Travailler dans l’univers du merveilleux : les collections du Musée

La science fait souvent les manchettes. Il s’agit le plus souvent de sujets très prisés du grand public comme les oiseaux, les mégasciences telles l’exploration spatiale et la santé (notamment l’occurrence ou le traitement de maladies), les nouvelles applications technologiques qui transforment notre vie ou les reportages sur des espèces qui présentent une quelconque bizarrerie.

À l’affiche depuis peu au Musée, l’exposition Animaux à corps ouvert montre aux visiteurs quelque chose d’inédit, qu’on n’a jamais l’occasion de voir : les systèmes biologiques sous la fine couche de la peau. Mais les expositions temporaires ne sont pas les seules à pouvoir émerveiller. Les spécimens de nos collections d’histoire naturelle sauront fasciner sans que nous ayons à les disséquer.

Un groupe de navals dont la défense pointe hors de l’eau.

Combat de narvals. Image : Glenn Williams © Glenn Williams (National Institute of Standards and Technology), [domaine public], partagée dans Wikimedia Commons.

Imaginez un animal doté d’une canine mesurant 3 mètres et pesant 10 kilogrammes. Et imaginez que cette canine, contrairement aux autres dents qui poussent normalement dans la bouche, perce la lèvre supérieure et croît vers l’avant! Le narval possède une vaste aire de distribution dans le Grand Nord et se rencontre dans la partie orientale de l’Arctique canadien. Chez le mâle parvenu à maturité, au moins une des canines, normalement celle de gauche, pousse et donne à l’animal son allure de licorne des mers.

Le bras d’une étoile de mer en gros plan montrant des petits pieds tubulaires.

Le bras d’une étoile de mer. On voit bien les petits pieds tubulaires grâce auxquels l’étoile de mer arrive à ouvrir moules et coquilles. Image : Mokele © Mokele, partagée sous license CC BY 3.0

Vous ne pourrez ouvrir une moule, une mye ou une coquille Saint-Jacques sans un marteau ou un couteau. Certains animaux y arrivent pourtant avec leurs pieds. Les étoiles de mer ont des centaines de pieds tubulaires. Chacun exerce une légère succion, mais leur action concertée crée une force à laquelle rien ne résiste. Une fois que la coquille s’affaiblit et laisse apparaître la moindre craquelure, l’étoile de mer sort lentement son estomac à l’extérieur de son propre corps. Elle le plonge dans le corps de sa proie, dont elle absorbe et digère la chair. (Voyez une vidéo – commentaires en anglais.)

Certains organismes photosynthétiques sont de la taille des globules rouges qui circulent dans nos veines. Les diatomées sont des protistes (à proprement parler ni une plante ni un animal) et se distingue par la coque de verre très élaborée dans laquelle elles s’abritent, croissent et obtiennent suffisamment de lumière et de nutriments pour produire leur énergie vitale. Chaque espèce possède une coque aux motifs uniques.

Une diatomée vue sous microscope.

Amphora copulata est une diatomée d’eau douce qui se rencontre dans l’Arctique. Image : Paul Hamilton © Musée canadien de la nature

Quand on visite l’Arctique, deux choses nous frappent. D’abord, l’absence d’arbre. Ensuite, la permanence du vent. Mais lorsqu’on regarde au sol, on voit des plantes ligneuses partout. Le saule arctique est un des arbres les plus septentrionaux. Il présente un réseau de branches qui poussent collées au sol pour éviter les vents violents et continuels qui soufflent sur cette région. Ces arbres remarquables se sont également adaptés au froid et à la courte période végétative durant laquelle ils ont appris à se reproduire et à croître.

De petites branches de saule au sol.

Un réseau de saules, Salix sp., sur l’île d’Ellesmere dans l’Extrême-Arctique. Image : Jennifer Doubt © Jennifer Doubt

L’histoire naturelle a mille et une facettes. Pour l’instant, réfléchissons à l’expression « solide comme du roc ». Dans la nature, il existe bien des exceptions à cette évidence apparente. Le grès itacolumite, nommé d’après le site où il a été découvert, à Itacolumi au Brésil, en est une. Ce sont les espaces entre les grains de quartz qui confèrent à cette roche sédimentaire sa flexibilité. Lorsqu’on tient un fin ruban d’itacolumite en son milieu et qu’on le balance d’un côté et de l’autre, il s’agitera comme la queue d’un poisson qui nage. (Voyez une vidéo.)

Collage: une bande d’itacolumite droite, puis courbée dans deux sens différents.

Un échantillon d’un grès flexible nommé itacolumite. Images : Mark Graham © Musée canadien de la nature

Les ptérosaures vivaient de 228 à 66 millions d’années. Ces reptiles hors du commun pouvaient voler, un mode de locomotion assez inédit en ces temps reculés et même aujourd’hui (leur nom signifie « lézards ailés »). Il volaient grâce à une membrane qui s’étirait des avant-bras jusqu’au bout d’un quatrième doigt surdimensionné, puis jusqu’aux chevilles des pattes arrière. C’est parmi les ptérosaures que l’on recense les plus gros animaux volants qui n’aient jamais existé.

Illustration d’un ptérosaure du genre Sordes.

Cette représentation d’une espèce de ptérosaure appartenant au genre Sordes montre la structure membraneuse des ailes. Image : Dmitry Bogdanov © Dmitry Bogdanov, partagée sous license CC BY-SA 3.0

Voici quelques exemples des quelque 10 millions de spécimens que l’on a collectés et que l’on étudie au Musée canadien de la nature. J’aurais tout aussi bien pu parler des restes de chameau découverts dans l’Arctique ou de nouvelles espèces de crustacés d’eau profonde, des micro-algues extraites de la glace de mer ou encore d’une nouvelle espèce minérale de tourmaline que l’on vient de décrire.

À vrai dire, lorsqu’on côtoie un spécialiste des sciences naturelles, on trouvera toujours un aspect fascinant à son objet d’étude. La découverte des espèces constitue un des volets importants de l’activité scientifique des musées d’histoire naturelle. Nous diffusons le fruit de nos recherches à nos collègues scientifiques et au grand public.

Texte traduit de l’anglais.

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