Les musées d’histoire naturelle : créateurs d’un avenir meilleur dans l’Arctique

Réunion du 8 au 10 mai de l’Alliance des musées d’histoire naturelle de l’Arctique

Il y a quelques années, à une époque où le Conseil de l’Arctique était présidé par la Suède, j’ai rencontré le directeur du musée d’histoire naturelle de ce même pays au Congrès mondial de la nature de l’UICN. Nous avons décidé d’appeler tous les musées d’histoire naturelle de pays Arctiques à multiplier les échanges de connaissances et à se montrer plus ambitieux pour ce qui est de faire rayonner leur savoir parmi leurs collègues scientifiques, leurs élus et l’ensemble de leurs concitoyens. Nous avons lancé l’appel aux directeurs de musée des huit pays membres du Conseil de l’Arctique pour qu’ils se mettent au boulot.

Nous nous sommes revus depuis, d’abord en avril 2013 et à nouveau en mai 2014. Nous avons résolu de nous concentrer sur l’accès aux collections, les partenariats de recherche et la sensibilisation auprès du public.

Trois personnes debout autour d’une défense de narval que l’une d’entre elles tient verticalement.

Kirk Johnson, directeur du Smithsonian Natural History Museum (à gauche); Meg Beckel, PDG du Musée canadien de la nature, et Jan Olov Westerberg, directeur général du Musée suédois d’histoire naturelle. Meg tient dans ses mains une longue défense de narval. Image :
Kirk Johnson © Kirk Johnson

Pour la réunion de mai 2015, notre plan était de rencontrer les huit musées nationaux d’histoire naturelle des États du Conseil de l’Arctique. Nous nous sommes butés à la succession des PDG et à leurs conflits d’horaire. Les volontaires disponibles ont poursuivi avec les rapports de nos collègues. Trois jours à Washington avec les autres musées nationaux d’histoire naturelle des États du Conseil de l’Arctique. À cette réunion-ci, notre attention portait sur la numérisation des collections, les recherches communes, la programmation publique percutante et la sensibilisation.

La première journée a commencé par une visite des voûtes de collection du musée d’histoire naturelle du Smithsonian. Mark Graham, notre vice-président à la recherche et aux collections, a participé à ce volet de la rencontre. J’étais alors en vol entre Ottawa et Washington. Après un déjeuner informel pendant lequel nous avons été aux premières loges d’un défilé d’avions de la Guerre mondiale, notre rencontre a commencé par un débat d’experts sur la nécessité d’une perspective humaine dans notre discours sur l’Arctique.

Des participants à un débat.

La rencontre a débuté par un débat d’experts sur la nécessité d’une perspective humaine dans notre discours sur l’Arctique. Image: Mark Graham © Musée canadien de la nature

La brochette d’experts recoupait les mondes de la science, des politiques publiques, de la gouvernance autochtone, du Conseil de l’Arctique et des musées d’histoire naturelle (dont je faisais partie). Le débat a été suivi d’un dîner plein de magie en l’honneur des principaux donateurs (et des collègues) dans l’atrium du Smithsonian.

Des tables dressées dans un atrium.

L’atrium du Smithsonian préparé pour la soirée des donateurs. Image : Meg Beckel © Musée canadien de la nature

Samedi matin, nous étions de nouveau à pied d’oeuvre. La priorité de la matinée a été l’accès aux collections. Comme les musées du monde entier, nos maigres ressources nous obligent à établir des priorités dans la numérisation de nos collections. Nous devons répondre aux plus pressants besoins de données.

Nous devons aussi déterminer quels sites de gestion de l’information sont les plus fréquentés. De l’Encyclopédie de la vie (Encyclopedia of Life ou EOL en anglais) à Scicoll (Scientific Collections International), nous avons déjà de nombreux outils dans lesquels nous pouvons continuer à publier nos données et à en discuter.

Nous proposons de créer un portail arctique à la fois pour l’EOL et le GBIF (Global Biodiversity Information Facility) afin que les visiteurs de ces sites sachent que les données de l’Arctique sont disponibles et que de nouvelles données sont les bienvenues. Au moment où des défis environnementaux importants se posent dans l’Arctique, nous devons jouer notre rôle dans l’acquisition et le partage de connaissances sur l’Arctique afin toujours mieux éclairer les décisions qui seront prises.

Des gens regardent du contenu disposé sur des tables.

Le centre Q?rious du Smithsonian Natural History Museum où des organisations présentaient leurs perspectives sur l’Arctique durant la réunion. Image : Meg Beckel © Musée canadien de la nature

Au cours de nos discussions, nous avons pris une pause pour visiter le centre de découverte du Smithsonian nommé Q?rious. Des organismes de l’Arctique étaient stationnés tout au long du parcours pour partager leurs points de vue avec les visiteurs. Une équipe d’éducateurs testait avec eux un jeu de société arctique.

La recherche dans l’Arctique est un autre champ d’intérêt de notre groupe. Nous nous sommes posé la question : « Quels forums sont les plus pertinents à nos recherches et les plus susceptibles d’en profiter? » À ce stade, nous avons décidé de mettre l’accent sur l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), l’Arctic Science Summit Week (ASSW) et les groupes de travail du Conseil de l’Arctique. La plupart des musées d’histoire naturelle de l’Arctique sont déjà engagés dans l’une ou dans l’ensemble de ces activités. Il est donc logique de miser sur ce qui se fait déjà et d’investir là où nous avons déjà une certaine présence.

Des gens regardent une grande carte-tapis.

Notre premier projet pour joindre le grand public sera la création d’une carte de tapis géante montrant la région circumpolaire. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

La sensibilisation, la programmation publique et l’engagement des visiteurs sont des domaines où nous pouvons nous entraider, échanger du contenu, partager nos apprentissages et collaborer afin de contenir les dépenses.

Notre premier projet sera la production collaborative d’une carte au sol géante de la région circumpolaire.

Nous tenterons ensuite d’élaborer un programme de sensibilisation en ligne destiné aux groupes scolaires. Ce programme se fondrait sur ce que nous faisons déjà au sein de nos propres musées et mettrait à contribution nos scientifiques respectifs.

En troisième lieu viendra une exposition de photos commune dans laquelle nous espérons que le Conseil de l’Arctique investira. Sous la présidence des États-Unis, le Conseil prévoit mettre l’accent sur la sensibilisation du public aux défis, aux occasions et aux responsabilités partagées dans l’Arctique.

Dans l’ensemble, ce fut une réunion productive et inspirante de dirigeants de musées engagés à créer un meilleur avenir naturel pour l’Arctique. Kirk Johnson a dit « les musées d’histoire naturelle peuvent sauver le monde ». Je suis d’accord, alors mettons-nous au boulot.

Il y a beaucoup de choses à faire et bien d’autres nouvelles à venir.

Texte traduit de l’anglais.

Cet article, publié dans Arctique, Événements, Recherche, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s