ressemble alors à une simple excroissance sur une branche.

Le nid de Colibri à tête noire ci-dessus provient de Jamaïque. En climat tropical, l’isolation thermique du nid est moins nécessaire, et le nid du Colibri à tête noire est une simple assiette, juste assez grande pour accueillir les œufs.

Nid fait de brindilles sèches.

Nid de Martinet ramoneur. Image : Michel Gosselin © Musée canadien de la nature

Martinet ramoneur.

Martinet ramoneur, Chaetura pelagica. Image : Martin Lipman © Musée canadien de la nature

Les martinets sont des oiseaux qui ressemblent vaguement à des hirondelles. Le Martinet ramoneur – une espèce répandue au Canada – place son nid à l’intérieur d’un arbre creux ou d’une cheminée. Ce nid est une simple plateforme faite de brindilles sèches, cueillies au faîte des arbres par le martinet en vol, et ensuite collées à une paroi d’arbre ou de cheminée grâce à la salive gluante de l’oiseau. Certains martinets asiatiques ont des nids entièrement faits de cette salive, et ils sont utilisés dans la cuisine orientale comme ingrédient de soupe.

Nid au diamètre d’environ 30 cm et aux allures de ballon ovale.

Nid de Fournier roux, Furnarius rufus. Image : Michel Gosselin © Musée canadien de la nature

Le fournier est un oiseau d’Amérique du Sud, nommé ainsi à cause de la forme particulière de son nid – qui rappelle celle des fourneaux d’antan. Cet oiseau, gros comme un merle, construit son nid avec de la boue qui, une fois séchée, devient dure comme de la brique. Le nid de Fournier roux illustré ici a été donné au musée en 1986 par un diplomate argentin en poste au Canada.

Plateau comptant six nids dont un dans une bottine.

La bottine abrite un nid de Troglodyte familier. Image : Michel Gosselin © Musée canadien de la nature

Troglodyte familier.

Troglodyte familier, Troglodytes aedon. Image : Martin Lipman © Musée canadien de la nature

Les quelques 10 000 espèces d’oiseaux contemporains ont colonisé presque tous les coins du globe. Ils ont également développé des modes de nidification extrêmement diversifiés. Comme son nom l’indique, le Troglodyte familier niche souvent près des habitations humaines, et peut installer son nid dans toutes sortes de cavités. L’un d’eux a élu domicile dans une bottine laissée dans un boisé – c’était en 1935. Après la nidification, le propriétaire des lieux a fait don de cet étrange nid au musée.

Nid fait de longues brindilles.

Nid de Troglodyte à bec court, Cistothorus platensis. Image : Michel Gosselin © Musée canadien de la nature

Le Troglodyte à bec court nous présente une autre facette de l’étonnante diversité des méthodes de nidification des oiseaux. Lorsqu’il revient de ses territoires d’hivernage, situés dans le sud des États-Unis, le mâle de cette espèce construit plusieurs nids. Les femelles arrivent plus tard, et quand les couples se forment, c’est la femelle qui sélectionne le nid qu’elle utilisera, et dont elle tapissera ensuite l’intérieur de plumes ou de fines fibres végétales.

Collage : À gauche, Oriole de Baltimore et son nid de couleur noire. À droite, Bruant familier et son nid de couleur beige.

En haut, Oriole de Baltimore, Icterus galbula, et son nid. En bas, Bruant familier, Spizella passerina, et son nid. Images : Martin Lipman, Michel Gosselin © Musée canadien de la nature

Le nid d’Oriole de Baltimore ci-dessus a été récolté à Ottawa en avril 1926. On voit que le nid est fait exclusivement de brins de vadrouille et d’un peu de crins de cheval – au lieu des fibres végétales normalement utilisées par les orioles. De plus, les brins de vadrouille sont complètement noircis par de la poussière de charbon. Ce simple nid d’oiseau témoigne de la réalité d’Ottawa à l’époque : l’importance du chauffage au charbon (y compris pour les locomotives de chemins de fer qui desservaient le centre-ville), et aussi la présence répandue des chevaux comme moyen de transport.

Le nid de Bruant familier, illustré ici a également été cueilli à Ottawa, mais en 2014. Ici, l’oiseau a utilisé des fibres en nylon provenant des filets qui servent à la protection des conifères en hiver. Autres temps, autres moeurs.

Nid de la forme et de la grosseur d’un ballon de football pendu à un bout de branche.

Nid de Tisserin baya, Ploceus philippinus. Image : Michel Gosselin © Musée canadien de la nature

Les nids des tisserins comptent parmi les plus élaborés des nids d’oiseaux. Ici, le nid d’un Tisserin baya, provenant du sous-continent indien, et donné au musée il y a plusieurs décennies. L’oiseau (en fait, le mâle seul, chez cette espèce) doit cueillir près d’un millier de filaments végétaux afin de tricoter son nid et fabriquer un labyrinthe intérieur, qui sert essentiellement à déjouer les prédateurs.

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